Les 37es championnats nationaux masculins et les 31es féminins de volley-ball se sont achevés le 5 septembre 2026 à Brazzaville. L’Interclub a détrôné la DGSP au tie-break chez les hommes, quand la DGSP a conservé sa couronne chez les dames. Récit, classements et coulisses d’une discipline en manque de moyens.
Cinq sets de suspense au gymnase Henri Elendé
Le gymnase Henri Elendé n’avait plus connu pareille tension depuis longtemps. Samedi 5 septembre 2026, la finale masculine du championnat national de volley-ball a tenu le public en haleine cinq sets durant, avant de basculer du côté de l’Interclub de Brazzaville.
Cinq jours de compétition auront suffi à rebattre les cartes. Du mardi 1er au samedi 5 septembre, huit formations venues de Brazzaville, de Pointe-Noire et de N’Kayi se sont disputé la 37e édition du titre national masculin (L’Horizon africain).
Un tie-break pour effacer trois ans de disette
Le scénario de la finale a pris la forme d’un long bras de fer. L’Interclub a empoché la première manche 25-22, la DGSP a répliqué 25-20 dans la deuxième. La troisième est revenue aux challengers, 25-18.
Le quatrième acte, arraché 27-25 par la DGSP, a renvoyé les deux équipes au tie-break. L’Interclub y a fait la différence 15-10 et s’est adjugé la couronne nationale sur le score de trois sets à deux (Africa24).
Pour le club brazzavillois, ce sacre met un terme à trois années sans titre. En face, la DGSP, victorieuse des trois dernières éditions, a lutté jusqu’au dernier point avant de céder son bien.
L’émotion se lisait chez les vainqueurs. « Je suis très très très content parce que je ne m’attendais pas vraiment à ça vu la façon dont j’ai quitté l’étranger pour venir jouer cette compétition », confiait un joueur cité par Africa24.
Le même reconnaissait avoir puisé dans ses réserves : « depuis le début du championnat je ne fais que jouer et j’ai eu une certaine fatigue mais je n’ai pas voulu lâcher l’équipe aujourd’hui ».
Dans le camp battu, on invoque le renouvellement d’un effectif fragilisé par les nombreux départs vers l’étranger. « On a avancé avec les jeunes joueurs et je ne m’attendais pas à ce qu’ils puissent nous donner ce genre de résultat », relève l’encadrement.
Le propos se veut sans amertume : « sur le point de la défaite c’est la loi du sport, chaque défaite nous donne une leçon. On va se préparer avec ces jeunes et voir comment arranger les choses d’une bonne manière » (Africa24).
Chez les dames, la DGSP ne laisse aucune miette
La 31e édition féminine a suivi une tout autre logique. Trois équipes seulement y ont pris part, et la DGSP a survolé le tournoi avant de dominer l’Interclub en finale par trois sets à zéro, sans contestation possible.
Le club du général Serges Oboa préserve ainsi une hiérarchie solidement installée chez les féminines, là où le tableau masculin vient d’être bousculé (L’Horizon africain).
Deux joueurs ont été désignés meilleurs de la compétition : Magalie Makiesse, de la DGSP, et Jonathan Ickey, de l’Interclub.
Trophées, médailles et classements complets
Les trois premiers clubs de chaque catégorie ont été récompensés. Un trophée est allé à chaque équipe championne, assorti de médailles pour ses joueurs, les deuxième et troisième places recevant elles aussi des médailles.
Le meilleur joueur du tournoi et les meilleurs à chacun des six postes ont reçu trophées et médailles. Arbitres et chefs de délégation ont été distingués par des médailles et des diplômes de participation, dans une ambiance festive.
Chez les séniores dames, la DGSP de Brazzaville termine première, devant l’Interclub de Brazzaville et Kinda-Odzohô, également de la capitale.
Chez les séniors hommes, l’Interclub de Brazzaville précède la DGSP et l’A.S Gendarmes de Pointe-Noire. Suivent le V.C Dragon, le V.C J.C.M, l’Interclub de Pointe-Noire, l’Interclub de N’Kayi et Renaissance de Brazzaville.
La Fécovo réclame des partenaires
Pour Jean-Claude Mopita, président de la Fédération congolaise de volleyball, l’organisation des deux éditions relève de la mission accomplie. Le dirigeant assure que l’ambition d’intensifier les compétitions existe bel et bien au sein de l’instance.
« Au niveau de notre fédération, la volonté de multiplier ou d’intensifier les compétitions aux fins d’élever sans cesse le niveau de nos joueurs, existe. La volonté y est vraiment », affirme-t-il.
Le président nuance aussitôt : « malheureusement, nous sommes très limités par manque de partenaires susceptibles de nous accompagner comme nous le souhaitons », regrette-t-il (L’Horizon africain).
Le représentant de l’inspecteur général des sports a, pour sa part, salué les efforts consentis par la Fécovo pour la tenue de ces compétitions, avant d’en prononcer la clôture.
Un volley congolais éloigné des rendez-vous continentaux
Derrière les remises de trophées, le diagnostic est plus rude. La discipline est décrite comme en chute libre, portée par une fédération dépourvue de moyens financiers, dont les sélections ne disputent plus de compétitions continentales depuis 2018.
Le contraste est saisissant avec 2015, année où le volley-ball congolais atteignait la finale des 11es Jeux africains. Depuis, l’exode des joueurs vers l’étranger s’est accéléré et les sponsors se sont faits rares.
Les conditions matérielles racontent le reste : l’électricité a manqué en pleine finale et les volleyeurs se sont retrouvés contraints de sécher eux-mêmes le plancher (Africa24). Les responsables fédéraux en appellent au soutien du ministère en charge des sports.
La direction technique nationale, elle, refuse de noircir totalement le tableau et distingue les deux catégories, créditant les clubs d’un travail conséquent malgré l’isolement international.
« Du côté hommes on peut résumer en disant que le niveau y est, le niveau est maintenu quoique depuis près de 7 ans nous n’allons pas en compétition extérieure », observe-t-elle.
Le constat se fait plus réservé pour les féminines : « au niveau de la compétition féminine, le niveau est plutôt mitigé ».
Cap sur la Zone 4 et le championnat d’Afrique 2027
Le calendrier ne laisse guère de répit aux nouveaux champions. Jean-Claude Mopita a demandé aux deux équipes sacrées de se remettre au travail sans attendre, en vue des joutes qui les attendent hors des frontières.
La plus proche est la Coupe d’Afrique centrale des clubs champions de la Zone 4, qualificative pour le championnat d’Afrique des clubs champions, édition 2027.
Entre un titre masculin qui change de mains et une fédération toujours en quête de partenaires, le volley-ball congolais a quitté le gymnase Henri Elendé avec une certitude sportive et beaucoup de questions financières.
