Royal Air Maroc prépare son retour dans le ciel congolais. Deux villes sont nommément concernées : Brazzaville et Pointe-Noire. Aucune date de reprise n’a été communiquée, mais un travail avec les responsables des deux aéroports est annoncé.
Deux aéroports cités ensemble, et ce n’est pas anodin
L’annonce tient en une phrase, livrée le 8 septembre à Brazzaville à la sortie d’une audience. Elle engage pourtant deux villes, deux plateformes aéroportuaires et une part du trafic international congolais.
« Nous allons essayer, avec monsieur le directeur général, de travailler avec l’aéroport de Brazzaville et celui de Pointe-Noire », a indiqué Najoua El Berrak, ambassadrice du Maroc en République du Congo.
La diplomate venait de s’entretenir avec Josué Rodrigue Ngouonimba, ministre des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande. Elle lui présentait Fouad Razak, nouveau directeur général de Royal Air Maroc au Congo.
Le point mérite d’être souligné : les deux escales sont traitées ensemble. Aucune des deux n’apparaît comme une option secondaire dans les propos tenus après la rencontre.
Brazzaville récupérerait une ligne perdue depuis des mois
Depuis plusieurs mois, la compagnie marocaine ne dessert plus le Congo. La suspension a privé la capitale d’une liaison régulière, dont le retour est aujourd’hui présenté comme une perspective sérieuse par les deux parties.
Pour l’aéroport de Brazzaville, une reprise signifierait d’abord des mouvements supplémentaires, des créneaux à replacer et des équipes à remobiliser sur un vol qui avait disparu des tableaux d’affichage.
Elle signifierait aussi, pour les voyageurs de la capitale, une option de plus au départ du Congo. Rien ne permet toutefois d’affirmer aujourd’hui à quelle fréquence, ni avec quel type d’appareil.
Ces éléments n’ont pas été rendus publics. Les autorités s’en tiennent aux conditions à réunir, sans avancer de calendrier ni de programme de vols.
Dans un secteur où les rotations se planifient plusieurs mois à l’avance, cette absence de calendrier n’a rien d’inhabituel. Elle interdit simplement d’annoncer un retour comme s’il était déjà acquis.
Pointe-Noire, l’escale que les entreprises surveillent
La capitale économique n’est pas une variable d’ajustement dans ce dossier. Elle est citée au même niveau que Brazzaville, et le nouveau directeur général devra y travailler avec les responsables locaux.
Pour une ville tournée vers les activités portuaires et pétrolières, la présence d’une compagnie internationale supplémentaire touche directement la mobilité des cadres, des techniciens et des partenaires étrangers.
Là encore, la prudence s’impose. Aucune des informations disponibles ne précise si Pointe-Noire serait desservie dès la reprise, ni selon quelles modalités par rapport à Brazzaville.
La seule certitude tient dans la formulation employée : les deux aéroports sont dans le périmètre du travail annoncé.
Les deux plateformes ne jouent pourtant pas le même rôle. L’une accueille l’activité institutionnelle et administrative, l’autre concentre une clientèle d’affaires liée aux industries installées sur le littoral.
Un chantier d’abord technique, sur les deux sites
Le retour d’une compagnie ne se décrète pas. Il suppose des autorisations, des accords opérationnels, une assistance au sol et une coordination avec les gestionnaires de chaque plateforme.
C’est précisément ce que décrivent les échanges du 8 septembre. Les autorités congolaises et marocaines travaillent à lever les dernières contraintes techniques avant tout redémarrage effectif des vols.
« Nous avons parlé des conditions qui vont faire revenir les vols de RAM », a résumé l’ambassadrice, évoquant une suspension intervenue « pendant un certain moment ».
Elle a ajouté que les discussions visent un retour « dans les meilleures conditions possibles et dans les meilleurs délais ». La formule dit l’intention, pas la date.
Le nouveau directeur général hérite donc d’un mandat concret : dialoguer avec les autorités et avec les responsables des plateformes aéroportuaires pour préparer la reprise des activités.
Ce travail se fera sur deux sites distincts, avec des interlocuteurs différents et des contraintes propres à chaque plateforme.
Vols intérieurs : ce que le dossier ne dit pas
Une question reste ouverte, et elle intéresse les usagers congolais : le lien entre les deux escales. Un opérateur international présent à Brazzaville et à Pointe-Noire n’est jamais neutre pour l’axe intérieur.
Aucune information disponible ne permet cependant d’affirmer que la compagnie assurerait un segment entre les deux villes, ni qu’elle nouerait un accord avec un acteur local pour l’acheminement des passagers.
Sur ce point, mieux vaut s’abstenir de toute projection. Les éléments publics se limitent aux conditions de reprise vers Brazzaville et Pointe-Noire, sans détailler l’organisation retenue.
Un dossier logé dans une relation plus large
L’audience du 8 septembre ne s’est pas arrêtée à la question aérienne. La coopération entre le Congo et le Maroc dans le domaine des transports figurait également à l’ordre du jour.
L’ambassadrice a invité le ministre congolais au troisième Salon international des transports, prévu en octobre à Casablanca, une rencontre où plusieurs pays africains sont attendus.
Les organisateurs entendent y aborder les moyens de renforcer l’interconnexion entre les États du continent. Pour Brazzaville et Pointe-Noire, ce genre de rendez-vous peut compter autant que les discussions bilatérales.
Les signaux à surveiller sur les deux escales
Trois indices diront si le dossier avance : une annonce de calendrier, la publication d’un programme de vols et des mouvements visibles chez les gestionnaires d’aéroport.
En attendant, aucune date officielle de reprise n’a été annoncée. C’est la seule ligne solide de ce dossier, et elle vaut pour Brazzaville comme pour Pointe-Noire.
Les prochaines semaines diront si le travail engagé avec les deux plateformes débouche sur un retour effectif, ou si la reprise reste, pour l’instant, une intention partagée.
