Close Menu
    Articles les plus lus

    Likouala inondée : vivres et filets de pêche en renfort

    02/11/2026

    Bouenza : les engins lourds priés de quitter la SOREMI

    02/11/2026

    Eau potable à Madingou : les puits ne suffisent plus

    31/10/2026
    En direct depuis Brazzaville :
    • Likouala inondée : vivres et filets de pêche en renfort
    • Bouenza : les engins lourds priés de quitter la SOREMI
    • Eau potable à Madingou : les puits ne suffisent plus
    • Le 3R voit le jour à Brazzaville : ce que veut Mondelé
    • UBA Congo : votre dossier à jour avant le 31 décembre
    • Budget 2027 : les 670 milliards défendus par Yoka
    • Malnutrition : ce que l’accord Congo-PAM change
    • Manifeste de Brazzaville : le Congo honoré à Verquin
    brazza-24.combrazza-24.com
    • Accueil
    • Politique
    • Économie
    • Culture
    • Éducation
    • Environnement
    • Santé
    • Sport
    brazza-24.combrazza-24.com
    Accueil»Culture»Tahar Ben Jelloun manie l’acrylique comme la diplomatie : Rabat sous le charme
    Culture

    Tahar Ben Jelloun manie l’acrylique comme la diplomatie : Rabat sous le charme

    Publié par Jean Mabiala26/06/2025
    Facebook Twitter Pinterest LinkedIn WhatsApp Reddit Tumblr Email
    Partagez
    Facebook Twitter LinkedIn Pinterest Email

    De la tribune littéraire au silence des pigments

    La trajectoire de Tahar Ben Jelloun ressemble de plus en plus à une cartographie des disciplines artistiques. À soixante-dix-neuf ans, l’homme qui a interrogé le racisme, la mémoire coloniale ou les révolutions arabes choisit aujourd’hui de laisser la couleur porter son souffle critique. L’exposition présentée jusqu’au 30 juin au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain de Rabat dévoile une quarantaine de toiles acryliques créées depuis 2012, date à laquelle un cercle d’amis l’incita à s’emparer du pinceau. Leur assemblage compose un récit muet où l’écrivain se mue en peintre sans renier la force de suggestion propre à ses romans.

    Le Musée Mohammed VI, une scène symbolique

    Accueillir les œuvres de Ben Jelloun dans l’institution marocaine qui a déjà célébré Monet, Van Gogh ou Picasso n’est pas anodin. Pour la Fondation Nationale des Musées, la présence d’un créateur franco-marocain reconnu par le Goncourt témoigne d’une diplomatie culturelle qui valorise des passerelles Sud-Nord. Le président de la fondation, Mehdi Qotbi, voit dans l’événement « une révélation » capable de renforcer l’attractivité régionale. L’éclairage bleu électrique de la scénographie épouse l’architecture épurée du lieu, rappelant la vocation transversale d’un musée pensé comme plateforme de dialogue entre modernité occidentale et héritage maghrébin.

    Un imaginaire abstrait pour conjurer le fracas du monde

    Sur la toile, aucune scène militante au sens strict. Les formes s’agrègent, se diffractent, s’ouvrent parfois en portes énigmatiques. L’artiste revendique « une peinture libre, immédiate », loin des mots qui l’ont pourtant fait connaître. Cette abstinence discursive relève moins d’un effacement que d’un déplacement stratégique : abandonner le registre frontal pour proposer un espace de respiration que l’on pourrait qualifier de diplomatie chromatique. Dans un contexte international saturé de conflictualité, la couleur devient outil de désescalade, invitation à la contemplation plutôt qu’à la polémique.

    Échos littéraires et chuchotements calligraphiques

    Le regard attentif perçoit néanmoins des traces de l’écrivain sous la couche picturale. Des mots manuscrits surgissent comme des palimpsestes, des fragments de vers se glissent au détour d’un trait, rappelant que Ben Jelloun reste un poète malgré la distance prise avec le langage articulé. Ces insertions renforcent la polysémie des œuvres : chacune devient page et fenêtre, combinant l’intimité de la lecture et l’ouverture sur l’inconnu. Le public, majoritairement marocain mais aussi nombreux touristes et diplomates de passage, s’attarde sur ces détails qui incarnent l’alliance rarement aboutie entre texte et image.

    La réception critique entre enchantement et prudence

    Les premières réactions s’inscrivent dans une tonalité consensuelle. Les médias nationaux louent un artiste « en perpétuel renouvellement » tandis que les critiques européens soulignent la sincérité d’une démarche exempte d’effet de mode. Quelques voix pointent toutefois le risque d’un esthétisme qui gommerait la radicalité politique initiale de l’auteur. Cette tension nourrit la notoriété de l’événement : l’exposition attire autant les amoureux de la littérature francophone que les amateurs d’abstraction contemporaine, générant un bouche-à-oreille précieux dans la diplomatie culturelle du Royaume.

    Quand la géopolitique s’invite dans le langage des couleurs

    Ben Jelloun confie peindre « pour contrebalancer la fureur du monde », évoquant au passage la difficulté de parler de paix à l’heure où les grandes puissances redéfinissent leurs sphères d’influence. Les observateurs notent qu’en optant pour l’abstraction, l’artiste évite la dénonciation directe tout en rappelant, par contraste, la gravité des crises contemporaines. La toile agit comme miroir inversé des débats géopolitiques : plus elle s’illumine, plus elle révèle la pénombre environnante. Cet effet de réverbération sert un propos diplomatique implicite, celui d’un humanisme cosmopolite ancré dans le monde arabo-musulman.

    Perspectives internationales et prolongements artistiques

    L’agenda de l’artiste-écrivain est loin d’être clos. Une rétrospective à Zurich est déjà annoncée pour octobre 2025, tandis que des vitraux inspirés de ses toiles seront installés à Casablanca en janvier 2026. Ce calendrier international confirme la place grandissante de Ben Jelloun dans le marché de l’art, mais aussi l’intérêt des capitales culturelles pour une œuvre qui, sous des allures intimistes, traite d’universel. Pour le Maroc, exporter ces couleurs équivaut à projeter une image de créativité stable et ouverte, un atout non négligeable dans l’arène diplomatique.

    Sérénité picturale et constante vigilance intellectuelle

    En quittant la salle, le visiteur conserve l’impression d’un souffle tranquille, presque méditatif. Pourtant, derrière chaque aplat se cache l’auteur de La Nuit sacrée, toujours attentif aux blessures de son temps. Le détour par l’abstraction ne constitue pas une échappée mais un autre front, un territoire où la paix se négocie à coups de nuance et de lumière. Ainsi se prolonge l’engagement de Tahar Ben Jelloun : la couleur comme diplomatie silencieuse, l’art comme négociation permanente avec l’époque.

    Partagez. Facebook Twitter Pinterest LinkedIn Tumblr Telegram Email
    Article PrécédentBudgets XXL : l’Afrique revendique son droit au chéquier face aux sceptiques
    Article Suivant Bots contre pelles : Accra digitalise la traque des orpailleurs chinois

    Articles sur le même thème

    « Condamné par la peau », un roman contre le racisme

    26/10/2026

    Impfondo-Beach 2027 : trois mois de fête sur le sable

    23/10/2026

    Gospel : Siama Groove fêté sur la scène de l’IFC

    20/10/2026
    Articles Récents

    Likouala inondée : vivres et filets de pêche en renfort

    02/11/20260

    Bouenza : les engins lourds priés de quitter la SOREMI

    02/11/20262

    Eau potable à Madingou : les puits ne suffisent plus

    31/10/20261

    Le 3R voit le jour à Brazzaville : ce que veut Mondelé

    31/10/20261

    UBA Congo : votre dossier à jour avant le 31 décembre

    30/10/20261

    Budget 2027 : les 670 milliards défendus par Yoka

    30/10/20261

    Malnutrition : ce que l’accord Congo-PAM change

    30/10/20262

    Manifeste de Brazzaville : le Congo honoré à Verquin

    29/10/20261

    Ligue 1 : la Fécofoot vise 18 clubs en format zonal

    29/10/20262

    3 minutes Santé : l’arme anti-rumeurs de l’OMS au Congo

    28/10/20262
    Informations
    Informations

    Brazza-24.com vous propose un regard frais et local sur les tendances, modes de vie, initiatives citoyennes et cultures urbaines qui façonnent le quotidien au Congo-Brazzaville. Cette section est conçue pour explorer les sujets qui vous touchent, au cœur de la société congolaise contemporaine.

    Nous sommes ouverts à de nouveaux partenariats et collaborations éditoriales.

    RSS
    Choix de la Rédaction

    Likouala inondée : vivres et filets de pêche en renfort

    02/11/2026

    Bouenza : les engins lourds priés de quitter la SOREMI

    02/11/2026

    Eau potable à Madingou : les puits ne suffisent plus

    31/10/2026
    Articles Populaires

    Le 3R voit le jour à Brazzaville : ce que veut Mondelé

    31/10/2026

    UBA Congo : votre dossier à jour avant le 31 décembre

    30/10/2026

    Budget 2027 : les 670 milliards défendus par Yoka

    30/10/2026
    © 2026 Brazza24 - L'Actu du Congo-Brazzaville 24h/24
    • Accueil
    • Fact-Checking
    • Politique de Confidentialité
    • Contactez Brazza24

    Tapez ci-dessus et appuyez sur Entrée pour rechercher. Appuyez sur Échap pour annuler.