La CAF ferme la porte à l’AC Léopards et à l’AS Otohô
La Confédération africaine de football a écarté deux clubs congolais des rendez-vous continentaux. L’AC Léopards de Dolisie et l’AS Otohô ne disputeront pas la Coupe de la CAF 2026-2027. Le verdict est tombé au tout début du mois d’août.
La décision répond à une démarche de la Fédération congolaise de football. Le 23 juillet 2026, son secrétaire général adjoint, Louis Batoumeni, avait sollicité l’inscription du champion en titre et du finaliste de la saison 2023-2024.
Une demande écartée le 2 août
La Commission d’organisation des compétitions de la CAF a tranché le 2 août 2026. Elle a refusé d’ouvrir ses portes aux deux formations congolaises. Le motif tient à l’absence de championnat national ces dernières saisons.
Khaled Nassar, responsable des compétitions interclubs à la CAF, a résumé la ligne de l’instance. « La Commission a décidé de ne pas accepter la participation des clubs congolais aux compétitions interclubs de la CAF pour la saison 2026-2027 », a-t-il déclaré.
La formulation ne laisse guère de place au recours. Elle vise nommément les clubs congolais et couvre l’ensemble de la saison à venir. Pour Dolisie comme pour Owando, la porte continentale reste close.
Deux ans sans championnat national
Au cœur du dossier figure une anomalie difficile à contourner. Le Congo-Brazzaville n’a plus organisé ni Ligue 1 ni Ligue 2 depuis la fin de la saison 2023-2024. L’interruption s’étend désormais sur deux ans.
Or la logique des règlements continentaux reste limpide. Une place en coupe africaine se gagne sur le terrain, au fil d’une saison nationale disputée. Sans compétition domestique, aucun classement récent ne peut fonder une qualification légitime.
L’AC Léopards et l’AS Otohô paient ainsi une situation qui les dépasse. Leurs titres remontent à 2023-2024, dernier exercice réellement joué. Depuis, la vie sportive nationale est restée à l’arrêt, sans nouveaux champions à désigner.
Des différends administratifs à la racine du blocage
Cette paralysie ne relève pas d’un simple accident sportif. Elle découle de différends administratifs opposant la fédération au ministère des Sports. Le championnat en a fait les frais, saison après saison.
Le calendrier national est ainsi resté suspendu, faute d’accord entre les acteurs institutionnels. Les clubs, eux, se sont retrouvés spectateurs d’un bras de fer dont ils ne maîtrisaient pas les termes. La demande d’inscription du 23 juillet visait à limiter la casse.
En sollicitant la CAF malgré tout, la Fécofoot cherchait à préserver une présence congolaise sur la scène continentale. La réponse de l’instance panafricaine a refermé cette dernière fenêtre. Les motifs invoqués renvoient directement au vide compétitif interne.
Un football national privé de vitrine continentale
La sanction produit une conséquence immédiate et lourde. Le Congo-Brazzaville se retrouve totalement absent des compétitions interclubs du continent pour l’exercice à venir. Ni la Ligue des champions ni la Coupe de la CAF n’accueilleront de représentant local.
Cette absence prive le pays d’une vitrine précieuse. Les campagnes continentales offrent d’ordinaire visibilité, revenus et confrontations de haut niveau. Pour des clubs comme l’AC Léopards, habitué des joutes africaines, la mise à l’écart pèse doublement.
Elle prive aussi les joueurs d’un horizon compétitif. Sans championnat interne ni scène continentale, les footballeurs congolais évoluent dans un cadre appauvri. La progression individuelle et collective s’en trouve mécaniquement ralentie.
Une image internationale à reconstruire
Au-delà du terrain, le refus de la CAF renvoie une image dégradée. La crise qui frappe le football congolais continue d’entacher sa réputation internationale. Chaque saison blanche creuse un peu plus l’écart avec les nations qui structurent leurs compétitions.
Le message adressé par l’instance panafricaine est clair. Sans championnat régulier, aucune faveur ne sera accordée pour l’accès aux coupes. La régularité de la vie sportive nationale conditionne désormais toute ambition continentale.
Reste à savoir comment les acteurs congolais sortiront de l’impasse. Le retour d’un championnat structuré apparaît comme la condition première d’un déblocage. Sans lui, l’AC Léopards, l’AS Otohô et leurs rivaux resteront tenus à distance des grands rendez-vous africains.
L’épisode sonne ainsi comme un avertissement adressé aux dirigeants. La relance des Ligues 1 et 2 n’est plus seulement un enjeu interne. Elle devient la clé d’un retour du Congo-Brazzaville dans le concert du football continental.
