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    Politique

    Makotimpoko : ce que les ministres ont dit aux députés

    Publié par Arsène Moussavou02/09/2026
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    La Commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale a auditionné les ministres de la Défense et de l’Intérieur les 31 août et 1er septembre. Au menu : l’attaque armée de Makotimpoko, dans la Nkéni-Alima, et ses suites avec la RDC voisine.

    Deux auditions en deux jours à l’Assemblée nationale

    L’affaire n’aura pas traîné devant la représentation nationale. Les 31 août et 1er septembre, la Commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale a entendu coup sur coup le ministre de la Défense, puis le ministre de l’Intérieur du Congo.

    Objet de ces échanges : l’attaque armée survenue à Makotimpoko, localité du département de la Nkéni-Alima. Le format retenu, celui de l’audition en commission, permet aux députés d’interroger directement les membres du gouvernement sur un dossier sensible.

    Le choix de convoquer deux portefeuilles distincts, la Défense et l’Intérieur, dit assez la nature composite de l’affaire : elle touche à la fois à la protection des frontières et à la sécurité intérieure des populations riveraines.

    Ce que l’on sait de l’attaque des 26 et 27 août

    Les faits remontent aux 26 et 27 août. Selon ce qui a été exposé devant les députés, des éléments armés venus de République démocratique du Congo ont attaqué des membres des forces de sécurité congolaises dans cette zone.

    Le bilan communiqué fait état de deux blessés et de disparus. Le compte rendu de ces auditions ne va pas au-delà de ces éléments chiffrés, les débats ayant surtout porté sur la lecture de l’incident et sur la réponse des autorités.

    La distinction entre les deux Congos garde ici toute son importance. L’attaque a visé le territoire de la République du Congo, tandis que les assaillants sont décrits comme venus de la République démocratique du Congo, l’État voisin.

    Raymond Zéphirin Mboulou parle d’un « incident regrettable »

    Devant la commission, le ministre de la Défense, Raymond Zéphirin Mboulou, a qualifié l’événement d’« incident regrettable ». Une formule mesurée, qui évite la montée en tension tout en reconnaissant la gravité de ce qui s’est produit sur le terrain.

    Le ministre a également condamné les « images humiliantes » diffusées à la suite de l’épisode. La circulation de ces contenus a manifestement pesé dans la manière dont l’affaire a été perçue, commentée et relayée au sein de l’opinion.

    Son message aux députés se veut sans ambiguïté sur le fond diplomatique. « Le Congo n’est pas l’ennemi de la RDC, nous sommes frères », a-t-il déclaré, plaçant l’incident dans le registre du différend à régler plutôt que dans celui de l’hostilité.

    Les îles Mokoloko et Mbamou au cœur du différend

    Sur la question territoriale, Raymond Zéphirin Mboulou s’est appuyé sur des textes coloniaux datant de 1908. Il en tire l’affirmation que les îles contestées, parmi lesquelles Mokoloko et Mbamou, appartiennent bien au Congo.

    Le ministre a toutefois reconnu une réalité de terrain plus complexe : ces îles sont habitées par des ressortissants de la République démocratique du Congo. Un décalage assumé entre le titre juridique invoqué et le peuplement effectif des lieux.

    C’est sans doute là que se loge le cœur du dossier. L’argument historique, à lui seul, ne règle pas la question de l’occupation quotidienne des îles, ni celle de la cohabitation entre populations installées de part et d’autre.

    Les députés, eux, ont eu à mesurer l’écart entre le discours d’apaisement et la matérialité des faits rapportés. C’est tout l’objet d’une audition en commission : confronter la parole gouvernementale aux questions venues du terrain.

    Jean Olessongo Ondaye répond au reproche du silence

    Le ministre de l’Intérieur, Jean Olessongo Ondaye, a pour sa part remercié la commission d’avoir mis la situation sur la table. Une manière de reconnaître que le dossier appelait des explications devant les élus.

    Il a relevé que le silence des forces de sécurité peut être mal interprété. L’observation vaut mise en garde : dans un contexte de rumeurs et d’images diffusées, l’absence de parole officielle laisse le champ libre aux interprétations les plus diverses.

    Le ministre a assuré aux députés que tous les détails des événements leur avaient été fournis. L’engagement porte sur la transparence de l’information transmise à la représentation nationale.

    L’articulation entre les deux ministères ressort en creux de ces deux journées. La Défense a porté le volet frontalier et historique du dossier, l’Intérieur celui de la communication publique et de la sécurité des populations.

    La commission salue la franchise des deux ministres

    Le président de la commission, Henri Zoniaba, a salué la gestion du dossier par le gouvernement. Il a également loué la franchise des deux ministres au cours de ces deux journées d’échanges avec les députés.

    Il a exprimé sa confiance dans le maintien de la paix entre les deux pays voisins. Une position qui rejoint la ligne défendue par le ministre de la Défense : traiter l’incident sans le laisser dégénérer.

    Un dossier frontalier qui reste ouvert

    À l’issue de ces auditions, l’exécutif et les députés affichent une lecture commune : celle d’un incident grave mais circonscrit, à traiter dans le cadre ordinaire des relations de voisinage entre les deux capitales.

    Reste que les éléments avancés devant la commission dessinent un dossier de fond. La question des îles, adossée à des textes vieux de plus d’un siècle et à une occupation humaine bien réelle, ne se referme pas avec une audition.

    Pour les habitants de la Nkéni-Alima, l’enjeu demeure plus immédiat : la sécurité des personnes le long de cette frontière fluviale. Les blessés et les disparus des 26 et 27 août en sont le rappel le plus concret.

    Assemblée nationale Jean Olessongo Ondaye Makotimpoko Nkéni-Alima Raymond Zéphirin Mboulou RDC
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