La lutte contre la criminalité armée change d’échelle au Congo-Brazzaville. Un arrêté du ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Jean Olessongo Ondaye, a donné naissance au Groupement inter-forces de lutte contre le grand banditisme, désigné par le sigle GILGB.
Placé sous l’autorité directe du ministre, ce nouveau groupement aura compétence sur toute l’étendue du territoire national. Son action ne sera donc pas cantonnée à une ville ou à un seul département.
Police et gendarmerie réunies au sein du GILGB
Le texte fixe d’abord la composition de cette unité. Le GILGB sera formé de personnels issus de la police et de la gendarmerie nationale, deux corps appelés à travailler côte à côte dans une même structure.
L’organisation interne retient l’attention : le groupement fonctionnera sur le modèle d’un régiment d’infanterie. Ce format est toutefois adapté aux missions propres aux forces de sécurité intérieure, précise l’arrêté.
Le texte laisse aussi une porte ouverte. En cas de besoin, le GILGB pourra intégrer des agents venus d’autres composantes de la force publique. Les éléments rendus publics ne précisent pas lesquelles, ni selon quelles modalités.
Gangs et réseaux armés, les cibles prioritaires
Sur le fond, la mission centrale du groupement est clairement énoncée : neutraliser les réseaux criminels armés et les gangs structurés. L’arrêté vise également les formes graves du banditisme, qu’il soit urbain, rural ou transfrontalier.
Cette triple mention dessine un champ d’action large. Elle englobe la délinquance des villes comme celle des campagnes, mais aussi la criminalité qui se joue des frontières du pays.
Prises d’otages et terrorisme : un volet à haut risque
Le GILGB ne se limitera pas à la traque des bandes organisées. Il conduira aussi des interventions à haut risque. L’arrêté cite notamment les prises d’otages, les actes de terrorisme et la maîtrise de personnes retranchées ou armées.
Le groupement participera en outre aux opérations de sécurisation d’envergure lors de crises majeures. Sont visées les situations qui menacent l’ordre public, la sécurité nationale et les institutions de la République.
Armements, véhicules et transmissions : les moyens annoncés
Pour remplir ces missions, le groupement disposera d’armements spécialisés. Il sera également doté de moyens roulants, nautiques ou aériens, de quoi envisager des interventions sur terre, sur l’eau comme dans les airs.
L’arrêté prévoit aussi des systèmes sécurisés de transmission et de communication. Aucun chiffre sur les effectifs, le volume des équipements ou le budget alloué ne figure en revanche dans les informations disponibles.
Un cadre légal rappelé noir sur blanc
Le texte fondateur ne se contente pas d’énumérer des missions et des moyens. Il rappelle que les personnels du GILGB restent soumis aux règles de procédure administrative et judiciaire.
Ils devront également respecter les libertés individuelles et les droits fondamentaux. Cette précision inscrit l’action du groupement dans le cadre du droit, y compris au cours des opérations les plus sensibles.
Les questions encore en suspens
Plusieurs points restent à éclaircir à ce stade : la date effective de mise en service, l’identité des responsables chargés de commander le groupement ou encore l’implantation de ses unités. Les informations rendues publiques n’en disent rien.
Pour les habitants de Brazzaville, de Pointe-Noire et des départements, l’enjeu sera désormais de voir comment cette nouvelle structure se traduira sur le terrain, et dans la durée.
