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    Accueil»Culture»Fespam 2025 : Brazzaville fait vibrer sa diplomatie
    Culture

    Fespam 2025 : Brazzaville fait vibrer sa diplomatie

    Publié par Jean Mabiala26/07/2025
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    Brazzaville au cœur du soft power africain

    Sous la vaste coupole du Palais des congrès, la ville de Brazzaville s’est imposée, le 21 juillet 2025, comme l’une des capitales mondiales de la diplomatie culturelle. En accueillant la 12ᵉ édition du Festival panafricain de musique (Fespam), les autorités congolaises ont rappelé leur engagement à faire du dialogue artistique un vecteur de rapprochement entre les peuples. Soutenu par une logistique méticuleuse et une visibilité internationale accrue, l’évènement s’inscrit dans une politique gouvernementale qui considère la culture comme un pilier de la projection d’influence, complémentaire des initiatives régionales de paix et de coopération économique.

    Clotaire Kimbolo, sentinelle d’une mémoire sonore

    Figure familière des chancelleries étrangères depuis la première édition du Fespam, Clotaire Kimbolo est apparu comme le garant d’une tradition musicale que le Congo revendique. Sa déclaration, « C’est un honneur de participer une nouvelle fois », prononcée juste après un salut militaire rythmé par les percussions, a résonné comme une profession de foi patrimoniale. L’homme, dont la discographie traverse cinq décennies, a déployé un répertoire qui relie les indépendances africaines aux aspirations de la jeunesse contemporaine. L’émotion suscitée par ses reprises d’auteurs disparus a rappelé que la mémoire collective peut se conjuguer au présent sans nostalgie passéiste.

    Transmission intergénérationnelle et nation branding

    À l’heure où nombre d’États réexaminent leurs marqueurs identitaires, Brazzaville mise sur la musique pour consolider un récit national inclusif. Kimbolo, témoignant de ses tournées étrangères où résonnait l’hymne congolais, souligne la traduction concrète de cette ambition. Les autorités culturelles, soutenues par le ministère en charge de la coopération internationale, encouragent désormais le parrainage d’orchestres émergents par des maîtres confirmés, afin de créer une chaîne de valeur qui va de la formation jusqu’à l’exportation de spectacles. Au-delà d’une simple initiative artistique, cette orientation nourrit le « nation branding » du pays, comme l’ont relevé plusieurs diplomates présents, séduits par la cohérence entre discours patriotique et excellence scénique.

    Rumba congolaise entre authenticité et modernité

    L’enjeu de la sauvegarde des racines est pourtant loin d’être anecdotique. Kimbolo n’a pas manqué d’alerter sur la tentation des arrangements électroniques standardisés qui menacent l’identité rythmique de la rumba. « La modernité ne doit pas détruire nos racines », a-t-il martelé avec un calme professoral. Ce rappel trouve un écho particulier au sein de l’Union africaine, où les discussions sur la labellisation des patrimoines immatériels sont à l’ordre du jour. La rumba, déjà inscrite au registre de l’Unesco, devient ainsi un terrain de négociation où authenticité et innovation doivent cohabiter pour éviter la dilution d’une signature culturelle, tout en demeurant compétitive sur les scènes mondialisées.

    Vers une diplomatie culturelle consolidée

    À l’issue des concerts, les tables rondes réunissant officiels, universitaires et représentants d’organisations multilatérales ont permis de dresser un bilan prospectif. Il ressort que la tenue régulière du Fespam, même dans des conjonctures économiques complexes, constitue un signal de stabilité et de confiance adressé aux partenaires internationaux. Les programmes d’échanges artistiques annoncés pour 2026, notamment avec l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est, inscrivent la stratégie congolaise dans le long terme. En conjuguant le capital symbolique d’artistes comme Clotaire Kimbolo à une diplomatie active, Brazzaville affirme que la culture n’est pas un ornement, mais un instrument de gouvernance et de rayonnement. La scène, en définitive, prolonge les salles de négociation : la rumba devient argument, le festival un forum, et la capitale congolaise un carrefour où la musique poursuit l’œuvre de la diplomatie.

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