Six nouveaux administrateurs ont fait leur entrée au conseil d’administration d’UBA Congo, dont la nouvelle composition a été présentée le 3 septembre à Brazzaville. Profils, responsabilités, arbitrages : ce que ce remaniement dit du cap fixé par la filiale congolaise du groupe panafricain.
Une session de rentrée qui rebat les cartes au sommet
C’est à l’hôtel Hilton Brazzaville, Les Tours Jumelles, que s’est jouée la séquence. UBA Congo y a tenu, le jeudi 3 septembre 2026, sa session du conseil d’administration au titre du troisième trimestre, sous la présidence d’Hilarion Victor Bounsana, président du conseil d’administration.
Au menu, les principaux enjeux stratégiques de la banque. Mais c’est la présentation de la nouvelle composition du conseil qui a retenu l’attention : six administrateurs y font leur entrée, un renouvellement d’ampleur pour la filiale congolaise du groupe United Bank for Africa.
L’établissement met en avant une diversité d’expériences et de compétences dans des domaines qu’il juge clés, à savoir la banque et la finance, l’investissement, le droit, l’audit, la gestion des risques, la stratégie et le management. Un spectre large, revendiqué comme complémentaire.
Risque et télécoms, deux profils non exécutifs
Ntoudi Mouyelo Katoula arrive comme administrateur non exécutif. Fort de vingt ans d’expérience en gestion des risques, il dirige actuellement Pawatech Africa. Un parcours qui colle aux préoccupations prudentielles d’une banque commerciale exposée aux cycles de l’économie congolaise.
Patrick Robert Ntsibat siège également comme administrateur non exécutif. Directeur général du FONEA Congo, il a exercé chez Airtel, Tigo et Helios Towers. Son passage par les télécoms apporte au conseil une lecture des usages numériques et des infrastructures.
Le comité d’audit confié à un ancien patron de MTN Congo
Troisième arrivée non exécutive, Thierry Guy Arsène Boumba Zaou entre comme administrateur indépendant et prend la présidence du comité d’audit. Il revendique plus de vingt ans d’expérience en audit et a été directeur général de MTN Congo.
Le choix n’est pas anodin. Confier le comité d’audit à un administrateur indépendant, extérieur à la direction opérationnelle, correspond aux exigences attendues d’une institution financière moderne. C’est l’un des marqueurs de gouvernance les plus scrutés dans le secteur bancaire.
Trois administrateurs exécutifs au cœur de la direction
Daniel Ifeanyichukwu Okeke rejoint le conseil comme administrateur exécutif. Plus de trois décennies d’expérience bancaire, un passage comme Group Executive Director de Heirs Holdings et un diplôme de la Harvard Business School composent son profil, le plus international des nouveaux entrants.
Sandrine Carmelle Babady devient administratrice exécutive. Diplômée de l’ITB, elle a débuté hors du groupe sur des fonctions Corporate avant de rejoindre UBA Congo en 2016. Elle y a exercé jusqu’en 2024 comme directrice de la Banque des Grandes Entreprises.
Sa nomination en juillet 2026 comme directrice générale adjointe d’UBA Congo prolonge une ascension interne. Le conseil accueille ainsi une dirigeante qui connaît de l’intérieur le portefeuille des grands comptes, un segment décisif pour une filiale de cette taille.
Mariam Yago Touré, du Burkina à la direction générale congolaise
Mariam Yago Touré complète le trio exécutif. Près de trente ans dans le secteur financier, une première partie de carrière hors du groupe, puis UBA Burkina à partir de 2009, où elle occupe plusieurs postes de responsabilité, dont celui de directrice de la Banque de Détail.
Elle rejoint UBA Congo en décembre 2024 comme directrice générale adjointe, avant d’être nommée directrice générale en avril 2026. Titulaire d’un MBA et de plusieurs diplômes en gestion et techniques bancaires, elle est Chevalier de l’Ordre du Mérite du Burkina Faso.
Son entrée au conseil aligne la gouvernance sur l’exécutif : la directrice générale et sa directrice générale adjointe y siègent désormais comme administratrices. Une configuration qui raccourcit la distance entre les décisions prises en conseil et leur mise en œuvre opérationnelle.
Une gouvernance qui assume la question du genre
Sur les six entrants, deux femmes accèdent au conseil, toutes deux à des fonctions exécutives. UBA Congo revendique explicitement la prise en compte de la problématique du genre dans cette recomposition, aux côtés de la complémentarité des expertises.
La banque présente cette diversité de parcours comme un levier pour accompagner ses orientations stratégiques, renforcer la gestion des risques, soutenir la création de valeur et poursuivre l’amélioration de l’expérience client. Quatre axes qui dessinent en creux sa feuille de route.
Un départ salué et un cap de croissance revendiqué
Le renouvellement s’accompagne d’un départ. Gbandi Bel-Gaza Beyina quitte ses fonctions d’administrateur. UBA Congo salue son engagement, sa disponibilité et sa contribution au développement et à la gouvernance de l’institution durant son mandat, et lui adresse ses remerciements.
L’établissement affiche l’ambition d’être une institution bancaire de référence, innovante, performante et engagée auprès de ses clients et de l’économie congolaise. « Ensemble, continuons à bâtir une UBA Congo plus forte, plus performante et résolument tournée vers l’avenir », conclut la banque.
Ce que la recomposition dit de la stratégie d’UBA Congo
Lue dans le détail, la nouvelle composition raconte un choix d’équilibre. Trois administrateurs non exécutifs apportent un regard extérieur, venu du risque, des télécoms et de l’audit, quand trois exécutifs ancrent le conseil dans la conduite opérationnelle de la filiale.
Le poids donné à l’audit et à la gestion des risques suggère une priorité accordée à la solidité du dispositif de contrôle. Celui réservé aux profils issus des télécoms renvoie, lui, à la bataille des solutions bancaires digitales sur le marché congolais.
UBA Congo est une filiale de United Bank for Africa, groupe bancaire panafricain présent sur vingt marchés du continent, ainsi qu’en France, en Angleterre, aux États-Unis et aux Émirats arabes unis. Une empreinte qui pèse dans les standards imposés à ses filiales.
Reste à observer comment ce conseil élargi traduira ses ambitions. La banque dit vouloir poursuivre sa trajectoire de croissance et de transformation en s’appuyant sur une gouvernance forte et une expertise diversifiée. Les prochains trimestres diront si la promesse tient.
