Nommé le 19 août, Yves Bodler Ngongo a pris ses fonctions de préfet du département de Brazzaville le 24 août. La passation de service avec Gilbert Mouanda-Mouanda a mis sur la table un dossier administratif que le sortant a lui-même désigné comme prioritaire.
Une installation cinq jours après la nomination
Yves Bodler Ngongo a été nommé préfet du département de Brazzaville le 19 août. Son installation officielle est intervenue cinq jours plus tard, le 24 août, au terme d’une passation de service avec le préfet sortant, Gilbert Mouanda-Mouanda.
La cérémonie a été conduite par Brice Rhode Mbon, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation. C’est lui qui a procédé à l’installation du nouveau préfet dans ses fonctions.
Cette présence situe clairement la chaîne hiérarchique. Le préfet est le représentant de l’État dans le département, et sa prise de fonction relève de cette tutelle ministérielle, non d’un simple relais entre deux titulaires du poste.
Un engagement placé sous le signe du service public
Après son installation, Yves Bodler Ngongo s’est engagé à exercer ses fonctions avec un sens élevé du service public. Une formule qui, dans le vocabulaire de l’administration territoriale, engage autant sur la méthode que sur les résultats attendus.
Le nouveau préfet a annoncé vouloir travailler en intelligence avec les services de l’État et les forces vives du département. L’objectif affiché : poursuivre le chantier de l’amélioration de l’administration territoriale, au bénéfice de la paix et de l’ordre public.
Rien n’a filtré, à ce stade, sur d’éventuels changements dans l’organigramme des services départementaux. La passation s’est tenue sans annonce de réorganisation ni feuille de route détaillée.
Commerce et impôts, le dossier laissé sur la table
Le principal point de vigilance n’est pas venu du nouvel arrivant, mais du partant. Gilbert Mouanda-Mouanda a évoqué la problématique de la répartition des compétences entre les services départementaux et certaines directions générales de l’administration centrale.
Deux secteurs ont été explicitement cités : le commerce et les impôts. Soit des domaines où l’échelon départemental et l’échelon central se croisent, sans que la frontière de leurs attributions apparaisse toujours nettement tracée.
La question n’est pas anodine pour les usagers. Commerce et fiscalité constituent deux points de contact directs entre l’administration et les acteurs du département, entreprises comme particuliers, dans leurs démarches les plus courantes.
Elle touche aussi à l’efficacité de l’action publique. Lorsque deux échelons revendiquent ou déclinent une même compétence, les délais de traitement peuvent s’allonger, sans que la responsabilité du blocage soit clairement identifiable.
Aucun calendrier ni dispositif de règlement n’a été rendu public à l’issue de la cérémonie. Le sujet reste donc posé, transmis d’un préfet à l’autre comme un héritage de fonction plutôt que comme une querelle personnelle.
Vingt-trois ans de préfectures pour Gilbert Mouanda-Mouanda
Le préfet sortant quitte Brazzaville après vingt-trois ans de service préfectoral. Un parcours qui l’a conduit dans la Cuvette Ouest, les Plateaux, la Sangha et le Niari, avant le département de Brazzaville.
Gilbert Mouanda-Mouanda a remercié le président de la République. Brice Rhode Mbon lui a, de son côté, rendu hommage pour les services rendus à la nation au cours de cette carrière.
Le cap annoncé à la tête du département
Le département de Brazzaville abrite la capitale politique et administrative du pays. Toute prise de fonction y est scrutée, ne serait-ce que parce que l’ordre public et la coordination des services de l’État y sont particulièrement exposés.
Yves Bodler Ngongo n’a pas détaillé d’objectifs chiffrés. Il s’en est tenu à une ligne de méthode : la concertation avec les services de l’État et les forces vives, puis la continuité du travail déjà engagé dans le département.
Reste l’exécution. Sur la répartition des compétences signalée par son prédécesseur comme sur le fonctionnement quotidien de l’administration territoriale, le nouveau préfet sera jugé à des arbitrages concrets, dont aucun n’a encore été annoncé.
