Un bilan routier qui inquiète le Congo
Chaque année, les routes du Congo-Brazzaville tuent plus de 2 000 personnes. Le chiffre, présenté le 18 juillet 2026 à Pointe-Noire, dresse un tableau lourd pour un pays d’environ six millions d’habitants.
Ces statistiques émanent de la Direction générale des transports terrestres (DGTT). Elles ont été exposées lors d’un séminaire consacré à la sécurité routière, une rencontre pensée comme un point de départ plutôt qu’un simple constat.
Deux décennies d’accidents en hausse
Entre 2000 et 2024, le pays a enregistré chaque année entre 2 000 et 5 000 accidents de la circulation. La fourchette, large, dit à elle seule l’ampleur d’un phénomène installé dans le quotidien des usagers.
Le tournant se situe autour de 2020. Depuis cette année-là, le nombre de décès dépasse le seuil des 2 000 victimes annuelles. Un palier que les responsables présents jugent particulièrement préoccupant au regard de la population du pays.
Des vies perdues, mais aussi un coût économique
Au-delà du drame humain, chaque accident laisse une facture. Véhicules détruits, marchandises perdues, dépenses d’intervention et de soins : la route ampute aussi l’économie, un aspect souvent relégué derrière le décompte des victimes.
Le facteur humain au cœur des débats
Réunis à Pointe-Noire, les participants ont pointé une cause récurrente : le comportement des usagers. Non-respect du Code de la route, imprudences et prises de risque reviennent, selon eux, dans la majorité des accidents recensés.
Le séminaire était organisé par La Congolaise de contrôle technique et d’immatriculation automobile (CCTIA), en collaboration avec la DGTT. Il a aussi servi à lancer une campagne de sensibilisation destinée à ancrer une culture de la sécurité.
La CCTIA veut aller au-delà du contrôle technique
Pour son directeur général, Félix Ponde, l’institution entend dépasser son mandat habituel. « Notre objectif est de promouvoir une culture de sécurité routière, afin de préserver les vies, les moyens roulants et les marchandises », a-t-il expliqué.
« En tant qu’entreprise spécialisée dans le contrôle technique, nous estimons que notre mission ne doit pas se limiter à vérifier l’état des véhicules. Nous devons également accompagner les entreprises de transport et les conducteurs, à travers des actions de sensibilisation », a ajouté Félix Ponde.
Des recommandations pour changer la donne
Plusieurs pistes sont ressorties des échanges. La première insiste sur un respect plus strict du Code de la route par l’ensemble des usagers, condition jugée première pour infléchir les bilans.
Les participants souhaitent aussi mieux intégrer la question des motocyclistes, dont la place croissante dans la circulation appelle une attention particulière. Ils plaident pour des campagnes de sensibilisation organisées idéalement tous les six mois.
Dernière recommandation : élargir le cercle des acteurs. Forces de sécurité, assureurs et autres partenaires devraient être systématiquement associés aux prochaines rencontres, afin que la prévention ne repose pas sur les seuls transporteurs.
