Du 9 au 11 septembre, Owando a accueilli la 6e édition de « l’École de la jeune fille ». Au programme de ce séminaire gratuit organisé par la Fondation Dorcy Bandzami : savonnerie, pâtisserie et sensibilisation aux grossesses précoces.
Trois jours de formation gratuite au cœur de la Cuvette
Pendant trois jours, des jeunes filles ont troqué le rythme des vacances contre des séances de travail. Owando, chef-lieu du département de la Cuvette, a servi de cadre à ce séminaire de formation gratuit, placé sous le thème « Revenons à nos valeurs ».
L’initiative revient à la Fondation Dorcy Bandzami, qui organisait là la sixième édition de son École de la jeune fille. Elle part d’une conviction : pour bâtir demain une société meilleure, il faut investir dès aujourd’hui dans l’éducation et l’épanouissement des jeunes filles.
Le calendrier n’a rien d’un hasard. En plaçant la session en pleine période de vacances, la fondation a voulu proposer un espace d’apprentissage, d’échange et de découverte, et tirer les participantes du divertissement comme de l’oisiveté.
Savonnerie et pâtisserie, un savoir-faire à emporter
Le volet pratique s’est articulé autour de deux métiers, la savonnerie et la pâtisserie. Pour les participantes, l’enjeu ne se limitait pas à écouter : il s’agissait de mettre la main à la pâte et d’acquérir des gestes utiles.
La fondation assume l’objectif : montrer à ces jeunes filles qu’elles peuvent apprendre un savoir-faire, développer leur créativité et éventuellement transformer une compétence en activité génératrice de revenus. Le mot « éventuellement » a son importance, car la démarche ne promet pas de débouché immédiat.
Dorcy Bandzami a résumé le cap sans détour : « Notre ambition est donc de contribuer à former des jeunes filles responsables, conscientes de leur valeur, autonomes et capables d’apporter quelque chose de positif à leur communauté ».
Grossesses précoces : informer plutôt que moraliser
Au-delà des ateliers, les participantes ont été sensibilisées à des réalités auxquelles elles sont confrontées très tôt. Les relations amoureuses, la pression du groupe, les rapports sexuels et les grossesses précoces figuraient parmi les thèmes abordés.
La liste ne s’arrêtait pas là. Les violences, les manipulations affectives, l’exposition à des contenus inappropriés sur Internet et certaines formes de dépendance ont également été évoquées lors du séminaire.
Dorcy Bandzami part d’un constat : « Les jeunes sont exposés à diverses informations à travers les réseaux sociaux, Internet et leur environnement. Certaines de ces informations sont positives, mais d’autres peuvent malheureusement les conduire vers des comportements qui peuvent avoir des conséquences importantes sur leur avenir », a-t-elle indiqué.
Pour la fondation, il n’est pas question de faire la morale aux jeunes filles, mais de leur fournir des informations et des repères afin qu’elles prennent des décisions éclairées. Une nuance de taille sur des sujets aussi sensibles que la sexualité ou les grossesses précoces.
« Revenons à nos valeurs », le fil conducteur
Le thème retenu vise à rendre à chaque jeune fille la conscience de sa valeur. Ne pas se dévaloriser, ne pas la chercher uniquement dans le regard des autres : sa dignité ne dépend ni de son apparence, ni de ses relations amoureuses, ni de ce qu’elle possède.
Les enseignements théoriques ont décliné cette idée autour de cinq notions : le respect, l’intégrité, la responsabilité, la solidarité et l’excellence. Des valeurs qui, selon les organisateurs, doivent naître dans la famille puis se prolonger à l’école, dans les amitiés, dans la vie professionnelle et dans la société.
Dans la tête, le cœur et les mains
Que retiennent concrètement les participantes de ces trois jours à Owando ? La fondation a sa propre grille de lecture, que Dorcy Bandzami a résumée en une image.
« Notre souhait est qu’elles ne repartent pas de l’École de la jeune fille comme elles y sont arrivées. Nous voulons qu’une participante reparte avec quelque chose dans la tête, le cœur ainsi que dans les mains », a-t-elle déclaré.
La formule se lit presque comme un programme : des repères dans la tête, des valeurs dans le cœur, et dans les mains, la savonnerie et la pâtisserie apprises durant la session.
Les suites, elles, varieront d’une jeune fille à l’autre. « Certaines pourront poursuivre leurs études, d’autres pourront approfondir les compétences acquises ou commencer progressivement une petite activité », a-t-elle précisé.
Pas d’obligation de résultat immédiat, donc. Même si une jeune fille ne transforme pas tout de suite la formation en activité professionnelle, la fondation estime que la sensibilisation reçue peut avoir un impact important sur son parcours.
Aux participantes, Dorcy Bandzami a adressé plusieurs encouragements : continuer à apprendre, développer leurs talents, respecter leurs familles, faire des choix responsables et, surtout, croire qu’elles peuvent construire quelque chose de positif avec leur vie.
Une fondation née à Dakar en 2020
La Fondation Dorcy Bandzami a vu le jour le 13 juin 2020 à Dakar, au Sénégal. Aux yeux de Dorcy Bandzami, la structure est avant tout une histoire de service, portée par la volonté d’apporter une contribution concrète à la société.
Son action repose sur deux piliers. Le premier, baptisé Opération Retane, entend apporter le sourire et la joie à travers une œuvre de charité et un soutien aux personnes âgées et handicapées.
Le second n’est autre que l’École de la jeune fille, dont la vocation est d’éduquer, d’encadrer et de conscientiser les jeunes filles sur les bonnes valeurs. Le rendez-vous d’Owando s’inscrit dans cette seconde branche.
Parents, écoles et Églises appelés à prendre leur part
Au terme de son intervention, Dorcy Bandzami a élargi le propos au-delà du séminaire. Elle a invité les parents, l’école, les associations et les églises à prendre leurs responsabilités dans l’éducation des enfants.
Cette éducation, a-t-elle souligné, ne concerne pas uniquement certaines catégories de jeunes. Enfants et adolescents sont exposés très tôt à des réalités auxquelles ils ne sont pas toujours préparés. Un appel qui renvoie chacun à sa part du travail, bien au-delà des trois jours passés à Owando.
