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    Environnement

    A Brazzaville, le vert devient couleur officielle

    Publié par Sylvie Nkouka24/07/2025
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    Cap vers une gouvernance environnementale rénovée

    En Conseil des ministres, sous l’égide du président Denis Sassou Nguesso, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, Arlette Soudan-Nonault, a présenté un décret refondant le régime des études et notices d’impact environnemental et social. L’adoption de ce texte parachève la loi no 33-2023 sur la gestion durable de l’environnement, promulguée en novembre dernier, et offre au Congo un cadre réglementaire actualisé, en phase avec les mutations climatiques et économiques mondiales.

    Diversification économique et exigence verte indissociables

    Le nouveau décret intervient alors que Brazzaville intensifie ses efforts de diversification hors pétrole, misant sur l’agro-industrie, la foresterie certifiée et les infrastructures de transport. Pour sécuriser ces investissements, les bailleurs requièrent une lecture transparente des risques écologiques. Désormais, tout maître d’ouvrage – qu’il s’agisse d’un consortium minier ou d’une coopérative agricole – devra intégrer, dès la phase de conception, une matrice d’impacts sociales et environnementales validée par l’administration compétente. Ce verrou réglementaire limite les passifs écologiques et rassure la communauté financière internationale (Banque africaine de développement, 2024).

    Un appareil institutionnel renforcé et professionnalisé

    Le texte dote l’État de leviers de contrôle plus exigeants : délai encadré d’instruction des dossiers, habilitation stricte des bureaux d’études, publication systématique des conclusions en accès public. La Direction générale de la protection de l’environnement disposera d’équipes dédiées à la vérification in situ des mesures d’atténuation, tandis que les contrevenants s’exposeront à des sanctions pécuniaires dissuasives. Cette architecture institutionnelle répond aux recommandations formulées par le Programme des Nations unies pour l’environnement lors de la COP 28, qui soulignait la nécessité de passer d’une logique de conformité formelle à une logique de performance mesurable.

    Synergies régionales et crédibilité climatique

    En alignant son cadre juridique sur les standards de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, le Congo se positionne en vecteur d’harmonisation régionale. Les partenaires techniques saluent une avancée qui facilitera les projets transfrontaliers, notamment la modernisation du corridor Pointe-Noire–Brazzaville-Bangui. Sur le plan diplomatique, Brazzaville consolide ainsi son rôle de « capitale verte » de l’Afrique centrale, déjà mis en avant lors du Sommet des Trois Bassins forestiers en octobre 2023.

    La société civile, vigie ou partenaire ?

    Le décret consacre la consultation publique comme étape obligatoire et documentée. Associations locales et communautés autochtones disposent désormais d’un délai minimal de trente jours pour formuler leurs observations. Si certains acteurs redoutent une participation symbolique, d’autres y voient l’émergence d’un dialogue structuré entre pouvoirs publics, secteur privé et population. La plateforme nationale des ONG environnementales estime que « l’accès élargi à l’information prévient les conflits sociaux et renforce la légitimité des investissements » (Coalition verte congolaise, 2024).

    Un signal positif envoyé aux investisseurs responsables

    Les premières réactions des chambres de commerce étrangères sont empreintes d’optimisme prudent. Le texte clarifie le calendrier d’approbation des projets, réduisant l’incertitude réglementaire, tout en imposant des garde-fous conformes aux critères ESG adoptés par les marchés financiers. Dans un contexte où l’accès aux capitaux est de plus en plus indexé sur la performance durable, ce décret offre au Congo un avantage comparatif : celui de pouvoir présenter des projets conformes aux exigences de la Taxonomie européenne et de l’Initiative pour la finance verte de Pékin.

    Challenges de mise en œuvre et perspectives

    La réussite de ce dispositif reposera toutefois sur la montée en compétence rapide des administrations et sur le financement des audits post-projets. Brazzaville explore déjà des partenariats avec l’Agence française de développement pour former cent cadres en évaluation environnementale d’ici 2026. En parallèle, un fonds national d’expertise indépendante, alimenté par une redevance sur les grands chantiers, devrait voir le jour afin de garantir l’impartialité des diagnostics.

    En consolidant sa gouvernance verte, la République du Congo envoie un message clair : le développement économique n’est plus antinomique avec la préservation de son patrimoine forestier. Cette trajectoire, soutenue par un arsenal réglementaire modernisé, pourrait inspirer ses voisins et s’inscrire dans l’ambition continentale de neutralité carbone à l’horizon 2050.

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