Brazzaville s’est arrêtée un instant pour saluer l’un des siens. Le 21 février, au Palais des congrès, les corps constitués de la République ont rendu un dernier hommage à Saturnin Okabé, ancien ministre des Finances. La cérémonie s’est tenue en présence du président Denis Sassou N’Guesso.
Une cérémonie d’État au Palais des congrès
L’ancien ministre s’est éteint le 5 février en France, à l’âge de 89 ans. Sa dépouille a été ramenée dans la capitale congolaise pour des funérailles à la hauteur de son parcours. Autorités et représentants de la société civile s’étaient réunis pour ce moment de recueillement.
Le chef de l’État s’est incliné devant la dépouille de l’illustre disparu. Il a ensuite consolé la famille éplorée, avant le départ du cortège funèbre. Le défunt repose désormais au cimetière du centre-ville de Brazzaville.
Un parcours forgé entre le savoir et le service public
Né en 1937 à Ifoundaka, dans le district de Makoua, au cœur de la Cuvette, Saturnin Okabé s’engage très jeune sur le chemin des études. Cette trajectoire le conduit jusqu’en France, à l’École des douanes de Neuilly-sur-Seine, où il décroche brillamment son diplôme.
De retour au pays, il devient le tout premier directeur général des douanes congolaises. Il prend par la suite la tête de la société Hydro-Congo, marquant ainsi le secteur économique national de son empreinte.
Sa carrière gouvernementale épouse une période charnière. Ministre des Finances et du Budget de 1973 à 1976, il occupe ensuite le portefeuille du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme de 1976 à 1977. Deux fonctions au sommet de l’appareil d’État congolais.
L’éloge d’un homme de conviction
L’éloge funèbre est revenu à Florent Ntsiba, ministre d’État et directeur de cabinet du chef de l’État. Il a rappelé combien le disparu incarnait une certaine idée de l’engagement politique, fidèle à des principes tenus avec constance.
Selon ses mots, Saturnin Okabé « s’était inscrit dans l’exercice d’une opposition expurgée de toute méchanceté, de toute violence ». Une manière de faire de la politique sans renier le respect de l’adversaire.
Ancien président et secrétaire général du Rassemblement pour la démocratie et le développement, le défunt laisse l’image d’un grand serviteur de la nation. Florent Ntsiba a salué un homme capable de « sublimer le courage, le sens de la responsabilité et du devoir ».
Au-delà de l’hommage protocolaire, c’est tout un pan de l’histoire administrative et politique congolaise qui s’écrit avec la disparition de cette figure. De la création des douanes nationales aux responsabilités ministérielles, son nom reste attaché à plusieurs étapes de la construction de l’État.