Champion d’Afrique chez les messieurs, l’Étoile du Congo a été reçue le 26 août à Brazzaville aux côtés de l’AS Otohô, vice-championne chez les dames. Le ministre des Sports Hugues Ngouélondélé a promis une cérémonie officielle de récompense.
Une réception qui referme un été de handball congolais
La scène s’est jouée le 26 août à Brazzaville, loin des parquets. Athlètes et dirigeants de l’Étoile du Congo et de l’AS Otohô ont été reçus par le ministre en charge des Sports, Hugues Ngouélondélé, quelques semaines après leur parcours continental.
Les deux clubs revenaient du 42ᵉ Championnat d’Afrique des clubs vainqueurs de coupe, disputé en juillet à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Un déplacement court, un retour nettement plus bruyant.
Le trophée masculin a été présenté à l’exécutif. L’image, simple, valait démonstration : le handball congolais existe encore au sommet du continent, et il entend le faire savoir aux pouvoirs publics.
Kinshasa 2026 : seize clubs au gymnase du Stade des Martyrs
La compétition réunissait seize formations africaines, huit féminines et huit masculines, au gymnase du Stade des Martyrs. Un format resserré, où chaque rencontre pèse lourd et où la moindre défaillance se paie immédiatement.
Le rendez-vous, réservé aux clubs vainqueurs de coupe, met face à face des équipes venues de tout le continent. Aucune ne s’y qualifie par hasard, ce qui donne au résultat congolais l’essentiel de sa valeur.
Chez les messieurs, l’Étoile du Congo a dominé le FAP Yaoundé en finale, 19-16. Un score de handball d’usure, serré jusqu’au bout, arraché face à un adversaire camerounais installé de longue date à ce niveau.
Chez les dames, l’AS Otohô s’est inclinée devant Petro Atlético de Luanda, 27-32. La marche angolaise était haute, mais cette finale reste, pour le club congolais, un résultat sans précédent.
Quarante-deux ans après Dakar, l’Étoile du Congo retrouve le sommet
Le sacre stellien remet le Congo sur le toit du handball africain quarante-deux ans après le titre d’Interclub à Dakar, au Sénégal. Une éternité, à l’échelle d’une discipline où les cycles se comptent en générations.
Le secrétaire général de la Fédération congolaise de handball a résumé la portée du moment : « 42 ans après et pour la première fois, c’est l’équipe de l’Étoile du Congo » qui inscrit son nom au palmarès.
La nuance compte. Le trophée n’est pas seulement revenu au pays ; il change de club. L’Étoile du Congo n’avait jamais figuré à ce niveau, ce qui rend la performance d’autant plus inattendue.
Créer la surprise dans un tel contexte suppose davantage qu’un bon jour. Cela suppose un groupe capable de tenir une compétition entière, à l’extérieur, sans le soutien d’un public acquis.
AS Otohô, une première marche sur le podium continental
Le parcours des joueuses d’Otohô complète le tableau. Il s’agit d’une première présence sur le podium continental pour le club, obtenue dans une compétition où les places d’honneur se disputent chèrement.
Bergina Rose Lekoussouma, joueuse de l’AS Otohô, a livré une formule sans emphase : « Notre travail consiste à jouer au handball et nous nous donnerons toujours à fond pour honorer notre pays. »
Cette double présence congolaise en finale, masculine et féminine, n’a rien d’anodin. Elle installe le pays parmi les nations qui comptent dans cette catégorie de compétition, au moins sur cette édition.
Hugues Ngouélondélé annonce une cérémonie de récompense
Le ministre a exprimé la gratitude du gouvernement envers les deux délégations. Il a appelé l’ensemble des acteurs du handball à poursuivre avec rigueur et pragmatisme, en insistant sur « l’unité, le travail et le progrès ».
Une promesse concrète a été formulée : « Une cérémonie officielle de récompense sera organisée dans les prochains jours pour célébrer ce travail qui fait la fierté de toute la nation », a déclaré Hugues Ngouélondélé.
L’exécutif s’est plus largement engagé à récompenser les formations qui rapportent des résultats positifs au pays. Une orientation dont la portée dépassera, si elle se confirme, le seul cadre du handball.
Le calendrier précis de cette cérémonie n’a pas été détaillé au-delà de l’échéance annoncée. Sa tenue effective constituera, pour les intéressés, la première vérification de l’engagement pris ce 26 août.
L’accompagnement fédéral, vrai test de l’après-Kinshasa
Du côté des athlètes, l’initiative ministérielle a été saluée. Joueurs et joueuses ont dit souhaiter que le gouvernement et les instances fédérales maintiennent cet accompagnement, pour donner un nouvel élan à leur carrière.
La demande est claire dans sa formulation : ce n’est pas la réception qui est réclamée, c’est sa suite. Un accompagnement inscrit dans la durée, au-delà de la seule séquence protocolaire.
Les deux clubs et la Fédération congolaise de handball présentent ces résultats comme le fruit d’efforts engagés pour dynamiser la discipline. Reste à savoir si l’élan résistera au calendrier des prochaines échéances continentales.
La réponse ne viendra pas d’un discours mais des parquets, et de la capacité du handball congolais à confirmer, hors de l’effet de surprise, ce qu’il a montré à Kinshasa.
