À Mpila, sur la rive est de Brazzaville, le commerce moderne franchit une nouvelle étape. Le 11 juin 2026, le supermarché Franprix du Brazza Mall a ouvert ses portes au public lors d’une cérémonie officielle très suivie.
C’est le Premier ministre Anatole Collinet Makosso qui a conduit l’inauguration. Plusieurs membres du gouvernement l’entouraient, parmi lesquels Jean-Jacques Bouya et Jacqueline Lydia Mikolo, signe de l’attention portée au projet par l’exécutif congolais.
Un écrin commercial né d’un investissement public majeur
Le Franprix s’installe dans le Brazza Mall, présenté comme le plus grand centre commercial de la République du Congo. L’ensemble avait été achevé en décembre 2023, puis inauguré par le président Denis Sassou-Nguesso.
La réalisation a mobilisé des moyens considérables. Le chantier, financé par le gouvernement à hauteur de 45 milliards de francs CFA, a été confié à l’entreprise chinoise China Jiangsu International, spécialiste des grands ouvrages.
Le site retenu n’est pas anodin. Le complexe a été bâti sur l’emplacement de l’ancien Camp militaire de l’intendance, à Mpila, quartier marqué par l’histoire récente de Brazzaville et aujourd’hui réinvesti à des fins économiques.
L’État pose les murs, le privé prend le relais
Devant ses hôtes, le Premier ministre a tenu un discours tourné vers la méthode. Selon lui, c’est en bâtissant des infrastructures solides que la puissance publique peut déclencher et soutenir l’investissement privé sur le territoire national.
Anatole Collinet Makosso a défendu une logique de levier. L’idée consiste à créer d’abord les conditions matérielles de l’activité, afin que les opérateurs économiques disposent ensuite d’un cadre où entreprendre devient plus simple et plus sûr.
Ce positionnement n’ignore pas les contraintes du terrain. Le chef du gouvernement a évoqué un marché encore modeste, un constat lucide qui place l’ouverture du Franprix dans une stratégie d’amorçage plutôt que dans la célébration d’un débouché déjà mûr.
Donner une place aux produits congolais
Au-delà de la dimension commerciale, l’enseigne a affiché un engagement remarqué. Le supermarché entend valoriser les produits congolais et leur réserver une visibilité dans ses rayons, un message attendu par de nombreux producteurs nationaux.
Cette orientation rejoint une préoccupation plus large des autorités. Le gouvernement a fait part de son intention d’accompagner les producteurs locaux, afin que la montée en gamme accompagne réellement leur entrée dans la grande distribution.
L’accompagnement annoncé passerait par des outils de suivi. Des mécanismes de contrôle seraient mis en place pour garantir que les marchandises locales respectent les normes internationales, condition souvent décisive pour franchir le seuil d’un point de vente structuré.
Mpila, vitrine d’une économie urbaine en mutation
L’arrivée d’un supermarché de cette envergure modifie le visage commercial de Brazzaville. Pour les habitants du quartier et des zones voisines, l’offre de produits de consommation courante se rapproche, dans un format jusqu’ici peu répandu dans la capitale.
Le symbole compte autant que la fonction. En réunissant plusieurs ministres autour de l’événement, l’exécutif a entendu rattacher cette ouverture à sa politique d’attractivité, où équipements publics et initiative privée sont présentés comme complémentaires.
La réussite du pari dépendra toutefois de la durée. Un centre commercial vit de sa fréquentation, et la promesse faite aux produits congolais ne prendra son sens que si l’accompagnement annoncé se traduit concrètement dans les rayons et dans les habitudes d’achat.
Une inauguration qui engage la suite
L’ouverture du Franprix Brazza Mall referme un cycle ouvert avec la livraison du complexe en 2023. Elle inscrit Mpila dans la carte économique de la ville et donne au gouvernement une réalisation visible à mettre en avant.
Reste à transformer l’événement en dynamique. Entre soutien aux producteurs, exigence de qualité et conquête d’une clientèle urbaine, le supermarché devra démontrer, dans les mois à venir, que l’infrastructure tient ses promesses pour l’économie locale.
Pour Brazzaville, l’enjeu dépasse un simple commerce. Il s’agit de savoir si ce modèle, mêlant investissement public massif et exploitation privée, peut essaimer ailleurs dans le pays et nourrir durablement la consommation et la production nationales.
