À Pointe-Noire, capitale économique du Congo-Brazzaville, un chantier hors norme se prépare. Le groupe MBTP, poids lourd du bâtiment et des travaux publics dans la sous-région, vient de remporter l’un des contrats portuaires les plus convoités d’Afrique centrale.
Un contrat de 150 millions de dollars pour MBTP
L’entreprise a décroché un marché évalué à 150 millions de dollars. Objectif : construire le nouveau terminal à conteneurs Noatum Ports de Pointe-Noire. MBTP n’avance pas seule sur ce dossier, mais aux côtés du groupe émirati AD Ports Group, opérateur reconnu à l’international.
La signature des contrats est intervenue le 7 mai 2026. L’événement s’est déroulé en présence du Premier ministre congolais, signe du poids politique accordé à cette infrastructure stratégique pour le commerce extérieur du pays.
Pour mener à bien les travaux, MBTP s’est associé à MAR CONTRACTING SARLU au sein d’une coentreprise. Cette structure conjointe permettra de répartir une charge technique considérable, à la mesure de l’ambition affichée par le projet.
Deux grands volets de travaux
Le chantier se divise en deux ensembles distincts. Le premier concerne les travaux maritimes proprement dits. Il comprend la construction du mur de quai, l’édification des structures marines ainsi que la réalisation des fondations destinées aux grues portuaires.
Le second volet porte sur les aménagements de surface. Y figurent la zone de stockage des conteneurs, les bâtiments opérationnels et les réseaux de services. S’ajoutent à cela les sous-stations électriques, indispensables au fonctionnement d’une plateforme logistique moderne.
Cette répartition reflète la complexité d’un terminal portuaire contemporain. Entre génie maritime et génie civil, les compétences mobilisées sont nombreuses. La coentreprise devra coordonner ces chantiers parallèles pour respecter le calendrier annoncé.
Un terminal taillé pour les géants des mers
Les dimensions du futur terminal donnent la mesure de l’investissement. L’installation s’étendra sur une surface de 100 000 mètres carrés. Une emprise qui place d’emblée le projet parmi les plus importants de la façade atlantique de l’Afrique centrale.
Le quai atteindra 420 mètres de longueur. Son tirant d’eau, fixé à 16 mètres, autorise l’accueil de très grands porte-conteneurs. Le terminal est ainsi dimensionné pour recevoir des navires de la classe Patagonia, parmi les plus imposants en circulation.
Cette capacité technique vise à renforcer l’attractivité de Pointe-Noire face à la concurrence régionale. En captant des navires de grande taille, le port espère consolider sa position de porte d’entrée maritime pour le Congo et son arrière-pays.
Une concession sur trois décennies
La durée d’exploitation prévue traduit une vision de long terme. La concession accordée court sur trente ans. Elle pourra être prolongée de vingt années supplémentaires, portant l’horizon potentiel à un demi-siècle d’activité pour les opérateurs.
Un tel cadre offre une visibilité appréciable aux investisseurs. Il permet d’amortir un capital lourd sur une période étendue. Cette stabilité contractuelle constitue souvent un argument décisif pour les partenaires internationaux engagés dans les infrastructures.
Jusqu’à 9 000 emplois en jeu
Au-delà du béton et de l’acier, le projet se mesure aussi à son empreinte sociale. Les autorités et les promoteurs tablent sur la création, à terme, de 9 000 emplois directs et indirects. Une perspective scrutée de près dans une ville en quête d’opportunités.
La phase de construction représente à elle seule 800 emplois. Ces postes accompagneront le déroulement des travaux durant toute leur durée. Ils mobiliseront une main-d’œuvre locale appelée à intervenir sur un chantier de grande envergure.
MBTP n’arrive pas en terrain inconnu. Le groupe emploie déjà plus de 1 000 personnes au Congo. Cette présence établie lui confère une connaissance du tissu économique local, atout précieux pour recruter et organiser les équipes nécessaires.
Une livraison attendue d’ici deux ans
Le calendrier reste serré. La livraison du terminal est espérée dans un délai d’environ deux ans. Un horizon ambitieux compte tenu de l’ampleur des travaux maritimes et terrestres à mener de front sur le site portuaire.
Si ce délai est tenu, Pointe-Noire disposera bientôt d’un outil logistique modernisé. L’enjeu dépasse la seule ville : il touche la compétitivité commerciale du Congo-Brazzaville tout entier, dont les échanges transitent largement par cette façade maritime.
Reste désormais à transformer l’essai. Entre les chantiers maritimes complexes, la coordination des partenaires et les promesses d’emploi, le projet concentre de fortes attentes. Les prochains mois diront si l’ambition affichée se traduit concrètement sur le quai de Pointe-Noire.
