Un coup de filet entre Dolisie et Nkayi
Le 18 octobre, trois personnes présumées trafiquantes ont été arrêtées dans les départements de la Bouenza et du Niari. Elles détenaient une peau de panthère et deux pointes d’ivoire, chacune découpée en quatre morceaux.
Peu après cette première opération, une quatrième personne, soupçonnée d’être leur complice, a à son tour été interpellée. Selon l’Agence d’information d’Afrique centrale (ADIAC), qui rapporte l’affaire, les trois premiers interpellés auraient acheminé ces trophées de Dolisie à Nkayi dans le but de les vendre.
Gendarmerie et Économie forestière main dans la main
Ces interpellations sont le fruit d’une action conjointe. La gendarmerie nationale a travaillé en étroite collaboration avec les agents de la direction départementale de l’Économie forestière, avec l’appui technique du Projet d’appui à l’application de la loi sur la faune sauvage (PALF).
Le dossier ne paraît pas refermé pour autant. D’après les informations disponibles, plusieurs autres complices seraient actuellement en fuite, ce qui laisse présager, selon la source, une implication plus large dans ce trafic.
Direction le parquet de la République
Les suspects doivent désormais répondre de leurs actes devant le parquet de la République près le tribunal de grande instance. Ils sont mis en cause pour plusieurs délits liés à la détention, au transport et à la commercialisation de trophées d’espèces intégralement protégées.
À ce stade de la procédure, aucune décision de justice n’a été rapportée. Les quatre personnes interpellées restent donc présumées innocentes tant qu’un tribunal ne s’est pas prononcé sur leur culpabilité.
Jusqu’à cinq ans de prison et cinq millions FCFA
L’éléphant et la panthère figurent parmi les espèces intégralement protégées par la loi congolaise, en raison de leur grande vulnérabilité. Toute personne reconnue coupable de crimes liés à ces animaux encourt une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.
Cette peine de prison peut être assortie d’une lourde amende, dont le montant peut atteindre cinq millions FCFA, conformément aux dispositions légales en vigueur.
Le cadre juridique est fixé par la loi 37/2008 du 28 novembre 2008 sur la faune et les aires protégées. Son article 27 interdit l’importation, l’exportation, la détention et le transit sur le territoire national des espèces intégralement protégées, ainsi que de leurs trophées.
Le texte ne prévoit qu’une exception : une dérogation exceptionnelle accordée par l’administration des eaux et forêts, dans le cadre de recherches scientifiques ou de projets axés sur la reproduction.
Le braconnage, une menace qui dépasse le fait divers
Au-delà du volet judiciaire, l’affaire rappelle la pression que le braconnage et le commerce illégal de produits issus d’espèces sauvages font peser sur leur survie. Ces pratiques contribuent à l’extinction progressive des populations animales et menacent l’équilibre des écosystèmes.
Les chiffres du rapport Planète vivante 2026 du WWF, cités par l’ADIAC, sont éloquents : entre 1970 et 2022, les populations de vertébrés sauvages surveillées en Afrique ont diminué en moyenne de 80 %.
Les éléphants de forêt du continent paient un tribut particulièrement lourd, avec des effectifs en chute de plus de 60 % au cours des dernières décennies. Ce recul pèse sur la biodiversité, mais aussi sur la régénération des forêts, les services écosystémiques et le stockage du carbone.
Des autorités qui misent sur la dissuasion
Face à cette criminalité faunique, les autorités affichent leur volonté d’intensifier leurs efforts. L’objectif annoncé est double : sanctionner sévèrement les contrevenants et dissuader toute activité contraire aux lois qui protègent la faune sauvage.
Pour les habitants de la Bouenza et du Niari, l’affaire de Nkayi et Dolisie donne un visage concret à cette ligne. Reste à suivre les suites judiciaires du dossier, ainsi que le sort des complices présumés toujours en fuite.
