Une desserte irrégulière dans le chef-lieu de la Bouenza
À Madingou, chef-lieu du département de la Bouenza, l’eau potable n’arrive plus avec régularité. Depuis un certain temps, les habitants de la communauté urbaine composent avec une desserte aléatoire, qui perturbe les activités quotidiennes des ménages et suscite des inquiétudes sur le plan sanitaire, rapporte l’Agence congolaise d’information (ACI).
Madingou n’a rien d’une petite bourgade : la ville compte plus de 81 000 habitants, avec une population particulièrement jeune dont l’âge médian est estimé à environ 18 ans. Autant de foyers dont les besoins domestiques dépendent d’un réseau devenu incertain.
Les puits, un recours qui s’épuise
Faute de pouvoir compter sur le réseau, une partie des habitants s’est tournée vers des puits pour satisfaire ses besoins en eau. Ce recours, devenu incontournable pour ces ménages, ne suffit pourtant pas à combler le manque.
En cause, la pression exercée sur ces points d’eau. Trop sollicités, les puits finissent par s’assécher, et il faut attendre quelques jours avant qu’ils ne se remplissent à nouveau. Un cycle qui rend cette solution de secours presque aussi irrégulière que le réseau qu’elle devait suppléer.
Un réseau vieillissant face à une ville qui grandit
Comment expliquer cette situation ? Pour Alphonse Koubemba, natif de la localité, la réponse se trouve du côté des infrastructures. Il met en avant la vétusté des installations et les capacités limitées du réseau de distribution.
D’après lui, ce réseau ne répondrait plus aux besoins d’une population en constante augmentation. Son analyse met face à face deux tendances contraires : des équipements qui vieillissent d’un côté, une demande qui ne cesse de croître de l’autre.
Hygiène et santé publique sous pression
Le manque d’eau ne relève pas du seul inconfort. La précarité de l’approvisionnement compromet aussi les conditions d’hygiène et expose les habitants à des risques sanitaires, notamment en période d’épidémie, souligne l’ACI.
Un notable, qui a requis l’anonymat, résume l’enjeu sans détour : « L’eau, c’est la vie. S’il n’y a plus d’eau, comment les personnes vont-elles vivre ? » Il déplore les répercussions de la situation sur les activités quotidiennes et professionnelles des populations.
Kayes et Mouyondzi aussi touchées
Le phénomène ne se limiterait pas à Madingou. Selon les témoignages recueillis, les localités de Kayes et de Mouyondzi seraient, elles aussi, confrontées à des difficultés similaires d’accès à l’eau potable.
Appel à réhabiliter le réseau d’eau potable
Pour sortir de l’impasse, le notable appelle les services compétents, dont ceux du ministère en charge de l’hydraulique, à réhabiliter les installations existantes. Il plaide également pour un renforcement du réseau d’adduction d’eau, afin d’assurer une desserte régulière et suffisante.
Les populations, de leur côté, sollicitent une intervention urgente des pouvoirs publics pour garantir un accès durable à cette ressource essentielle. Dans une ville aussi jeune que Madingou, l’enjeu touche le quotidien de dizaines de milliers d’habitants.
