Les coupures d’électricité qui rythment le quotidien des ménages congolais ont été au cœur d’une double rencontre organisée le 26 octobre à Brazzaville. Le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, Bruno Jean Richard Itoua, a reçu tour à tour les syndicats de la société Énergie électrique du Congo (E²C), puis sa direction générale.
Pour les abonnés, la question est simple : les délestages vont-ils reculer ? Les échanges n’ont pas fixé de calendrier, mais ils éclairent les causes avancées par le personnel et la méthode que le ministère entend suivre.
Délestages : les syndicats pointent la centrale d’Imboulou
Côté production, les représentants des travailleurs ont désigné un point faible prioritaire : la centrale hydroélectrique d’Imboulou. Selon eux, certains équipements y tombent régulièrement en panne, en particulier les systèmes de refroidissement.
Leur diagnostic tient en une idée : réparer encore et toujours ne suffit plus, il faut des interventions durables. À leurs yeux, des groupes de production fonctionnant normalement à Imboulou feraient baisser les délestages. Le contexte est aussi marqué par des difficultés de production sur le site de Moukoukoulou.
Compteurs intelligents et recettes : les dossiers qui touchent les usagers
Plusieurs points soulevés par les syndicats concernent de près la relation avec la clientèle. Ils ont évoqué les pertes d’électricité, le déploiement des compteurs intelligents et la transparence dans la gestion des recettes comme des dépenses de l’entreprise.
Les représentants du personnel ont aussi décrit des équipes techniques manquant de moyens pour intervenir sur le terrain, ainsi que des chevauchements de fonctions au sein de la société.
Gouvernance d’E²C : un climat social tendu
Le malaise dépasse la seule technique. Les syndicats ont dressé un état des lieux inquiétant de l’entreprise publique, dénonçant des insuffisances dans la gouvernance, le dialogue social, la gestion des ressources et la formation du personnel. Ils ont également contesté certains choix de gestion.
Pour eux, les difficultés ne seront pas surmontées sans réorganisation. Certains délégués sont allés plus loin en demandant au ministre d’agir sur la direction générale, jusqu’à réclamer le départ du directeur. Les relations entre la direction et les partenaires sociaux restent tendues, ce qui complique la recherche de solutions.
Les syndicats réclament désormais des actes plutôt que de nouveaux constats. Ils plaident pour un plan de redressement adossé à un contrat de performance, ainsi que pour l’application rapide des mesures de redressement.
Électricité au Congo : le ministre mise sur un plan à très court terme
Bruno Jean Richard Itoua n’a pas minimisé la situation. « Aujourd’hui, le plus grand problème du pays, c’est l’électricité », a-t-il déclaré, en rappelant les effets des perturbations sur les ménages comme sur les entreprises.
Le ministre a plaidé pour une mobilisation collective et un dialogue franc. « Quand on veut réussir, il faut se dire la vérité », a-t-il insisté, assurant vouloir écouter les acteurs du secteur et tenir compte de leurs propositions.
Sur la méthode, il a rappelé que le diagnostic engagé sur E²C doit déboucher sur des pistes concrètes de redressement, avec la participation des partenaires sociaux. Il souhaite accélérer l’identification des actions réalisables dans les meilleurs délais.
Les mesures applicables immédiatement doivent être rassemblées dans un plan d’action à très court terme, sans abandonner les réformes structurelles. Le but affiché : atténuer, dans l’urgence, l’exaspération des consommateurs.
Ce que les abonnés peuvent attendre
La rencontre avec la direction générale a porté sur les actions déjà engagées pour améliorer le fonctionnement d’E²C et sur les orientations du ministère pour transformer le secteur, sans que le détail de ces mesures soit précisé.
Pour les usagers, aucun calendrier de fin des délestages ni aucune annonce sur la facturation n’ont été rapportés à l’issue de ces échanges. Tout se jouera désormais sur la concrétisation des engagements, entre revendications syndicales, contraintes techniques et attentes d’une clientèle à bout de patience.
