Fermée pour travaux, la librairie « Les Manguiers » a rouvert ses portes le 13 août 2026 à Brazzaville. Manuels scolaires, droit, médecine et comptabilité en tête de rayon, nouveaux horaires, et un hommage appuyé au fondateur Jean-Paul Pigasse.
La librairie « Les Manguiers » a rouvert ses portes le 13 août 2026 à Brazzaville, au terme d’importants travaux de rénovation. L’enseigne, adossée au journal Les Dépêches de Brazzaville, retrouve ses rayons après une période de fermeture consacrée à sa remise à neuf.
La cérémonie a été conduite par Raïssa Angombo, directrice générale intérimaire des Dépêches de Brazzaville. Devant les invités, elle a inscrit l’événement dans une continuité, plutôt que dans un simple redémarrage commercial.
L’annonce a valeur de signal pour le secteur du livre dans la capitale, où chaque ouverture ou fermeture d’enseigne se remarque. Ici, il s’agit d’un retour, pas d’une création.
Un héritage revendiqué, celui de Jean-Paul Pigasse
« Rouvrir cette librairie, c’est bien plus qu’ouvrir des portes. C’est poursuivre une histoire, préserver une ambition, transmettre un héritage », a déclaré Raïssa Angombo lors de son allocution.
L’héritage en question est celui de Jean-Paul Pigasse, fondateur du lieu en 2007 et récemment décédé. La réouverture prend ainsi la forme d’un hommage, adressé à celui qui avait voulu doter Brazzaville d’un point d’ancrage pour les lecteurs.
Pour le fondateur, la littérature et le patrimoine culturel congolais méritaient une promotion plus large. La librairie avait été pensée comme un pôle culturel ouvert à tous les publics, sans distinction de parcours ni de niveau de lecture.
« Une nation qui lit est une nation qui progresse » : la formule, attribuée au fondateur, a été reprise par la directrice générale intérimaire. Elle résume l’ambition affichée par l’établissement à sa réouverture.
Fondée il y a près de vingt ans, l’enseigne appartient à l’écosystème du groupe de presse qui l’a portée. Ce lien explique la tonalité de la cérémonie, où la mémoire du fondateur a occupé le premier plan.
Manuels scolaires et ouvrages spécialisés en tête de rayon
Côté offre, la librairie annonce une orientation assumée vers l’utile. Les manuels scolaires occupent une place centrale, aux côtés d’ouvrages spécialisés en droit, en médecine et en comptabilité.
Ce positionnement s’adresse d’abord aux élèves, aux étudiants et aux professionnels en formation. Les ouvrages techniques y côtoient les manuels utilisés au fil de l’année scolaire.
Le choix du scolaire n’est pas neutre. Il ancre la librairie dans le calendrier des rentrées et des examens, périodes où la demande d’ouvrages se concentre sur des titres précis et identifiés.
Les ouvrages de droit, de médecine et de comptabilité visent, eux, un lectorat plus étroit mais fidèle. Ces trois domaines correspondent à des cursus longs et à des besoins de mise à jour réguliers.
Pour les titres absents des rayons, la librairie indique qu’une commande reste possible. Le dispositif évite au client de renoncer faute de stock disponible sur place, et élargit de fait le catalogue accessible.
Des horaires calés sur la semaine de travail
L’établissement ouvre du lundi au vendredi, de 9 heures à 16 heures. Le samedi, l’amplitude est réduite : accueil de 10 heures à 14 heures.
Cette grille couvre la journée de travail en semaine et réserve au samedi une plage plus courte, en matinée et en tout début d’après-midi.
La direction n’a pas détaillé l’ampleur des aménagements réalisés pendant la fermeture. Elle s’est limitée à évoquer d’importantes rénovations, avant d’ouvrir les rayons aux premiers visiteurs.
« Le livre est un instrument merveilleux », dit le gérant
Le gérant de la librairie, Boris Karl Ebaka, a livré une lecture plus intime de l’objet livre. Il y voit « un instrument merveilleux, magique, un pouvoir qui permet de rêver, de voyager ».
Il s’est engagé à maintenir la vision du créateur du lieu, dans la continuité de la ligne fixée à l’ouverture, en 2007. Sa mission conjugue donc gestion commerciale et fidélité à un projet culturel.
Ce que la réouverture replace dans le paysage brazzavillois
Au-delà du commerce, l’événement du 13 août rappelle le rôle des librairies physiques dans la vie culturelle d’une capitale. Un rayon visible, un conseil de vive voix, un lieu où feuilleter : autant d’éléments qu’aucune commande à distance ne remplace tout à fait.
Le message porté à la tribune dépasse le cadre d’un commerce de quartier. Il touche à l’accès au savoir, à la place de l’écrit et à la manière dont une capitale entretient ses lieux de lecture.
La librairie « Les Manguiers » revendique cette fonction d’espace ouvert. Le discours de réouverture a insisté sur la transmission, plus que sur la performance, en plaçant la lecture au rang d’enjeu collectif.
Reste à installer durablement la fréquentation. Les prochains mois diront si le pari des manuels scolaires et des ouvrages professionnels suffit à ramener régulièrement les lecteurs dans le quartier.
En attendant, l’adresse figure de nouveau sur la carte culturelle de Brazzaville. Pour les habitués comme pour les curieux, le rendez-vous est fixé aux horaires annoncés par la direction (Les Dépêches de Brazzaville).
