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    Accueil»Culture»Pierre Moutouari : Brazzaville rend son dernier hommage
    Culture

    Pierre Moutouari : Brazzaville rend son dernier hommage

    Publié par Jean Mabiala17/08/2026
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    Le Congo a organisé, le 12 août 2026, des obsèques nationales en hommage à Pierre Moutouari, au Palais des congrès de Brazzaville. Disparu en France le 8 octobre 2025, le musicien laisse un répertoire salué bien au-delà des frontières congolaises, de Kinkala à Paris.

    Brazzaville a fait de ces adieux une affaire d’État

    Le 12 août 2026, le Palais des congrès de Brazzaville a accueilli les obsèques nationales de Pierre Moutouari. En retenant ce lieu, réservé aux grands moments de la vie institutionnelle, le gouvernement congolais a hissé la disparition d’un musicien au rang d’affaire d’État.

    La cérémonie a été présidée par le Premier ministre Anatole Collinet Makosso. À ses côtés, les membres du gouvernement ont rendu hommage à l’artiste, signe que la reconnaissance officielle dépassait largement le seul périmètre du ministère de la Culture.

    Dix mois séparent la mort du chanteur, survenue le 8 octobre 2025 en France, de cette cérémonie brazzavilloise. Un intervalle qui aura permis à la République d’organiser un adieu à la mesure d’une carrière longue de plus de cinquante ans.

    L’éloge funèbre de Jean Claude Gakosso

    Devant l’assistance, le ministre de la Culture, Jean Claude Gakosso, a prononcé l’éloge funèbre. Il a décrit les mélodies du disparu comme l’une des plus belles contributions musicales du Congo, assurant qu’elles « continueront à résonner ».

    La formule n’est pas anodine. Elle inscrit l’œuvre de Moutouari dans un patrimoine national que les autorités disent vouloir transmettre, en même temps qu’elle referme le deuil d’un public resté attaché à ses refrains les plus connus.

    De Kinkala à Sinza-Kotoko, les débuts d’un parcours congolais

    Né le 3 avril 1950 à Kinkala, Pierre Moutouari est monté sur scène pour la première fois en 1968. Il n’avait pas encore vingt ans lorsqu’il a rejoint l’orchestre Sinza-Kotoko, une formation où s’est affirmée une bonne part de sa manière.

    Au sein de ce groupe, il a contribué à des titres restés dans les mémoires, parmi lesquels « Vévé » et « Maloukoula ». Ces succès ont posé les fondations d’une notoriété appelée à déborder rapidement le cadre national.

    Vint ensuite le temps de l’indépendance artistique. Le chanteur a fondé sa propre formation, « Les Sossa », avant de choisir en 1979 la route de Paris pour y mener une carrière solo, loin des scènes qui l’avaient vu débuter.

    Le tournant parisien et la percée de 1982

    Le départ pour la France a marqué une rupture nette dans sa trajectoire. C’est depuis Paris que Pierre Moutouari a construit la suite de son répertoire, en s’affranchissant du fonctionnement collectif des orchestres qui avaient accompagné ses premières années.

    La consécration est arrivée en 1982, avec une composition qui a atteint une reconnaissance mondiale et s’est imposée comme son œuvre emblématique. Le morceau a circulé à travers le continent africain et au sein de la diaspora.

    Ce succès a modifié sa stature. D’artiste apprécié au Congo, il est devenu une signature identifiable à l’échelle internationale, portée par un titre qui a très vite dépassé son cadre d’origine et son public initial.

    Disques d’or et Ordre national du Mérite

    Les récompenses ont suivi. Plusieurs disques d’or sont venus saluer la diffusion de sa musique, aux côtés de distinctions internationales, dont des trophées reçus en République démocratique du Congo et au Burkina Faso.

    La précision géographique mérite d’être rappelée : Pierre Moutouari était originaire de la République du Congo, celle de Brazzaville. Son audience s’étendait néanmoins jusqu’en République démocratique du Congo, comme en attestent les trophées qu’il y a décrochés.

    Au plan national, le président Denis Sassou N’Guesso l’a élevé au grade d’Officier de l’Ordre national du Mérite. Une reconnaissance d’État venue couronner un parcours engagé plusieurs décennies plus tôt, dans les salles congolaises de la fin des années 1960.

    Ce que le Congo retient de Pierre Moutouari

    Pierre Moutouari s’est éteint le 8 octobre 2025 en France, à 75 ans. Sa carrière aura traversé plusieurs âges de la musique congolaise, des orchestres de la fin des années 1960 à l’aventure des groupes autonomes, puis à l’exil parisien.

    Cette trajectoire dit aussi quelque chose du parcours de nombreux musiciens de sa génération, partis chercher ailleurs les moyens de leur art, sans jamais couper le fil avec le public resté au pays.

    La cérémonie du 12 août 2026 aura scellé une chose : l’entrée officielle d’un artiste dans le patrimoine congolais. Le reste appartient désormais aux enregistrements, seuls capables de faire durer ces mélodies vouées, selon le ministre de la Culture, à « continuer à résonner ».

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