Une stèle pour Brazzaville au cœur du Pas-de-Calais
Le 27 octobre, la commune de Verquin, dans le Pas-de-Calais, a célébré le 86e anniversaire du Manifeste de Brazzaville. Un hommage à la France libre et aux combattants africains de la Seconde Guerre mondiale, rendu en présence d’un représentant de l’ambassade de la République du Congo en France.
Élus locaux, diplomates et invités se sont retrouvés au cimetière communal, autour de la stèle dédiée à cet épisode historique. Des gerbes de fleurs y ont été déposées. Le monument avait été inauguré le 15 novembre 2019 par l’ancien maire, Thierry Tassez, décédé le 2 février 2025.
Sur le lieu exact, les deux comptes rendus disponibles ne sont pas parfaitement alignés. Vox Congo mentionne la commune de Bondy dans son titre et son introduction, mais situe ensuite, comme l’ADIAC, la cérémonie au cimetière communal de Verquin, dont la maire a accueilli les participants.
L’ambassade du Congo porte la voix de Brazzaville
L’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Congo en France, Rodolphe Adada, s’était fait représenter par son ministre conseiller, Armand Rémy Balloud-Tabawé. C’est donc lui qui a incarné la diplomatie congolaise lors de cette journée mémorielle.
Prenant la parole au nom de l’ambassadeur, le diplomate a souligné le rôle « déterminant et fondateur » joué par Brazzaville dans la libération de la France (Vox Congo). Il a présenté cet héritage comme un véritable trait d’union entre les deux pays.
Son propos regardait aussi vers l’avenir. Pour Armand Rémy Balloud-Tabawé, cette mémoire commune doit être préservée, mais surtout transmise aux jeunes générations.
Le CFRAD et les lieux de mémoire à réhabiliter
Le ministre conseiller a évoqué les initiatives engagées pour valoriser, à Brazzaville même, les sites emblématiques de cette période. Il a notamment cité le Centre de formation et de recherche en art dramatique (CFRAD), associé à la conférence de Brazzaville de 1944.
Selon Vox Congo, c’est ce lieu qui avait accueilli la conférence. Ces démarches visent la sauvegarde du patrimoine historique et le renforcement des liens entre les deux pays.
Vox Congo les inscrit par ailleurs dans la dynamique de rapprochement et de coopération portée par les présidents Denis Sassou N’Guesso et Emmanuel Macron.
27 octobre 1940 : Brazzaville, capitale de la France libre
La date n’a rien d’anodin. Le 27 octobre 1940, depuis Brazzaville, le général Charles de Gaulle réaffirmait sa détermination à poursuivre le combat contre l’Allemagne nazie. La ville devenait alors l’une des capitales de la France libre.
Ce moment illustre la contribution du continent africain à la défense des idéaux de liberté. Il s’est traduit par la création du Conseil de défense de l’Empire, réunissant des responsables militaires, civils et religieux.
Y figuraient notamment les généraux Catroux et de Larminat, l’amiral Muselier, les gouverneurs Eboué et Sautot, le colonel Leclerc, le médecin général Sicé, le Pr Cassin et le révérend-père Georges Thierry d’Argenlieu.
Une petite commune, gardienne d’une mémoire universelle
Au nom du conseil municipal, la maire de Verquin, Sylvie Bauvais Tassez, s’est félicitée de la présence du représentant de l’ambassade congolaise. Vox Congo évoque son émotion. Elle a salué la fidélité des participants à ce rendez-vous mémoriel.
L’élue a rappelé que les grandes pages de l’histoire ne sont pas l’apanage des seules capitales et des grandes métropoles. Une manière de répondre à une question légitime : pourquoi une stèle dédiée à Brazzaville dans une commune de 3 496 habitants ?
Sa réponse tient en une idée : la mémoire historique est un patrimoine universel, dont chaque collectivité peut être la gardienne. Elle a aussi rendu hommage à Thierry Tassez, initiateur de la démarche, dont l’engagement a permis de concrétiser le projet.
Autre geste fort : le don d’une parcelle destinée à accueillir une stèle jumelle en République du Congo. L’objectif affiché est de consolider les liens entre les deux peuples à travers la valorisation de leur histoire commune.
Fraternité, lutte contre le racisme et label « Villages et villes sages »
Au-delà de l’hommage aux combattants, la maire a plaidé pour davantage d’échanges, de rencontres et de projets communs entre les deux pays. Elle a aussi appelé à promouvoir la fraternité et à poursuivre la lutte contre le racisme et toutes les formes de discrimination.
La cérémonie s’est achevée par le dévoilement d’une plaque « Villages et villes sages », qui consacre l’adhésion de Verquin à la fédération française du même nom. Ce label met en avant la solidarité, le respect et le vivre-ensemble.
Une mémoire partagée tournée vers l’avenir
Pour les Congolais, au pays comme dans la diaspora, ce rendez-vous rappelle qu’une part de l’histoire de la France libre s’est écrite à Brazzaville, et qu’elle continue d’être honorée bien au-delà des frontières nationales.
À Verquin, l’hommage n’a pas seulement regardé le passé. Il a défendu l’idée d’une mémoire vivante, capable de rapprocher les peuples, de nourrir la fraternité et de rappeler aux nouvelles générations ce que coûte la liberté.
