Le Figa a défilé le 15 août à Brazzaville, pour le 66e anniversaire de l’indépendance de la République du Congo. Le fonds de garantie y a rappelé ses trois missions auprès des très petites entreprises, des PME et des artisans : impulser, garantir, accompagner.
Le Figa dans le cortège du boulevard Alfred-Raoul
Le 15 août, la République du Congo a célébré le 66e anniversaire de son indépendance. Sur le boulevard Alfred-Raoul, à Brazzaville, le défilé a réuni les corps militaires et les composantes civiles du pays, selon une tradition bien installée.
Au milieu de ce cortège, une institution financière a retenu l’attention : le Fonds d’impulsion, de garantie et d’accompagnement des très petites, petites et moyennes entreprises et de l’artisanat, plus connu sous son sigle, le Figa.
Le choix n’a rien d’anodin. En s’affichant un jour de fête nationale, le fonds a associé son action à un mot d’ordre plus large, celui d’une souveraineté qui se joue aussi dans les ateliers, les échoppes et les petites unités de production.
Impulser, garantir, accompagner : les trois missions du fonds
Le Figa a été créé pour impulser la dynamique entrepreneuriale congolaise. Son action se décline en trois temps distincts. L’impulsion intervient en amont, avant même que le projet ne se présente au guichet d’une banque.
Vient ensuite la garantie financière, apportée auprès des établissements de crédit. Le fonds se place alors entre l’entrepreneur et son banquier, sur ce terrain souvent décisif où se joue la confiance accordée à un dossier.
Le troisième temps est l’accompagnement après financement. Une fois les fonds débloqués, le suivi continue. C’est précisément ce volet que pilote le service post-garantie de l’institution, chargé de veiller sur la vie du crédit accordé.
Diagnostic, taux bonifiés, formation : l’offre détaillée aux porteurs de projet
Jude Matoko, chef de service post-garantie au Figa, a détaillé les prestations proposées aux entrepreneurs venus à la rencontre de l’institution durant la célébration. L’énumération vaut mode d’emploi pour qui hésite encore à pousser la porte.
Le fonds réalise d’abord un diagnostic complet de l’entreprise. Trois volets y sont passés au crible : la commercialisation, la gestion du personnel et la comptabilité, trois domaines déterminants pour la survie d’une jeune structure.
S’ajoutent à ce socle des crédits à taux bonifiés, des sessions de formation et une aide à la formalisation. Ce dernier point concerne le passage d’une activité exercée sans cadre officiel vers un statut reconnu et déclaré.
Le crédit, verrou central de l’entrepreneuriat congolais
Le montage retenu dit en creux où se situe la difficulté. Sans garantie solide à présenter, le financement bancaire reste difficile d’accès pour bon nombre de très petites entreprises et d’artisans installés dans les quartiers.
En se portant garant, le fonds déplace une part du risque et rend le dossier examinable autrement. Le taux bonifié agit ensuite sur un autre paramètre, celui du coût du crédit une fois l’accord obtenu auprès de l’établissement.
L’accompagnement referme le dispositif. Diagnostic, formation, suivi après décaissement : l’idée sous-jacente est qu’un financement seul ne suffit pas, et qu’il doit s’accompagner d’une montée en compétence du chef d’entreprise.
Sous la direction de Dayi Allaire Branham Kitombo, le cap de l’emploi des jeunes
Le Figa est dirigé par Dayi Allaire Branham Kitombo. Sa participation au défilé du 15 août réaffirme la volonté des pouvoirs publics de faire de l’entrepreneuriat un moteur de croissance et d’emploi pour la jeunesse.
Le message est adressé à une génération invitée à considérer la création d’entreprise comme une voie professionnelle à part entière, et non comme un pis-aller en attendant mieux ailleurs.
Il rejoint, en filigrane, le thème que l’institution a porté ce jour-là : une indépendance qui ne se mesure pas seulement aux drapeaux et aux uniformes, mais aussi à la capacité du pays à financer ses propres entreprises.
Ce que les entrepreneurs peuvent retenir de cette journée
Pour un artisan ou un jeune commerçant de Brazzaville, l’information utile tient en une phrase : un guichet public existe entre l’idée et la banque, et il propose davantage qu’une simple signature au bas d’un contrat.
Diagnostic préalable, garantie auprès du prêteur, crédit à taux réduit, formation, appui à la formalisation puis suivi dans la durée : la chaîne annoncée par le fonds couvre l’essentiel des étapes qui séparent un projet d’une activité déclarée.
Reste l’exercice le plus exigeant, celui du terrain et des résultats. Le défilé du 66e anniversaire aura au moins servi de vitrine, en rappelant aux Brazzavillois qu’un dispositif d’appui existe et qu’il porte un nom (adiac-congo.com).
