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    Accueil»Santé»Francine Ntoumi presse l’État d’investir dans la science
    Santé

    Francine Ntoumi presse l’État d’investir dans la science

    Publié par Ariane Makaya05/04/2026
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    Devant les députés, un plaidoyer pour la science

    La professeure Francine Ntoumi a été reçue par la Commission Éducation, Culture, Science et Technologie de l’Assemblée nationale du Congo. L’audition portait sur une conviction simple, longtemps reléguée au second plan des priorités budgétaires : la recherche scientifique conditionne l’avenir sanitaire du pays.

    La parasitologue n’a pas cherché les détours. Devant les parlementaires, elle a plaidé pour « un engagement accru de l’État pour la recherche et la santé ». Une formule directe, presque un avertissement, adressée à ceux qui votent chaque année les crédits de la Nation.

    Investir aujourd’hui, protéger demain

    Le cœur de son intervention tient dans une phrase qu’elle a martelée : « investir dans la science aujourd’hui, c’est protéger nos populations demain ». L’idée dépasse le slogan. Elle relie le laboratoire au dispensaire, le financement public à la santé concrète des familles congolaises.

    Pour la chercheuse, la souveraineté sanitaire ne se décrète pas. Elle se construit, patiemment, par des moyens accordés à ceux qui cherchent. Un pays dépendant des solutions venues d’ailleurs reste, selon cette logique, vulnérable face aux crises qu’il n’aura pas anticipées sur son propre sol.

    Pourquoi le Parlement est concerné

    Devant la commission, la Pr Ntoumi a déroulé les raisons qui justifient l’attention des élus. La première touche à la santé citoyenne, premier bénéfice attendu d’une recherche soutenue. Améliorer le quotidien sanitaire des populations suppose des structures dotées, pas seulement des intentions.

    Vient ensuite l’économie. La science, a-t-elle suggéré, n’est pas une dépense pure mais un levier de développement. Former des chercheurs, retenir les talents, produire des connaissances : autant de gains susceptibles de nourrir l’activité nationale au-delà du seul secteur médical.

    La sécurité sanitaire complète le tableau. Les épisodes épidémiques récents ont rappelé combien la capacité à diagnostiquer et à comprendre les maladies sur place demeure stratégique. Répondre aux besoins réels des populations exige cette autonomie scientifique, plutôt qu’une réaction tardive et coûteuse.

    Une voix qui porte au-delà des frontières

    Le poids de ce plaidoyer doit beaucoup au parcours de celle qui le porte. Parasitologue, la Pr Ntoumi a consacré l’essentiel de ses travaux au paludisme, fléau persistant en Afrique centrale. Sa parole sur la santé publique s’appuie ainsi sur des décennies de terrain et de paillasse.

    En 2008, elle fonde la Fondation Congolaise pour la Recherche Médicale, institution devenue un repère de la recherche nationale. Avant cela, entre 2007 et 2010, elle dirige le secrétariat de l’Initiative Multilatérale sur le paludisme. Elle est la première femme africaine à occuper cette fonction.

    Récompensée par plusieurs prix internationaux, la chercheuse incarne une réussite scientifique congolaise rarement mise en lumière. Son audition à l’Assemblée nationale prend, à ce titre, une valeur symbolique : celle d’une expertise nationale invitée à éclairer la décision publique.

    Encourager les vocations féminines

    Au-delà des laboratoires, la Pr Ntoumi s’est attachée à préparer la relève. Elle a créé une bourse scolaire destinée à encourager les jeunes filles congolaises à se tourner vers les sciences, domaines où leur présence reste souvent minoritaire.

    Cette démarche éclaire son intervention parlementaire d’un autre jour. Plaider pour la recherche, c’est aussi plaider pour ceux et celles qui la feront demain. Sans relève formée et motivée, les budgets votés resteraient lettre morte, faute de bras et d’esprits pour les employer.

    Un message adressé aux décideurs

    L’audition n’a pas débouché sur des engagements chiffrés rendus publics. Elle a surtout posé un cadre de réflexion à l’intention de ceux qui orientent les politiques publiques. La balle, désormais, se trouve dans le camp des institutions appelées à traduire ces principes en moyens.

    Reste une question, posée en creux par toute l’intervention. Le Congo entend-il faire de la recherche scientifique un pilier de sa politique de santé, ou la laissera-t-il aux marges des arbitrages budgétaires ? La réponse appartient aux responsables qui ont écouté la professeure.

    Pour l’heure, c’est une voix experte et engagée qui s’est fait entendre sous les ors de l’Assemblée. Une voix qui rappelle, avec constance, que la santé d’une nation se prépare dans ses laboratoires autant que dans ses hôpitaux, et que l’avenir se finance maintenant.

    Assemblée nationale Congo-Brazzaville FCRM Francine Ntoumi Recherche scientifique santé publique
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