Deux départements meurtris reçoivent enfin un appui concret. Le 26 février, une opération d’assistance humanitaire a démarré dans cinq districts du Pool et du Djoué-Léfini, plusieurs semaines après les violences qui avaient bouleversé la vie de milliers d’habitants de cette région du Congo-Brazzaville.
Une réponse aux incidents du 11 janvier
Tout remonte aux incidents violents du 11 janvier 2026 survenus à Mindouli. Ces événements avaient provoqué l’exode d’une partie des populations, désertant villages et localités dans la précipitation, contraintes de tout abandonner derrière elles.
La situation ne s’était pas arrêtée à Mindouli. Les opérations de sécurité menées dans la foulée ont semé la panique dans les districts voisins de Kindamba, Vindza, Kimba et Mayama. Au total, cinq districts se sont retrouvés directement touchés par cette onde de choc.
Face à l’ampleur des besoins, le Cadre de concertation pour la paix et la stabilité des Départements du Pool et Djoué-Léfini a pris les choses en main. C’est cette structure qui a déclenché l’opération d’assistance humanitaire, avec l’objectif de soulager des familles fragilisées.
Isidore Mvouba aux commandes de l’opération
La conduite de l’initiative a été confiée à Isidore Mvouba, président de l’Assemblée nationale. Sa présence a donné un poids institutionnel évident à une démarche qui se voulait à la fois symbolique et opérationnelle sur le terrain.
L’opération a été financée par un don du président Denis Sassou-Nguesso. Ce soutien venu du sommet de l’État a permis de réunir les moyens nécessaires pour acheminer rapidement vivres et appuis vers des zones longtemps coupées de l’attention publique.
Pour rejoindre Mindouli et Kindamba, une forte délégation s’est déplacée par hélicoptère. Elle réunissait des parlementaires, des leaders politiques et des cadres ressortissants de la région, signe de la mobilisation transversale autour de ce dossier sensible.
Ce que contient l’assistance distribuée
Le contenu du don répond aux besoins immédiats des sinistrés. Il comprend d’abord des vivres : du riz, du poisson salé, du haricot, de l’huile, du café et du sel, autant de denrées de première nécessité pour des foyers privés de leurs réserves habituelles.
À ces produits alimentaires s’ajoutent des articles non alimentaires. Du savon et des ustensiles en plastique ont été remis aux bénéficiaires, afin de couvrir une partie des besoins du quotidien dans des conditions de vie très précaires.
L’aide ne s’arrête pas aux marchandises. Une assistance financière a également été prévue pour les agriculteurs et les maraîchers ayant perdu leurs moyens de subsistance. Cette mesure vise à relancer une activité économique locale durement frappée par la crise.
Mindouli et Kindamba donnent le ton
Les cérémonies de lancement ont rassemblé les populations dans des lieux symboliques. À Mindouli, c’est la Place Mabiala Manganga qui a accueilli l’événement, tandis qu’à Kindamba, les habitants se sont retrouvés à la Place Mbiémo pour la distribution.
Ces rassemblements ont permis de remettre l’aide de manière publique, sous le regard des autorités et des bénéficiaires. La forte mobilisation locale a témoigné de l’attente suscitée par cette opération dans des communautés éprouvées par les récents événements.
L’opération se prolonge dans le Djoué-Léfini
Le mouvement ne s’est pas limité au Pool. Le 2 mars, l’assistance s’est poursuivie dans les localités de Kimba, Vindza et Mayama, situées dans le nouveau Département du Djoué-Léfini, étendant ainsi la couverture de l’initiative.
Cette seconde phase a confirmé la volonté d’embrasser l’ensemble des districts affectés. En portant l’aide jusqu’à ces localités, les organisateurs ont cherché à ne laisser de côté aucune des zones touchées par l’exode et la panique.
Au-delà de la distribution matérielle, l’opération porte une dimension politique et sociale. Elle traduit la recherche d’un retour à la stabilité dans deux départements où la confiance reste à reconstruire après une période particulièrement tendue.
Reste désormais la question de la suite. Les familles qui ont fui leur localité attendent des conditions sûres pour rentrer, et les agriculteurs comptent sur l’appui annoncé pour reprendre durablement le chemin des champs et des marchés.
