Le 10 septembre, à l’ambassade du Congo à Paris, la présidente de la Fondation Horizon a rencontré le nouveau bureau de l’Association des étudiants congolais de France. Au cœur des échanges : la place de la diaspora et l’accompagnement des jeunes en formation.
Une rencontre qui prolonge la Journée de l’étudiant congolais
L’échange n’est pas sorti de nulle part. Il s’inscrit dans le prolongement direct de la Journée de l’étudiant congolais en France, organisée le 23 mai dernier dans les locaux de l’ambassade du Congo à Paris.
Cette continuité compte. Elle indique que la relation entre la représentation diplomatique, les associations étudiantes et les acteurs engagés auprès de la jeunesse n’est pas pensée comme une succession de rendez-vous isolés, mais comme un fil que l’on tente de tenir dans la durée.
Autour de la table, le 10 septembre, figuraient le ministre conseiller de la représentation diplomatique, Armand Rémy Balloud-Tabawé, et le directeur de l’Office de gestion des étudiants et stagiaires à Paris, Constantin Ebelebe, aux côtés des responsables de l’AECF et de plusieurs étudiants.
L’ambassade du Congo posée en « maison commune »
Katia Mounthault Tatu a salué l’accueil réservé par les équipes de l’ambassade et souligné le rôle de la représentation diplomatique comme « maison commune » et vitrine du Congo.
La formule dit quelque chose de l’ambition affichée. Une ambassade n’est pas seulement un guichet administratif où l’on vient renouveler un document : elle est présentée ici comme un lieu de rencontre, de dialogue et de projection collective.
Dans cette logique, un appel a été lancé aux étudiants pour qu’ils fréquentent davantage l’ambassade, afin de participer à la réflexion sur la construction du pays. L’invitation vaut programme : faire du bâtiment parisien un point d’entrée vers les débats nationaux.
La présence de l’Office de gestion des étudiants et stagiaires rappelle par ailleurs que l’accompagnement de la communauté estudiantine passe aussi par des dispositifs institutionnels déjà en place, et pas uniquement par des initiatives associatives ou privées.
Un passage de témoin à la tête de l’AECF
La rencontre a permis à la présidente de la Fondation Horizon de prendre contact avec le nouveau bureau de l’AECF, conduit par Propice Ndzolo, récemment élue à la présidence en remplacement de Jadore Moussoki, président sortant.
Fait notable, le président sortant se tenait aux côtés de la nouvelle équipe. Un détail de protocole, en apparence. Un signal, en réalité, sur la manière dont l’association gère ses transitions internes et son dialogue avec les institutions et partenaires.
« Je suis heureuse d’avoir échangé avec le nouveau bureau de l’Association des étudiants congolais de France, conduit par sa nouvelle présidente Propice Ndzolo. Un moment attendu, après une première prise de contact lors de la Journée de l’étudiant », a déclaré Katia Mounthault Tatu.
Elle a tenu à remercier son prédécesseur. « Je tiens à remercier chaleureusement Jadore Moussoki Aucarret, président sortant, dont la disponibilité et l’engagement ont rendu cette rencontre possible. Ce passage de témoin illustre la maturité et la continuité d’une association qui grandit », a-t-elle ajouté.
Cette continuité est aussi un enjeu pratique. Une association étudiante se renouvelle vite, au rythme des diplômes et des départs. Maintenir un interlocuteur stable face aux institutions relève, pour ce type de structure, d’un exercice permanent.
Parcours universitaires et insertion professionnelle au menu
Sur le fond, les discussions ont porté sur la vie estudiantine : parcours universitaires, accompagnement des étudiants, perspectives d’insertion professionnelle et valorisation des compétences des jeunes Congolais formés en France.
Ces quatre sujets forment une chaîne. L’arrivée en formation, le suivi pendant les études, la sortie vers l’emploi, puis la reconnaissance de ce qui a été appris. Chaque maillon fragilisé pèse mécaniquement sur les suivants.
Les difficultés rencontrées par certains étudiants ont été évoquées, sans que leur détail soit exposé publiquement. Les échanges ont surtout mis en avant le potentiel de la communauté estudiantine congolaise installée en France.
La diaspora congolaise présentée comme « levier stratégique »
C’est sur ce point que le propos a pris une dimension plus politique. Pour Katia Mounthault Tatu, la diaspora congolaise doit être considérée comme « un levier stratégique à part entière » du développement du pays.
La nuance mérite d’être relevée. Il ne s’agit pas seulement d’entretenir un lien affectif avec des compatriotes installés à l’étranger, mais de leur reconnaître une fonction dans la trajectoire du Congo.
Elle a également insisté sur la nécessité de créer davantage de passerelles avec la jeunesse, afin de l’associer à la réflexion et aux décisions stratégiques qui la concernent directement.
« Les initiatives récentes du gouvernement congolais en faveur de l’engagement de la diaspora et de l’implication des jeunes tracent une voie. À nous de la prolonger, de l’élargir, de lui donner du sens », a-t-elle indiqué.
Un vivier de compétences à relier au pays
La communauté estudiantine congolaise de France est décrite comme un vivier de compétences, de talents et d’initiatives susceptibles de contribuer au développement du Congo. Reste à organiser la rencontre entre ce vivier et les besoins du pays.
D’où l’accent mis sur le renforcement des passerelles entre les étudiants, les institutions, les organisations partenaires et le Congo. L’objectif affiché tient en une idée : valoriser les compétences et les expériences acquises pendant la formation en France.
« La jeunesse congolaise de France a des idées, de l’ambition et une connexion profonde avec son pays d’origine. Ce pont, nous le construirons ensemble », a conclu la présidente de la Fondation Horizon.
La Fondation Horizon sur le terrain éducatif
Engagée en faveur de la jeunesse en République du Congo, la Fondation Horizon mène notamment des actions dans le domaine de l’éducation. Ses statuts prévoient de promouvoir l’égalité des chances, le mérite et l’excellence académique.
Cette promotion passe par des initiatives d’orientation et d’accompagnement scolaire. La rencontre parisienne prolonge donc un champ d’action déjà balisé, en le déplaçant vers les étudiants installés hors du territoire national.
Ce que la séquence engage pour la suite
Aucune mesure concrète n’a été annoncée à l’issue de l’échange. Le rendez-vous relève d’abord de la prise de contact et de la mise en relation entre une fondation, une association renouvelée et des relais institutionnels.
Pour la diaspora congolaise, le message reste néanmoins explicite. L’ambassade se veut un lieu ouvert, l’association étudiante un interlocuteur reconnu, et les jeunes formés en France une ressource que le pays entend mobiliser plutôt que regarder s’éloigner.
