Dans le quatrième arrondissement de Pointe-Noire, le marché Makoulou Ngoulou s’enfonce dans l’insalubrité, tandis qu’une partie de sa toiture menace de céder. La mairie de Loandjili prépare sa réhabilitation dans le cadre d’un projet urbain financé par la Banque mondiale et l’État congolais.
Nkouikou, le marché du peuple gagné par les ordures
Le marché Makoulou Ngoulou, que la population de Pointe-Noire connaît sous le nom de marché du peuple, est installé dans le quartier Nkouikou, au cœur du quatrième arrondissement. Sa dégradation y est désormais avancée, visible dès les abords des étalages.
Les ordures s’accumulent autour des étalages comme des bacs censés les recevoir. De cet entassement montent des odeurs nauséabondes, que commerçants et clients côtoient au quotidien, dans un espace où l’activité ne s’interrompt pourtant pas.
À l’insalubrité s’ajoute une question de taille. La capacité d’accueil du marché ne répond plus aux besoins croissants de la population environnante, un décalage qui pèse sur l’organisation quotidienne des ventes et sur le confort des acheteurs.
L’état du site suscite des préoccupations au sein de la population. Dans un quartier où le marché tient lieu de point de ravitaillement de proximité, la dégradation d’un tel équipement ne reste jamais longtemps une affaire strictement technique.
Une toiture qui menace de s’effondrer
C’est dans ce contexte qu’Edith Yolande Ketta-Mbanguyd, administrateur-maire de l’arrondissement 4 Loandjili, s’est rendue sur place ces derniers jours. Sa descente avait un objectif simple : constater de visu l’ampleur de la dégradation du marché.
Le constat le plus préoccupant concerne la toiture. Une partie de la couverture présente déjà un risque d’effondrement, au-dessus d’un espace où circulent chaque jour vendeurs et clients. Le danger n’est donc plus une simple crainte de quartier : il est identifié par l’autorité municipale elle-même.
L’administrateur-maire n’était pas seule. Elle était accompagnée des autorités locales et des membres du comité du marché, ceux qui connaissent le site allée par allée et suivent au plus près les conditions de travail des vendeurs.
Le PRRU, cadre de la réhabilitation annoncée
La visite ne se limitait pas à un état des lieux. Elle a servi de support à un message adressé aux commerçants : des travaux de réhabilitation sont prévus, et ils supposent une organisation en amont.
Ces travaux s’inscrivent dans le projet de résilience et de réhabilitation urbaine, le PRRU, financé par la Banque mondiale en partenariat avec l’État congolais. Le marché Makoulou Ngoulou figure donc parmi les sites appelés à être repris dans ce cadre.
L’ancrage dans un programme financé de l’extérieur change la portée du dossier. Il ne s’agit pas d’un entretien ponctuel décidé au niveau du quartier, mais d’une opération inscrite dans un montage associant bailleur international et pouvoirs publics congolais.
Délocalisation temporaire, le point sensible pour les vendeurs
Reste le point le plus délicat de tout chantier de marché, celui des places pendant les travaux. L’administrateur-maire a profité de sa venue pour sensibiliser les commerçants à la nécessité d’une éventuelle délocalisation temporaire avant le démarrage de la réhabilitation.
Le mot « éventuelle » a son importance. À ce stade, la démarche relève de la préparation des esprits et de la concertation, plus que d’un calendrier de déménagement arrêté et communiqué aux occupants du marché.
Pour les vendeuses et vendeurs de Nkouikou, l’enjeu est concret. Une place de marché, c’est un emplacement, une clientèle et des habitudes, trois éléments qu’un déplacement, même provisoire, met mécaniquement à l’épreuve.
Comité du marché et chef de quartier associés au chantier
Après la visite, Edith Yolande Ketta-Mbanguyd a tenu une séance de travail avec les membres du comité du marché Makoulou Ngoulou et le chef du quartier 406. Une réunion consacrée aux préparatifs de la réhabilitation.
L’administrateur-maire y a appelé l’ensemble des parties prenantes à renforcer leur collaboration, afin d’assurer la réussite du projet. Un appel qui vise autant l’administration que les représentants des commerçants et les responsables de quartier.
Le message était clair sur le destinataire final des travaux : le plus grand bénéficiaire de la réhabilitation demeure la population. Une manière de replacer le chantier dans son objectif d’usage, avant les questions d’organisation.
Mairie centrale et Banque mondiale réaffirment leur engagement
La démarche de l’arrondissement 4 ne s’est pas construite isolément. Une autre rencontre s’est tenue ces derniers jours à Pointe-Noire, réunissant les représentants de la mairie centrale, ceux de la mairie de Loandjili et les différents acteurs concernés.
Cette séance de travail a permis de réaffirmer l’engagement de l’État congolais et de la Banque mondiale à concrétiser le projet, au bénéfice des commerçants et de la population du quatrième arrondissement.
Entre les deux niveaux de discussion, la mairie centrale d’un côté, le comité du marché de l’autre, se dessine la méthode retenue : verrouiller l’accord institutionnel, puis préparer le terrain auprès de ceux qui occupent le site.
Un calendrier encore à préciser à Loandjili
À ce jour, aucune date de démarrage des travaux n’a été rendue publique, pas plus que le contenu précis des aménagements prévus. Les échanges portent sur les préparatifs, ce qui situe le dossier en amont du chantier.
Pour les habitants de Nkouikou, la séquence à venir se lira à trois indices : la sécurisation de la toiture, les modalités de la délocalisation temporaire et la reprise effective de l’activité une fois le marché remis en état.
En attendant, le marché du peuple continue de fonctionner tel quel, avec ses ordures accumulées, ses odeurs et sa toiture fragilisée. C’est précisément cet écart entre l’usage quotidien et l’état du bâti que la réhabilitation entend réduire.
