Une vidéo diffusée la semaine dernière sur les réseaux sociaux a mis en lumière l’état de santé de l’ancien ministre Bonaventure Mbaya, à son domicile de Brazzaville. Des appels à l’aide ont aussitôt circulé. Une évacuation sanitaire vers la Turquie est évoquée, sans confirmation officielle à ce jour.
Une vidéo tournée à Makélékélé qui bouscule Brazzaville
Tout est parti d’une séquence mise en ligne la semaine dernière. On y découvre Bonaventure Mbaya, ancien ministre, souffrant à son domicile du quartier Matour, à Makélékélé, le premier arrondissement de Brazzaville. Les images ont provoqué une vague d’indignation.
Dans la foulée, des personnes de bonne volonté ont relayé des appels au secours sur les mêmes réseaux. Le message tenait en peu de mots : ne pas laisser un ancien membre du gouvernement affronter seul l’épreuve de la maladie.
Une évacuation vers la Turquie évoquée, mais non confirmée
Selon ce qui se dit à Brazzaville, le gouvernement ne serait pas resté insensible à cette situation. Une évacuation vers la Turquie serait en préparation. Aucune annonce officielle n’est toutefois venue, à ce stade, confirmer cette information.
La prudence s’impose donc. L’affaire circule au conditionnel, portée par la rumeur publique plutôt que par un communiqué. Elle traduit surtout une attente : celle d’une réponse des autorités, exprimée par ceux qui ont relayé ces appels.
Un universitaire venu de la biochimie avant la politique
Le nom de Bonaventure Mbaya n’est pas inconnu des amphithéâtres. Docteur en biochimie et génétique depuis 1988, il est maître assistant du Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur (Cames).
À partir de 1992, il enseigne et mène ses recherches au Département de biologie cellulaire et moléculaire, à la Faculté des sciences de l’Université Marien Ngouabi. Le laboratoire a donc précédé l’engagement partisan.
Cette même année, il devient secrétaire général de l’U.d.r-Mwinda, fonction qu’il occupe jusqu’en 1997. Proche de feu André Milongo Ntsatouabantou, président-fondateur du parti et Premier ministre de la Transition de 1991 à 1992, il en fut le conseiller spécial et le porte-parole.
Deux passages au gouvernement, de Lissouba à Ganao
En juin 1993, le président Pascal Lissouba le nomme secrétaire d’État chargé de la science et de la technologie, dans le gouvernement conduit par Jacques Joachim Yhomby-Opango. Quatre ans plus tard, il devient ministre de la jeunesse et des sports sous Charles David Ganao.
De Convergence citoyenne au retrait de la scène nationale
La guerre de 1997 referme cette séquence. Suit une longue traversée du désert. En 2004, il fonde son propre parti, Convergence citoyenne, formation d’opposition qui rejoint l’Internationale socialiste en 2008.
En 2021, il annonce sa candidature à l’élection présidentielle, avant de renoncer à la confirmer. Les « conditions de transparence et d’équité qui garantissent la crédibilité d’une élection présidentielle apaisée n’étaient pas réunies », justifiait-il alors.
En juillet de la même année, il dissout Convergence citoyenne pour réintégrer l’U.d.r-Mwinda, dirigée par Guy-Romain Kinfoussia. Ces dernières années, il s’était retiré de la scène politique nationale, pour raison de santé.
C’est ce retrait discret que la vidéo est venue rompre, ramenant sous les projecteurs un parcours d’universitaire et d’homme politique. Et posant, au passage, la question du sort réservé aux anciens serviteurs de l’État.
