Un comité de direction décisif à Brazzaville
Le 12 décembre, la salle de conférence du siège de l’Agence nationale de l’aviation civile vibrait au rythme des échanges budgétaires. Autour de Ferdinand Sosthène Likouka, directeur de cabinet du ministre des Transports, les administrateurs ont planché sur la trajectoire financière et opérationnelle de l’institution.
Clôturant la série de sessions de l’année, la réunion s’est tenue dans un contexte de croissance continue du trafic intérieur et régional. Les responsables ont insisté sur l’urgence d’adapter les moyens de l’Anac à la montée en puissance des dessertes domestiques et à la densification des liaisons africaines.
Recettes et dépenses équilibrées pour 2026
Le budget adopté s’élève à 9 244 260 500 FCFA en recettes contre 9 237 336 000 FCFA en dépenses. Ce léger excédent, fruit d’une mobilisation accrue des redevances aéronautiques, offrira une marge de manœuvre pour des investissements ciblés sans recourir à un financement extérieur.
Les postes de dépense les plus conséquents concernent le maintien en condition opérationnelle des équipements de navigation, l’amélioration des services aux usagers et la poursuite de la digitalisation des procédures administratives, considérées comme vecteur d’agilité et de transparence.
Cap sur la gouvernance et la transparence
Les administrateurs ont validé le procès-verbal de la session précédente, le rapport de la réunion du 2 décembre 2024 et le projet de rapport d’activités 2024. L’objectif affiché est de consolider un suivi rigoureux des indicateurs, dans la ligne des recommandations des partenaires techniques internationaux.
En interne, la direction prépare l’introduction d’outils numériques de contrôle budgétaire. Les responsables espèrent ainsi réduire les délais de traitement des dossiers et fiabiliser les prévisions, un signal fort adressé aux compagnies opérant sur le territoire comme aux investisseurs potentiels.
Priorité aux ressources humaines techniques
Le comité de direction a dressé la liste des urgences sociales. Les agents ayant cumulé trois contrats à durée déterminée devraient accéder à une situation plus stable. La mesure vise à retenir les compétences clés, notamment dans les métiers de la météorologie et de la circulation aérienne.
Le déficit actuel de personnel technique pèse sur la continuité de service dans certains aérodromes secondaires. Un plan de recrutement, associé à un programme de formation continue, sera soumis au prochain conseil d’administration afin d’anticiper les départs à la retraite et l’ouverture prévue de nouvelles plateformes régionales.
Une transition institutionnelle encadrée
La réunion intervient après l’entrée en vigueur du décret 2025-369 du 3 novembre 2025 redéfinissant l’organisation des établissements publics. Selon ce texte, l’Anac sera désormais administrée par un conseil d’administration et gérée par une direction générale, modèle jugé plus lisible pour les partenaires.
Les travaux ont donc intégré un calendrier de bascule vers la nouvelle gouvernance. Les services juridiques peaufinent les projets de statuts tandis que le département financier élabore un manuel de procédures réactualisé. L’ensemble devra être prêt pour le premier trimestre 2026, date d’installation officielle du futur conseil.
La feuille de route de la tutelle
« Nous devons assurer une transition harmonieuse, rigoureuse et exemplaire », a martelé Ferdinand Sosthène Likouka en ouvrant les discussions. Pour le représentant du ministre, l’unification des méthodes de gestion conditionne la capacité de l’Agence à remplir ses missions régaliennes et à garantir la sécurité aérienne.
Il a appelé les participants à un suivi rapproché des actions non exécutées lors des précédentes sessions. Une matrice sera mise à jour chaque trimestre afin de mesurer l’avancement des chantiers, des régularisations contractuelles aux acquisitions d’équipements, en passant par la certification continue des infrastructures.
Perspectives pour le secteur aérien national
Avec l’adoption de ce budget, l’Anac se dit prête à accompagner l’essor du transport aérien congolais. Les investissements prévus dans les aides à la navigation et la formation du personnel devraient améliorer la ponctualité et rassurer les compagnies sur la fiabilité des services.
À moyen terme, l’agence ambitionne d’aligner ses pratiques sur les normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale. Des audits conjoints avec les autorités voisines sont programmés afin de mutualiser l’expertise et renforcer l’interopérabilité régionale, atout clé pour la compétitivité de Brazzaville et Pointe-Noire.
La stratégie intègre également l’optimisation énergétique des installations, en phase avec les engagements climatiques du pays. Le recours accru à l’énergie solaire pour l’alimentation des balises devrait réduire les coûts d’exploitation et l’empreinte carbone, tout en sécurisant le réseau en cas de coupure électrique.
Au-delà des chiffres, ce budget envoie, selon les observateurs, un message de confiance aux voyageurs et aux investisseurs. Il témoigne d’une volonté de moderniser durablement le système aéronautique congolais, facteur essentiel pour soutenir le tourisme, les échanges commerciaux et la connectivité des territoires.
