À Brazzaville, le Conseil consultatif de la femme (CCF) et le centre Hoz Fablab ont signé le 11 septembre un accord pour former, pendant six mois, des étudiantes congolaises aux métiers du numérique. Un partenariat qui entend bousculer une idée reçue.
Un partenariat signé à Brazzaville pour les étudiantes
La cérémonie s’est déroulée le 11 septembre à Brazzaville. Elle réunissait le Conseil consultatif de la femme, conduit par sa secrétaire exécutive, Yennie Clara Mathurine Osseté Mberi Moukietou, et le centre de formation en nouvelles technologies Hoz Fablab.
Pour le compte de Hoz Fablab, c’est Huster Akiera Obambé qui a paraphé le document. L’ambition affichée consiste à placer les bénéficiaires au cœur du développement de l’économie numérique, en ouvrant aux étudiantes congolaises des métiers trop souvent présentés comme masculins.
Six mois de formation, deux descriptions du contenu
Le partenariat s’inscrit dans le programme « Bourse Femme et Technologie, Génération Innovation », que le Conseil consultatif de la femme entend lancer avec Hoz Fablab. Les étudiantes retenues suivront une formation de six mois.
Sur le contenu exact du cursus, les deux présentations rapportées ne se recoupent pas entièrement. Selon Nicole Aurore, formatrice au centre Hoz Fablab, l’enseignement portera essentiellement sur la construction, la conception, la numérisation et la création de sites web.
La formatrice a précisé que les participantes auront également la possibilité d’héberger leur site en ligne, ainsi que d’autres opportunités, qui n’ont pas été détaillées.
La secrétaire exécutive du Conseil consultatif de la femme a, pour sa part, dessiné un programme plus large. S’adressant directement aux étudiantes, elle a évoqué « une formation intensive en développement web, intelligence artificielle, robotique, design numérique et entrepreneuriat ».
« Le numérique va aussi s’écrire au féminin »
Du côté de Hoz Fablab, Huster Akiera Obambé a choisi de s’attaquer frontalement à un préjugé. « C’est des métiers ou disciplines que souvent nous disons à tort que ce sont des métiers masculins. Mais non, le numérique va aussi s’écrire au féminin », a-t-il expliqué.
Son argument repose sur un constat interne : selon lui, l’essentiel, sinon l’ensemble, du corps enseignant du laboratoire est féminin. Autrement dit, ce sont des femmes qui transmettent les cours à d’autres femmes, appelées à devenir « les actrices également du numérique de demain ».
Ce détail n’est pas anodin. Dans un secteur que l’on présente souvent, selon ses propres termes, comme masculin, confier l’enseignement à des formatrices offre aux étudiantes des repères immédiats et la démonstration concrète que ces carrières leur sont ouvertes.
Huster Akiera Obambé a également salué les efforts de la secrétaire exécutive du CCF en faveur de la formation des femmes. « Ce premier pas, pour cette première aventure avec la secrétaire exécutive, va déjà montrer l’engagement de son département », a-t-il affirmé.
Il a ensuite lancé un appel direct : « Les femmes et les jeunes femmes, soyez également actrices du numérique. » Enfin, il a exhorté les étudiantes à devenir capables, au terme de leur formation, de fabriquer, de concevoir et de créer dans ce secteur.
Une ambition portée par le Conseil consultatif de la femme
Dans son intervention, Yennie Clara Mathurine Osseté Mberi Moukietou a d’abord rendu hommage au président de la République, Denis Sassou N’Guesso, saluant son engagement constant pour la promotion de la femme congolaise et la participation de celle-ci au développement national.
Sa ligne est claire : « Notre ambition est simple, donnez aux jeunes filles les moyens d’accéder aux métiers du numérique et de la technologie. Le développement de notre pays passe aussi par l’intelligence et le talent de sa jeunesse féminine. »
Pour la secrétaire exécutive, les femmes n’ont plus de limites : elles sont ingénieures, informaticiennes, entrepreneures, innovatrices. Un message de confiance adressé à des étudiantes qui, a-t-elle rappelé, ont été sélectionnées sur la base du mérite et de la motivation.
Elle leur a demandé de travailler « avec sérieux et audace ». « N’ayez pas peur de vous tromper. Osez créer », a-t-elle insisté, avant de fixer une attente précise : voir émerger, à la fin du parcours, des projets concrets, utiles à leurs communautés.
Transmettre pour faire naître une génération de technologues
La consigne la plus marquante tient peut-être à la fin de son adresse aux étudiantes : « Et surtout, transmettez ce que vous aurez appris à d’autres jeunes filles. » Le programme ne vise donc pas seulement les bénéficiaires directes, mais compte sur elles pour essaimer.
La secrétaire exécutive a d’ailleurs formulé le souhait que le programme « Bourse Femme et Technologie, Génération Innovation » marque, pour le Congo, le début d’une nouvelle génération de femmes technologues.
Elle a également remercié le centre de formation pour son engagement et les universités pour leur mobilisation.
La voix des étudiantes et les points en suspens
Sophia N’Chinga a parlé au nom de toutes les étudiantes : « Grâce à cette initiative portée par l’État, nous bénéficions d’une formation dans les domaines du numérique, de la technologie et de l’innovation, qui représente pour nous une étape importante dans notre parcours. »
Elle a conclu sur une note résolue : « Nous saisissons cette chance pour pouvoir apprendre, créer, innover et oser. »
Plusieurs éléments restent toutefois à préciser. Le nombre d’étudiantes sélectionnées, les universités mobilisées et la date de démarrage effective des cours ne sont pas indiqués. Le contenu définitif du cursus, décrit différemment selon les intervenantes, gagnera aussi à être clarifié.
Hoz Fablab, un hub d’innovation à Mpila
Yennie Clara Mathurine Osseté Mberi Moukietou et sa suite ont eu droit à une visite guidée des locaux et installations de Hoz Fablab. Implanté dans l’enceinte de Brazza Mall, à Mpila, Ouenzé, le centre se présente comme un hub de créativité et d’innovation.
Le programme devra désormais passer des intentions aux résultats. L’horizon fixé par la secrétaire exécutive est connu : au bout de six mois, des projets concrets utiles aux communautés, puis une transmission des acquis à d’autres jeunes filles.
