L’Association congolaise des arts martiaux mixtes a organisé ses tout premiers championnats nationaux le 22 août, au gymnase Nicole-Oba de Brazzaville. Les combattants de la capitale y ont raflé l’essentiel des récompenses, pendant que l’instance affiche déjà des ambitions continentales.
Un premier championnat national pour le MMA congolais
Le 22 août, le gymnase Nicole-Oba a accueilli une première. L’Association congolaise des arts martiaux mixtes y tenait ses championnats nationaux inauguraux, une compétition à l’échelle du pays qu’elle n’avait encore jamais mise sur pied.
L’événement n’avait rien d’anodin pour une pratique encore récente dans le paysage sportif national. Réunir dans une même salle des combattants venus de plusieurs départements constituait, en soi, le premier objectif poursuivi par les organisateurs.
Une vingtaine d’athlètes ont répondu présent. L’effectif reste modeste, mais il a suffi à dresser un état des lieux et à distribuer les tout premiers titres nationaux de la discipline au Congo.
Brazzaville rafle la majorité des médailles
Le tableau final n’a pas réservé de surprise. Les représentants de Brazzaville ont dominé les débats avec quatre médailles d’or et quatre d’argent, la moisson la plus large de ces championnats, toutes catégories confondues.
Pointe-Noire suit à distance, avec deux médailles d’or et deux d’argent. La cité océane installe ainsi la seule véritable opposition à la capitale sur ce premier rendez-vous, sans parvenir à en inverser la hiérarchie.
Le Djoué-Léfini et le Pool complètent le classement avec deux médailles d’argent chacun. Aucun titre pour ces deux départements, mais des finalistes, signe que la pratique dépasse déjà le seul périmètre des deux grandes villes.
Césaire Balthazar Obambi, vice-président de l’association et président du comité de Brazzaville, a pour sa part jugé le niveau des combats satisfaisant au terme de la journée (Les Dépêches de Brazzaville).
Le kick-boxing, partenaire du premier pari
La compétition ne se tenait pas isolément. Elle était couplée aux championnats nationaux de kick-boxing, un choix revendiqué par les organisateurs plutôt qu’une contrainte de calendrier subie au dernier moment.
« Les arts martiaux sont issus du kick-boxing. Nous avons voulu faire ensemble avec cette discipline pour bénéficier de son expérience », a expliqué Césaire Balthazar Obambi.
Le raisonnement est pragmatique. S’adosser à une discipline mieux installée permet d’aborder une première édition sans affronter seul l’ensemble des contraintes d’organisation qu’impose un championnat national.
Un horizon international déjà ouvert
L’association ne borne pas son ambition aux frontières nationales. Une première sortie a eu lieu en avril, en Angola, avec une délégation réduite au strict minimum mais un résultat rapporté au pays.
« On avait commencé à représenter le pays au niveau international. En avril, nous étions en Angola. Nous sommes allés juste avec deux athlètes. L’un d’eux, Dimi Oba, était vice-champion et a ramené la médaille d’argent au pays », détaille le dirigeant.
Cette médaille d’argent constitue la seule référence internationale mise en avant par l’association. Elle lui sert désormais d’argument, aussi bien auprès des athlètes à recruter que des partenaires à convaincre.
Abu Dhabi manqué, l’Afrique en ligne de mire
Toutes les portes ne se sont pas ouvertes pour autant. Une participation à Abu Dhabi n’a pas pu se concrétiser, pour des raisons de finances, révélant la fragilité économique d’une discipline en construction.
Le cap est donc reporté sur les prochains championnats d’Afrique, programmés en Angola. Les athlètes congolais y retrouveront un terrain qu’ils connaissent déjà, pour s’y être produits quelques mois plus tôt.
Des anciens champions pour encadrer la relève
Au-delà du tableau des médailles, l’association veut élargir son vivier de compétiteurs. Des formations sont annoncées afin d’attirer de nouveaux pratiquants et d’éviter que la discipline ne repose sur une poignée de combattants.
« Nous organisons d’autres formations pour que les jeunes se présentent. Nous avons un ancien champion d’Afrique de boxe, Hurçus Samba. C’est une preuve que les athlètes seront bien encadrés », avance Césaire Balthazar Obambi.
Le nom compte dans le milieu. Ancien champion d’Afrique de boxe, Hurçus Samba est présenté comme une garantie d’encadrement pour les jeunes qui pousseront la porte des salles dans les mois à venir.
Des sponsors pour transformer l’essai
Reste la question des moyens, que le dirigeant n’élude pas. « Nous appelons aussi aux sponsors et les gens qui peuvent nous aider. La discipline a un bel avenir », plaide-t-il.
L’appel est assumé, tout comme l’objectif qui l’accompagne. « Nous voulons encore aller plus loin au-delà de ce que nous avons réalisé en Angola. Nous voulons que dans d’autres pays, nous arrivons aussi à nous affirmer », ajoute le vice-président.
Le pari initial est tenu : le MMA congolais a désormais ses champions nationaux et un rendez-vous identifié. Le nombre de participants, la couverture territoriale et les ressources financières diront si l’élan se confirme lors des prochaines échéances.
