À peine le nouveau quinquennat lancé, Brazzaville se réveille à sec. Depuis plusieurs jours, la capitale congolaise vit au rythme d’une pénurie de carburant qui s’impose comme le tout premier obstacle du gouvernement fraîchement constitué.
Des files d’attente qui s’étirent dans la capitale
Aux abords des rares stations encore approvisionnées, le spectacle est devenu familier. Automobilistes et motocyclistes s’y agglutinent, parfois dès les premières heures, dans l’espoir de remplir leur réservoir avant l’assèchement annoncé.
Certains conducteurs n’hésitent plus à parcourir une vingtaine de kilomètres pour dénicher une pompe en service. D’autres se déplacent munis de jerricans, soucieux de constituer une réserve personnelle face à une situation dont ils ignorent la durée.
Le tableau varie d’un quartier à l’autre. Là où quelques stations tiennent encore, plusieurs autres affichent désormais des cuves complètement vides, laissant les usagers désemparés devant des pompes muettes.
Quand le marché noir prend le relais
Comme souvent en pareille circonstance, la rareté nourrit la débrouille. Un marché parallèle s’est rapidement organisé, où le carburant change de mains à des tarifs nettement gonflés, bien au-dessus des prix habituels.
Pour de nombreux habitants, ce recours informel devient une nécessité plus qu’un choix. Mais il pèse lourd sur des budgets déjà serrés et accentue le sentiment d’injustice face à une denrée jugée essentielle.
La perturbation déborde largement le seul plein d’essence. Déplacements professionnels, trajets scolaires, courses quotidiennes : c’est tout le tempo de la vie brazzavilloise qui se trouve désormais contrarié par cette pénurie persistante.
Un silence officiel qui nourrit l’inquiétude
Face à la grogne montante, les autorités sont jusqu’ici restées muettes. Aucune explication officielle, aucun calendrier de retour à la normale n’est venu apaiser une population qui scrute le moindre signal.
Ce mutisme alimente une crainte plus profonde. Au-delà des véhicules immobilisés, c’est la confiance dans la capacité de l’État à garantir les services de base qui pourrait s’effriter si la situation venait à perdurer.
Pour le gouvernement tout juste installé, l’épisode tombe au plus mauvais moment. Premier vrai test de ce nouveau mandat, cette pénurie offre un démarrage peu flatteur et place d’emblée la question énergétique au cœur des attentes citoyennes.
Reste à savoir combien de temps les Brazzavillois devront encore composer avec les files d’attente, les jerricans et un marché noir florissant. La réponse, pour l’heure, demeure suspendue au silence des décideurs.
