Le 8 septembre 2026, la Journée internationale de l’alphabétisation fêtera ses soixante ans. Le Congo prépare une semaine nationale et des campagnes de sensibilisation, alors que 739 millions de jeunes et d’adultes restent privés des compétences de base en lecture et en écriture.
Un thème qui associe les peuples, la planète et la prospérité
« L’alphabétisation pour les peuples, la planète et la prospérité » : c’est sous ce thème que la communauté mondiale célébrera, le 8 septembre 2026, la 60e Journée internationale de l’alphabétisation. Une édition qui se veut à la fois commémorative et prospective.
Le choix de ce triptyque n’a rien d’anodin. Il relie une compétence individuelle à des enjeux collectifs, en plaçant la lecture et l’écriture au cœur des équilibres contemporains. L’occasion, aussi, de mesurer le chemin parcouru et celui qui reste à parcourir.
Un droit humain qui ouvre la porte aux autres droits
L’alphabétisation est présentée comme un droit humain fondamental, celui qui donne accès à d’autres droits, à de plus grandes libertés et à la citoyenneté mondiale. À ce titre, elle mérite d’être garantie à toutes les couches sociales, pour construire un monde équitable.
C’est le sens du message que l’UNESCO répète depuis des années : « personne ne doit être laissé pour compte » en matière d’accès à une éducation de qualité. Une exigence qui engage autant les États que leurs partenaires techniques et financiers.
739 millions de jeunes et d’adultes encore concernés
Les chiffres rappellent l’ampleur de la tâche. En 2024, au moins 739 millions de jeunes et d’adultes dans le monde ne possédaient toujours pas les compétences de base en lecture et en écriture. Un socle que la Journée présente comme la porte d’entrée vers les autres droits.
Le chiffre porte sur des jeunes et des adultes, et non sur les seuls enfants non scolarisés. Il désigne donc des personnes souvent sorties du circuit scolaire, que les dispositifs d’éducation non formelle cherchent précisément à rejoindre.
Ces données servent de toile de fond aux célébrations. Elles expliquent pourquoi le rendez-vous du 8 septembre ne se limite pas à une commémoration : il se veut un moment de bilan, d’analyse des défis actuels et émergents, et de définition des priorités.
Au Congo, une semaine nationale et des campagnes annoncées
Le Congo n’entend pas rester en marge. Le ministère de l’Enseignement général, à travers sa direction générale de l’Éducation non formelle et de l’alphabétisation, prévoit une semaine nationale ainsi que des campagnes de sensibilisation auprès des citoyens.
L’objectif affiché est d’expliquer l’intérêt de « l’alpha » dans le processus de développement de chaque vie humaine. Une formulation qui déplace le curseur : l’alphabétisation y apparaît moins comme une statistique nationale que comme une trajectoire individuelle.
Le rattachement administratif du dossier mérite d’être noté. L’alphabétisation relève au Congo de l’Enseignement général, et plus précisément d’une direction générale dédiée à l’éducation non formelle. Le sujet dispose donc d’un pilotage identifié au sein de l’appareil d’État.
Le format retenu s’étend sur une semaine, et non sur une seule journée. Le détail du calendrier, des localités concernées et des publics visés n’a toutefois pas été précisé à ce stade par les autorités éducatives.
Le Mexique accueille le jubilé et les Prix de l’UNESCO
Sur le plan international, ce jubilé sera célébré au Mexique. La cérémonie donnera lieu à la remise des Prix internationaux d’alphabétisation de l’UNESCO, qui récompensent des programmes remarquables conduits partout dans le monde.
Ces distinctions ont une portée pratique. Elles mettent en lumière des politiques, des pratiques et des partenariats jugés efficaces, susceptibles d’inspirer d’autres pays. La Journée se veut précisément une plateforme pour faire circuler ces expériences au service de sociétés pacifiques et durables.
Les célébrations ne se concentreront pas au Mexique. L’édition 2026 sera aussi marquée aux niveaux local, national et régional à travers le monde, ce qui englobe les initiatives annoncées par le ministère congolais de l’Enseignement général.
1966-2026 : soixante ans d’un rendez-vous né à l’UNESCO
L’histoire de cette journée éclaire sa longévité. Elle a été proclamée en 1966, lors de la 14e session de la Conférence générale de l’UNESCO. Six décennies plus tard, le rendez-vous a survécu à bien des changements de contexte.
Cette année soixantenaire fournit une grille de lecture particulière. Les pays et les partenaires du monde entier ont fait progresser l’alphabétisation comme moteur de paix et de développement durable. L’édition 2026 entend célébrer ces réalisations, notamment celles enregistrées depuis 2015.
Quatre ans avant l’échéance des Objectifs de développement durable
Le calendrier ajoute une pression particulière. La célébration intervient à quatre ans de l’échéance des Objectifs de développement durable, ce qui conduit à identifier les défis restants et émergents autant qu’à saluer les acquis obtenus.
Le nombre d’apprenants concernés au Congo et les résultats détaillés des programmes en cours n’ont pas été communiqués dans le cadre de cette annonce. Les campagnes à venir offriront une occasion de rendre publics de tels indicateurs.
Pour le pays, la séquence qui s’ouvre constituera surtout un test de visibilité. Elle dira si le message porté par l’éducation non formelle parvient à atteindre les publics adultes les plus éloignés de l’écrit, dans les villes comme dans les départements.
En attendant, le thème de 2026 fixe le cap. Associer les peuples, la planète et la prospérité revient à rappeler qu’aucune de ces trois ambitions ne progresse durablement sans lecteurs ni scripteurs, au Congo comme ailleurs.
