Le centre d’insertion et de réinsertion sociale d’Aubéville a rouvert ses portes le 12 août. Pour l’occasion, le président Denis Sassou N’Guesso s’est adressé à sa première promotion et lui a fixé un cap sans détour : la discipline avant tout.
Un cap fixé à la jeunesse de la Bouénza
Devant ces jeunes du département de la Bouénza, le chef de l’État a insisté sur l’importance de la discipline durant toute leur formation. Il les a exhortés à davantage de conscience de soi, préalable, selon lui, à toute réussite personnelle.
Le ton, ferme, donnait la mesure des attentes. Il ne s’agissait pas d’un discours de circonstance, mais d’un contrat moral posé d’emblée entre l’institution et sa première promotion, appelée à montrer l’exemple pour les suivantes.
À Aubéville, ce premier groupe inaugure une page. En l’accueillant, le centre entend prouver qu’une trajectoire abîmée peut se redresser, pour peu que le cadre et l’accompagnement soient au rendez-vous jusqu’au bout du parcours.
Une discipline « de type militaire » assumée
Le président ne s’est pas contenté d’un appel général. Il a demandé au personnel d’encadrement de faire respecter une discipline de type militaire, marquant sa volonté d’un cadre strict, sans relâchement, du premier au dernier jour de l’apprentissage.
L’avertissement s’est fait explicite. En son absence, a-t-il prévenu, il ne veut entendre parler ni de fugues ni de mauvaise conduite. La consigne vise autant les pensionnaires que ceux chargés de les encadrer au quotidien.
Cette exigence n’a rien de gratuit. Pour l’exécutif, l’ordre et l’assiduité constituent le socle d’un parcours crédible. Sans eux, la formation risquerait de se diluer et de manquer son objectif premier, l’insertion réelle de ces jeunes.
Aubéville réhabilité, un pari sur l’avenir
La réouverture du site n’a rien d’anodin. Le président a rappelé que la réhabilitation du centre d’Aubéville avait représenté un effort et un sacrifice considérables, consentis par les pouvoirs publics comme par les familles concernées.
Ces familles, a-t-il souligné, n’avaient pas abandonné leurs enfants. La réhabilitation apparaît ainsi comme le fruit d’une responsabilité partagée, où l’État et les proches convergent vers un même but : ne laisser personne au bord du chemin.
Le chef de l’État a salué l’organisation de l’établissement et la qualité de ses équipements. Des dortoirs et des cuisines modernes accueillent désormais les pensionnaires, offrant des conditions de vie qu’il a lui-même jugées remarquables.
De Mbounda à Aubéville, la mémoire d’un chemin
Pour marquer les esprits, il a convoqué un souvenir personnel. En 1956, à l’École normale de Mbounda, les conditions d’accueil qu’il avait connues étaient, a-t-il rappelé, bien plus rudes que celles offertes aujourd’hui à Aubéville.
La comparaison, presque intime, portait un message clair. Les moyens réunis désormais dépassent largement ceux d’hier. Aux jeunes, dès lors, de mesurer la valeur d’un tel cadre et de ne pas gâcher l’occasion qui leur est donnée.
« La nation ne vous a pas abandonnés »
« La nation ne vous a pas abandonnés », a lancé Denis Sassou N’Guesso à l’assistance. La formule résume l’esprit du dispositif : tendre la main à des jeunes que la société aurait pu tenir à l’écart.
À cette main tendue répond toutefois une contrepartie. La réussite, a insisté le président, ne se décrète pas : elle se construit par la discipline, l’engagement et un travail constant, faute de quoi l’effort collectif resterait vain.
« Il n’y a pas de métier honteux »
Le président a également voulu réhabiliter le travail manuel. « Il n’y a pas de métier honteux », a-t-il rappelé, invitant les pensionnaires à embrasser sans complexe l’apprentissage d’un savoir-faire concret et utile.
Derrière la formule se profile un enjeu d’emploi bien réel. En acquérant des compétences valorisables sur le marché, ces jeunes pourraient, selon lui, atteindre l’indépendance financière et se construire un avenir par eux-mêmes.
Le président est allé plus loin. Certains d’entre eux, a-t-il estimé, pourraient un jour accéder à des postes en vue dans le pays. Une perspective destinée à nourrir l’ambition d’une promotion partie de loin.
Un modèle d’insertion à l’épreuve du terrain
Reste l’essentiel : transformer l’intention en résultats. Le centre d’Aubéville se présente comme un espace où encadrement strict et formation professionnelle doivent converger vers un même objectif, l’autonomie durable de ces jeunes.
Le message présidentiel dessine une méthode plus qu’une promesse. Rigueur, apprentissage et responsabilité y forment un triptyque, où chaque jeune reste comptable de ses efforts autant que l’institution l’est de ses moyens.
L’expérience sera scrutée de près. Sa portée dépendra de la constance des pensionnaires autant que de l’implication des encadrants appelés à tenir la ligne fixée par le chef de l’État.
Pour la Bouénza, l’enjeu dépasse le seul centre. Si le pari d’Aubéville tient ses promesses, il pourrait esquisser une réponse concrète au défi persistant de l’insertion des jeunes, dans le département comme ailleurs au Congo.
