Célébrée le 27 septembre, la 47e Journée mondiale du tourisme a servi de tribune au gouvernement pour miser sur le numérique et l’intelligence artificielle. Au-delà des visiteurs étrangers, le message s’adresse aussi aux Congolais, invités à découvrir d’abord leur propre pays.
Une Journée du tourisme placée sous le signe du numérique
Le 27 septembre, la République du Congo a célébré, comme le reste du monde, la 47e Journée mondiale du tourisme. Le thème retenu cette année, « Agenda numérique et intelligence artificielle pour repenser le tourisme », a donné le ton des prises de parole officielles.
Deux voix gouvernementales se sont fait entendre. Celle de Jean-Claude Gakosso, ministre de la Culture, des Arts, du Patrimoine national et de l’Industrie touristique, à travers une déclaration. Et celle de Prince Bertrand Bahamboula, ministre délégué chargé de l’Industrie touristique.
Leur fil conducteur est le même : le tourisme congolais ne doit plus être pensé comme une affaire réservée aux étrangers. C’est sans doute le point le plus concret pour le grand public.
« Visitons-les nous-mêmes d’abord »
La formule la plus marquante revient à Jean-Claude Gakosso. Selon lui, chaque Congolais a le devoir de porter un regard neuf sur les sites naturels et culturels que compte le pays.
« Donnons-leur nous-mêmes de la valeur ! Et, visitons-les nous-mêmes d’abord, avant de susciter auprès de l’étranger l’envie irrépressible de les visiter », a-t-il déclaré.
Prince Bertrand Bahamboula tient une ligne proche. « Le tourisme n’est pas un luxe accessoire, c’est le cœur battant de notre économie, la vitrine de notre dignité et le passeport de notre jeunesse », a-t-il affirmé.
Le ministre délégué associe ainsi explicitement le tourisme à l’avenir des jeunes Congolais, sans détailler, dans les propos rapportés, de mesures qui leur seraient spécifiquement destinées.
Littoral, fleuve, forêt : les atouts mis en avant
Qu’y a-t-il à voir ? Jean-Claude Gakosso a dressé la liste des richesses que le numérique devrait aider à faire connaître : le littoral maritime, le port en eau profonde qu’il décrit comme « une précieuse fenêtre sur le monde », le fleuve et un vaste bassin hydrographique.
S’y ajoutent une forêt très riche en biodiversité, une identité qu’il juge unique et une gastronomie singulière. « Notre pays a en réalité tout pour devenir une destination touristique de prédilection », estime le ministre.
Il insiste aussi sur une culture « qui rayonne au-delà de ses frontières » et sur d’« innombrables curiosités touristiques à faire valoir », dans un contexte où, selon ses mots, « la guerre des destinations touristiques fait rage ».
La Baie de Loango, un chantier à suivre
Parmi les sites en devenir, la Baie de Loango, dans le département du Kouilou, fait figure d’exemple. Le lieu est aujourd’hui un chantier très actif, avec la construction du Mémorial de la déportation et de l’esclavage.
D’après la présentation qui en est faite, ce mémorial pourrait attirer de nombreux visiteurs. Aucun calendrier d’ouverture n’est toutefois mentionné dans les propos rapportés à l’occasion de cette journée.
Ce que le numérique peut changer concrètement
Sur le terrain, les pistes évoquées parlent directement aux usagers de smartphones. Plateformes numériques, réseaux sociaux, applications mobiles et visites virtuelles sont cités comme autant de moyens d’améliorer la visibilité de la destination Congo.
Le numérique ne sert pas qu’à la promotion. Il est aussi présenté comme un outil de surveillance des espaces naturels et de lutte contre le braconnage, un enjeu direct pour la forêt et la biodiversité que le ministre place au cœur de l’offre.
Deux panels ont prolongé la réflexion. Les échanges ont notamment porté sur l’expérience du Kempinski Hotel Brazzaville, présentée comme une illustration de l’appropriation des outils numériques par les professionnels du secteur.
Visa, formation, sécurité : les chantiers annoncés
Jean-Claude Gakosso a rappelé les prescriptions du chef de l’État en la matière. Elles portent notamment sur la défense de la culture authentique, l’installation d’infrastructures touristiques modernes et la formation des personnels du secteur.
Figurent également la sécurisation des circuits et itinéraires touristiques, la simplification des conditions d’obtention du visa-Congo et la multiplication des plateformes numériques. Autant de points qui touchent à la fois l’expérience des voyageurs et celle des opérateurs locaux.
Un objectif économique en toile de fond
Derrière le discours, l’ambition reste chiffrée. Le gouvernement veut porter la contribution du tourisme au produit intérieur brut de 3 % à près de 10 %. Le Plan national de développement 2022-2026 fait du tourisme le quatrième pilier de la diversification économique.
Pour y parvenir, l’État s’appuie sur trois structures : l’Office de promotion de l’industrie touristique, la Société congolaise d’industrie touristique et le Guichet unique du tourisme.
Un pari qui passe aussi par les Congolais
Au fond, le message de cette 47e édition tient en une idée : ouvrir le Congo au monde grâce au numérique, sans oublier le public local. Pour Jean-Claude Gakosso, se saisir de ces outils, c’est répondre aux exigences de la modernité tout en mettant en vitrine l’originalité du pays.
Reste à voir comment ces orientations se traduiront en sites aménagés, en offres accessibles et en outils numériques réellement disponibles pour les visiteurs, qu’ils viennent de Brazzaville, de Pointe-Noire ou de l’étranger.
