La 21e édition du Semi-marathon international de Brazzaville (Smib) a rendu son verdict le 18 août. Sur les 21,100 kilomètres tracés dans la capitale congolaise, le Djiboutien Houssein Sougueh Aden et la Rwandaise Byukusenge Devotha ont dominé leurs catégories respectives.
Disputée sur un parcours urbain, l’épreuve a mêlé élite continentale et coureurs de tous horizons. Ce brassage forge l’identité du Smib : une compétition de haut niveau doublée d’une grande fête populaire, très suivie dans les rues de Brazzaville.
Djibouti et le Rwanda règnent sur les 21,100 km
Chez les hommes, Houssein Sougueh Aden a bouclé la distance en 1h02min38s, s’offrant la première place. Côté féminin, Byukusenge Devotha s’est imposée en 1h11min18s. Deux performances qui confirment l’emprise est-africaine sur les courses de fond disputées à Brazzaville.
Les deux vainqueurs ont reçu chacun un trophée et un chèque de quatre millions de francs CFA. La remise a été assurée par le président de la République, Denis Sassou-N’Guesso, entouré de l’ancien président du Niger, Mahamadou Issoufou (ACI).
Les dotations, exprimées en millions de francs CFA, traduisent l’ambition des organisateurs d’attirer des coureurs confirmés. Elles récompensent la performance chronométrique et nourrissent l’attractivité d’un rendez-vous désormais installé dans le calendrier sportif congolais.
Un podium masculin marqué par un record
La course masculine a offert un fait notable. Le Rwandais Hakizimana John, deuxième, a signé un record en 1h03min08s. Sa performance lui a valu un trophée et un chèque de 3,5 millions de francs CFA, récompense de sa combativité sur le bitume.
La troisième marche est revenue à l’Ougandais Ezekiel Chepkorom, crédité de 1h04min57s. Il a empoché un chèque de trois millions de francs CFA. Trois nations, trois profils, mais une même densité de niveau au sommet du classement.
Chez les dames, un podium est-africain
La hiérarchie féminine a suivi une logique proche. Derrière la lauréate rwandaise, l’Ougandaise Sylvia Chelangat a pris la deuxième place en 1h13min21s. La Djiboutienne Souhra Ali Mohamed a complété le podium en 1h13min42s, à quelques secondes seulement.
Les Congolais défendent leurs couleurs
Le pays hôte n’a pas démérité. Chez les dames, Frédina Olidane Ngoma a été la meilleure Congolaise avec 1h16min04s. Elle devance ses compatriotes Ladélice Matoumbissa et Bernavelle Matsogni, visages d’un athlétisme féminin national en construction.
Chez les hommes, Jean Marie Matena Libomba a porté haut les couleurs locales en 1h07min51s. Rocheto Ondélé l’a suivi de près, en 1h08min22s. Deux chronos honorables face à une concurrence continentale relevée.
Une affluence de 8 407 coureurs
Au-delà des podiums, l’édition a frappé par son ampleur. Elle a réuni 8 407 athlètes, congolais comme internationaux. Une mobilisation qui installe le rendez-vous brazzavillois parmi les grandes fêtes populaires de la course à pied dans la sous-région.
Les participants étrangers sont venus du Cameroun, du Gabon, du Tchad et de la RDC. S’y sont ajoutées des délégations d’Ouganda, du Rwanda, du Kenya, de Djibouti, d’Éthiopie et de Madagascar. Un plateau panafricain aux accents est-africains marqués.
Ce que confirme cette 21e édition
La domination de Djibouti, du Rwanda et de l’Ouganda sur les premières places ne surprend guère. Ces nations disposent d’une tradition installée sur le fond et le demi-fond. Leur présence tire vers le haut le niveau proposé à Brazzaville.
Pour les athlètes congolais, l’enjeu reste de combler l’écart chronométrique. Les places d’honneur nationales révèlent un vivier réel, mais encore distancé au sommet. La régularité de l’épreuve offre néanmoins un cadre pour progresser, année après année.
Le contraste entre temps internationaux et nationaux nourrit un débat récurrent : comment structurer la détection et l’encadrement des jeunes coureurs congolais ? L’épreuve, par sa constance, fournit chaque année un baromètre utile pour mesurer les progrès accomplis.
La participation de dix nationalités étrangères confère par ailleurs une dimension diplomatique discrète à la course. Le sport devient un terrain d’échanges, où la capitale congolaise reçoit et se donne à voir bien au-delà de ses frontières.
La présence, à la remise des prix, d’un chef d’État en exercice et d’un ancien président souligne l’attention que les autorités accordent à l’événement. Le Smib dépasse le seul cadre sportif pour devenir une vitrine de la capitale congolaise.
Reste la question de l’héritage sportif. Un semi-marathon massivement suivi peut susciter des vocations, populariser la course à pied et encourager une pratique de loisir. À Brazzaville, l’affluence enregistrée cette année plaide en ce sens.
À l’arrivée, cette 21e édition aura tenu ses promesses : des vainqueurs venus de loin, un record masculin, une affluence massive et des Congolais présents dans la bataille. Le rendez-vous est déjà pris pour prolonger la dynamique.
