Une tournée symbolique de proximité
À peine installé dans ses fonctions, le préfet de la Bouenza, Marcel Nganongo, a troqué le bureau pour la route. Du 22 au 24 octobre 2025, il a entamé une tournée éclair dans deux districts clefs : Ntsiaki puis Boko-Songho.
Cet itinéraire, première séquence d’un programme plus vaste couvrant l’ensemble du département, vise à prendre le pouls des populations et à recenser, in situ, les dossiers urgents. L’initiative s’inscrit dans l’esprit de proximité prôné par le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation.
Entouré d’autorités politico-administratives, le préfet a choisi d’écouter avant de prescrire. « Aller vers l’autre est le premier acte de gouvernance », confie un membre de la délégation, soulignant que la mission se veut participative plutôt que directive.
Ntsiaki met en lumière ses défis essentiels
Ntsiaki, à 120 kilomètres de Madingou, a accueilli le cortège sous le tempo des tam-tams. Les femmes en pagne, les jeunes en tricot du club local et les notables sous l’arbre à palabres ont rappelé l’attachement communautaire aux visites officielles.
Dans la salle de la sous-préfecture bondée, les habitants ont exposé des doléances concrètes : réseau d’eau potable défaillant, coupures d’électricité, classes surchargées, poste de santé sous-équipé, effectifs limités de gendarmerie. Chacun a pris la parole dans un ordre méthodique.
Marcel Nganongo a répondu point par point, privilégiant des engagements mesurés. Il a promis d’accélérer l’adduction d’eau, de renforcer la coordination avec l’Énergie et de proposer au ministère de l’Éducation un redéploiement d’instituteurs, tout en valorisant la participation communautaire.
Il a également visité la scierie CFF-Bois International, principal employeur local. La direction a présenté un plan d’extension susceptible de créer cinquante nouveaux postes. « L’activité forestière, bien encadrée, peut soutenir le social », a commenté le préfet en saluant les ouvriers.
Boko-Songho plaide pour ses écoles
Deux jours plus tard, le convoi s’est arrêté à Boko-Songho, autre bastion agricole du sud Bouenza. Là encore, la foule a investi la place publique, arborant des banderoles remerciant le gouvernement pour les récents travaux de reprofilage de la route départementale.
La sous-préfète Albane Nzaba-Kongo a dressé un inventaire précis : onze instituteurs fonctionnaires encadrent plus de soixante bénévoles, gérant des écoles parfois construites en matériaux précaires. Elle a sollicité des salles supplémentaires, du mobilier et un renforcement des cantines scolaires.
Face à cette réalité, le préfet a indiqué qu’un état des besoins serait transmis au Conseil départemental. « L’éducation reste la clef de la résilience rurale », a-t-il rappelé, mentionnant la possibilité d’appuyer des partenariats publics-privés pour équiper les écoles.
La tournée s’est prolongée par une halte au Centre de Santé Intégré, récemment doté d’un autoclave grâce à la coopération ; puis à l’école primaire Mboukou-Songho, fraîchement réhabilitée. Les élèves ont offert un sketch en langue téké sur le thème de l’hygiène.
Des projets économiques visités sur le terrain
Au fil des visites, l’accent a été mis sur la valeur ajoutée des projets économiques locaux. À Ntsiaki, la scierie constitue un pôle d’emplois stables et verse une taxe forestière redistribuée à la communauté via de petits chantiers d’intérêt collectif.
À Boko-Songho, le forage d’eau potable mis en service l’an dernier dessert trois mille personnes. Les techniciens ont expliqué que la maintenance coûte 300 000 francs CFA par trimestre, un budget que la mairie couvre grâce à une redevance symbolique.
Plus loin, au village Minga, la société Géolan exploite une base-vie dédiée à la prospection minérale. Son responsable logistique, Patrice Koumbi, a souligné que trente pour cent du personnel est recruté localement et que des stages seront proposés aux lycéens techniques.
Le préfet a encouragé les entreprises à intégrer des programmes de responsabilité sociétale, citant en exemple l’installation prochaine d’un éclairage solaire dans deux écoles. « Les partenariats gagnant-gagnant dynamisent nos districts », a-t-il lancé devant les chefs de village réunis.
Prochaines étapes et retombées attendues
Au terme de cette première boucle, le préfet se dit confiant. Il a rappelé que les rapports de mission serviront de base au cadrage budgétaire 2026, en dialogue avec les directions départementales des infrastructures, de la santé et de l’éducation.
Il a insisté sur le rôle des comités villageois de développement, appelés à suivre l’exécution des décisions. « Je ne dispose pas d’une baguette magique, mais je dispose de votre bonne volonté », a-t-il glissé, déclenchant des applaudissements nourris.
Les populations, elles, retiennent surtout la présence physique de leur représentant. Pour Émilienne Mabiala, vendeuse de manioc, cette posture d’écoute « redonne espoir » et renforce les liens entre administrations et citoyens, un levier crucial pour la cohésion territoriale.
La tournée reprendra début novembre dans les districts de Mouyondzi et Loudima. D’ici là, les services techniques compileront les soucis identifiés et chiffreront les solutions. La Bouenza espère ainsi bâtir une feuille de route partagée et pragmatique.
