L’affaire qui secoue le football congolais vient de franchir une nouvelle étape. Après une lourde condamnation prononcée à Brazzaville, le dossier de l’ancien président de la Fédération congolaise de football quitte les frontières nationales pour gagner une dimension internationale.
Une perpétuité prononcée en l’absence de l’accusé
Le 10 mars 2026, le Tribunal de Grande Instance de Brazzaville a reconnu Jean-Guy Blaise Mayolas coupable de plusieurs infractions financières. Absent à son procès, l’ancien dirigeant a été jugé par contumace, une procédure qui permet à la justice de statuer malgré le défaut de comparution de la personne poursuivie.
Les chefs retenus contre lui sont nombreux. Le tribunal a relevé le blanchiment d’argent, le faux et l’usage de faux, l’utilisation de documents falsifiés ainsi que le détournement de fonds. Ces qualifications dessinent le portrait d’une gestion mise en cause sur plusieurs plans à la tête de la Fecofoot.
Plus d’un million de dollars de la FIFA en jeu
Au cœur du dossier figure une somme précise. La justice congolaise reproche à Jean-Guy Blaise Mayolas le détournement de 1,1 million de dollars de fonds alloués par la FIFA, soit environ 621 500 000 francs CFA. Ce montant constitue l’un des points centraux de l’accusation.
Ces fonds, destinés au développement du football national, se retrouvent ainsi au centre d’une procédure pénale. Pour la fédération comme pour l’instance mondiale, l’enjeu dépasse le simple cadre sportif et touche à la confiance accordée aux dirigeants chargés de gérer ces ressources.
Le recours à Interpol pour retrouver l’ancien dirigeant
Selon le quotidien britannique The Guardian, les autorités de la République du Congo auraient entrepris des démarches auprès d’Interpol. L’objectif affiché serait d’obtenir un mandat d’arrêt international afin de localiser et d’interpeller l’ancien patron du football congolais, désormais introuvable sur le territoire.
D’après les mêmes informations, Jean-Guy Blaise Mayolas aurait quitté le pays plusieurs semaines avant l’ouverture de son procès. Il aurait voyagé accompagné de son épouse et de son fils, devançant ainsi l’échéance judiciaire qui l’attendait à Brazzaville.
Cette saisine, si elle se confirme, illustre la volonté des autorités de ne pas laisser le dossier s’enliser. En sollicitant l’organisation internationale de police criminelle, Brazzaville cherche à étendre sa capacité d’action au-delà de ses frontières pour ramener l’intéressé devant la justice.
Une chute amorcée dès 2024
Le parcours de Jean-Guy Blaise Mayolas avait déjà connu un tournant décisif. En septembre 2024, le ministère des Sports l’avait déchu de ses fonctions à la tête de la fédération. Cette décision intervenait sur fond d’accusations de mauvaise gestion financière visant son administration.
De la révocation administrative à la condamnation pénale, le dossier a donc suivi une progression continue. Ce qui relevait d’abord d’un différend de gouvernance sportive s’est mué en une affaire judiciaire lourde, désormais portée sur la scène internationale par la démarche entreprise auprès d’Interpol.
Un fils condamné à la même peine
L’ancien président n’est pas le seul membre de sa famille concerné par cette procédure. Son fils, également poursuivi dans cette affaire, a été condamné à la même peine de réclusion criminelle à perpétuité, lui aussi par contumace, ce qui suppose son absence lors du jugement.
Cette double condamnation au sein d’une même famille renforce le caractère exceptionnel du dossier. Elle souligne l’ampleur des reproches formulés par la justice congolaise, qui a frappé d’une sanction maximale les deux principaux mis en cause de cette affaire de détournement.
Des collaborateurs sanctionnés pour complicité
D’autres responsables de la fédération ont vu leur sort scellé dans le cadre de la même procédure. Le secrétaire général de la Fecofoot, Badji Mombo Wantete, et le trésorier Raoul Kanda figurent parmi les personnes condamnées par le tribunal de Brazzaville.
Arrêtés fin février puis jugés, les deux hommes ont été reconnus coupables de complicité. Chacun a écopé d’une peine de cinq ans de prison. Contrairement à Jean-Guy Blaise Mayolas et à son fils, ils étaient présents pour répondre des faits qui leur étaient reprochés.
Un dossier qui dépasse désormais le cadre national
Avec cette saisine d’Interpol, l’affaire Mayolas illustre la manière dont un litige né au sein d’une fédération sportive peut prendre une ampleur considérable. Les démarches engagées par Brazzaville traduisent une détermination à voir l’ancien dirigeant comparaître malgré son départ du territoire.
Reste à savoir quelle suite concrète sera donnée à cette procédure internationale. Pour le football congolais, ce dossier laisse des traces durables et pose, en filigrane, la question de la gestion et du contrôle des fonds confiés à ses instances dirigeantes.
