Après plusieurs semaines d’arrêt, l’exploitation de l’or a repris dans le district de Kimba, dans le Djoué-Léfini. Le député de la circonscription, Antoine Beli-Bokolojoué, a mené une concertation avec les habitants et les propriétaires terriens pour apaiser un conflit entre exploitants miniers et population.
Kimba retrouve le chemin des sites aurifères
Le travail a repris sur les sites miniers de Kimba. Pendant des semaines, l’activité aurifère était à l’arrêt dans cette sous-préfecture du département du Djoué-Léfini, bloquée par un différend opposant les exploitants miniers à une partie de la population locale.
Au cœur des tensions figuraient notamment des jeunes employés sur ces sites. Le climat s’était tendu au point de faire craindre des troubles, selon le compte rendu publié par l’ADIAC.
Une médiation portée par l’élu de la circonscription
Informé de la situation, le député de la circonscription électorale unique de Kimba, Antoine Beli-Bokolojoué, s’est saisi personnellement du dossier dès le début du mois d’octobre. Il s’est rendu sur place pour rencontrer ses mandants.
Il a réuni les habitants de Kimba et les propriétaires terriens dans le cadre d’une concertation citoyenne. Les échanges ont pris des allures de séance de sensibilisation, centrée sur un message : le respect scrupuleux du nouveau code minier en vigueur.
L’élu résume lui-même sa démarche : « Il y avait quelques petits problèmes ici à Kimba entre les exploitants miniers et la population, les jeunes qui travaillent dans ces exploitations. Donc il était de mon devoir, en tant qu’élu de la contrée, de venir rencontrer mes mandants pour régler cette situation. »
Le code minier comme règle commune
Le message central de la rencontre tient en une règle simple : toutes les entreprises et sociétés qui s’installent à Kimba doivent se conformer à la loi. Le député a rappelé que ces sites relèvent d’opérateurs aux statuts différents.
« Ces sites sont sous tutelle des entreprises qui ont, pour certaines, des permis de recherche et d’exploitation, pour d’autres, des permis de prospection », a-t-il expliqué, ajoutant que ces opérateurs doivent travailler « dans le respect de la loi et du cadre réglementaire » propre aux mines.
Aux jeunes qui travaillent sur les sites, Antoine Beli-Bokolojoué a demandé de faire preuve de maturité et de responsabilité, pour un Kimba fort, uni et indivisible.
Les exigences de la population sur la table
La population n’est pas restée simple spectatrice. Elle a demandé aux autorités de rester vigilantes face aux sociétés présentes, qui doivent lui présenter leurs études d’impact environnemental et social, leurs cahiers des charges et, surtout, un permis et des assurances.
Ces demandes ne relèvent pas de la simple formalité. Selon le député, un jeune a récemment failli perdre la vie dans un éboulement survenu sur l’un de ces sites. Un épisode qui, à ses yeux, justifie de remettre de l’ordre dans l’activité.
L’élu a aussi encouragé les jeunes à continuer à travailler dans l’agriculture, rappelant qu’il s’agit de terres agricoles.
Les orpailleurs artisanaux invités à reprendre
Parmi les participants, Chabrel Mbani, jeune de Kimba-centre, salue une initiative qui a permis aux deux parties d’accorder leurs violons. « Elle portait sur les contradictions entre les exploitants miniers et la population de Kimba. Mais le député Antoine Beli-Bokolojoué est venu pour calmer l’hémorragie », témoigne-t-il.
Pour lui, l’issue concrète de la rencontre est claire : « Quand il a fini d’écouter sa population de Kimba, il nous a demandé de reprendre dans les sites, d’exercer l’exploitation artisanale vu que cela est autorisé aux fils du pays. »
Vigilance face aux fugitifs venus d’ailleurs
La médiation a débordé le seul cadre minier. Antoine Beli-Bokolojoué a appelé ses mandants à une prise de conscience, à la vigilance et au courage pour dénoncer les bandits de grand chemin qui viennent se cacher à Kimba après avoir commis des forfaits ailleurs.
« Nous ne voulons pas que les gens qui fuient Brazzaville parce qu’ils sont recherchés viennent se réfugier à Kimba », a-t-il averti. Il demande aux jeunes de signaler toute personne suspecte ou étrangère aux sites d’exploitation de l’or aux autorités locales, chargées de prendre les mesures nécessaires.
Eau potable et kits scolaires en marge de la visite
Le député a profité de son déplacement pour visiter les forages d’eau potable de la localité. « Les gens de Kimba vont chercher l’eau très, très loin, dans les rivières pour boire », a-t-il souligné, présentant ces ouvrages comme une promesse faite à la population.
Selon ses propos, deux forages ont déjà été construits et un troisième est en chantier, avec pour objectif de permettre aux trois quartiers de Kimba d’accéder à l’eau potable. L’élu a également remis des kits scolaires aux élèves des écoles du district.
Un apaisement encore à consolider
La reprise du travail sur les sites aurifères marque une détente à Kimba. Elle repose toutefois sur des engagements à tenir : conformité des sociétés au code minier, documents réclamés par la population et vigilance des jeunes. Leur respect dans la durée dira si l’accalmie s’installe.
