La Fésytrasas conditionne la suspension de la grève illimitée des hôpitaux publics au paiement de deux mois d’arriérés de salaire. Le dossier est désormais posé sur la table de l’Assemblée nationale, où une médiation s’organise.
Un cahier de revendications déposé à l’Assemblée nationale
Le 3 septembre, la Fédération syndicale des travailleurs de la santé et des affaires sociales a remis un cahier de revendications à l’Assemblée nationale. Le document porte sur la grève illimitée qui touche les hôpitaux publics congolais depuis le 6 août 2026.
Le geste change le terrain du conflit. Après plusieurs semaines de blocage dans les établissements, la discussion s’installe dans l’enceinte parlementaire, où une médiation entre les deux camps est désormais envisagée.
Deux mois d’arriérés, le prix fixé pour la suspension
Le syndicat avance une condition unique et chiffrée : le paiement de deux mois d’arriérés de salaire. À ce prix, la grève serait suspendue et laisserait place à un service minimum dans les structures concernées.
Le secrétaire général de la fédération, Nicolas Ngandzo, présente ce montant comme un plancher de négociation. « Le minimum que nous avons proposé à la commission, à propos des encours, c’est deux mois », a-t-il déclaré.
Le chiffre reste modeste au regard de la dette accumulée. Selon le responsable syndical, les agents de santé cumulent, d’un établissement à l’autre, jusqu’à cinq mois d’arriérés. La revendication ne couvre donc qu’une part du retard.
Sept points de discorde, un seul nœud
La plateforme revendicative initiale comptait sept points. Y figuraient des licenciements jugés abusifs, la vétusté des équipements techniques et des primes restées impayées, autant de griefs accumulés dans le secteur hospitalier public.
Nicolas Ngandzo a toutefois recentré le débat. Pour lui, l’irrégularité du paiement des salaires demeure le nœud du conflit. Les autres revendications ne disparaissent pas, mais passent au second plan dans l’immédiat.
La réponse du gouvernement et le rôle des députés
Le ministre des Finances, Christian Yoka, a reconnu que le mouvement s’inscrit dans un contexte de difficultés économiques touchant plusieurs secteurs. Il a réaffirmé la disponibilité du gouvernement à travailler avec les commissions parlementaires pour trouver une issue.
Le président de la commission Santé de l’Assemblée nationale s’est pour sa part engagé à œuvrer activement à la médiation entre le gouvernement et les syndicats, afin d’obtenir le paiement réclamé par les grévistes.
Un dénouement suspendu au versement des salaires
L’équation demeure financière. Tant que les deux mois d’arriérés ne sont pas versés, le mouvement illimité se poursuit dans les hôpitaux publics et la condition posée par la fédération reste sans réponse concrète.
Le contexte budgétaire évoqué par le ministre des Finances laisse entrevoir une négociation serrée. Aucun calendrier de paiement n’a été communiqué, et la médiation parlementaire constitue à ce stade la principale voie de sortie identifiée.
