Un décès brutal à Brazzaville
La nouvelle est tombée comme un choc mercredi 10 décembre 2025 : le Sergent-Chef de police Armand Jean-Blaise Nkeletela s’est éteint à Brazzaville, laissant ses collègues et sa famille dans la consternation.
Âgé de quarante-huit ans selon ses proches, l’officier servait à la Direction départementale de la Police nationale où il coordonnait depuis trois ans une brigade de sécurité routière.
Aucune pathologie connue n’ayant été signalée, la disparition est qualifiée d’« inopinée » dans le communiqué familial, publié dans la matinée de jeudi et largement relayé sur les réseaux sociaux locaux.
Parcours d’un serviteur de l’ordre
Entré à l’École de police de Mouyondzi en 2000, Armand Jean-Blaise Nkeletela avait gravi les échelons jusqu’au grade de Sergent-Chef obtenu en 2018, témoignage d’un dévouement salué par sa hiérarchie.
Ses anciens instructeurs évoquent « un agent discipliné, rigoureux et soucieux de la sécurité des usagers », qualité qui lui avait valu plusieurs lettres de félicitations pour la réduction des excès de vitesse sur l’avenue Marien-Ngouabi.
En dehors de l’uniforme, le policier participait à des actions citoyennes dans son quartier de Mfilou, notamment des campagnes de sensibilisation au code de la route auprès des mototaximen.
« Il ne refusait jamais un conseil aux jeunes conducteurs », se souvient Rodrigue Ndinga, président d’une association de transporteurs urbains, ajoutant que son sourire « mettait souvent fin à des tensions naissantes ».
Émotion dans le 7e arrondissement
Au domicile familial du 46 rue Bibimbou, dans le 7e arrondissement Mfilou, la veillée mortuaire réunit depuis jeudi soir parents, voisins et collègues réunis dans la prière et le chant.
Les leaders communautaires de Ngamaba ont installé un chapiteau pour accueillir l’affluence, tandis qu’une cellule d’écoute est assurée par les aumôniers de la Police nationale.
Dans tout le quartier, les commerces ferment plus tôt par solidarité ; des drapeaux blancs et noirs ont été apposés sur certaines façades en hommage au disparu.
« C’est une perte pour le secteur », confie Mme Mouanga, gérante d’un kiosque voisin, qui se rappelle de l’agent « passant chaque matin vérifier que les écoliers traversaient la route en sécurité ».
Programme des obsèques
Selon le communiqué familial, la levée de corps est fixée au samedi 27 décembre, à huit heures, à la morgue municipale du Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville.
Après un recueillement au domicile, le cortège funéraire prendra la direction du cimetière Les Élus du Ciel, à Mabaya, pour l’inhumation prévue en fin de matinée.
La circulation devrait être momentanément perturbée sur l’axe marché Ngambio – rond-point Mouhoumi ; la Police municipale annonce un dispositif de déviation pour fluidifier le trafic.
La famille précise que les condoléances se reçoivent sur place, et invite les sympathisants à privilégier des messages de paix plutôt que des couronnes fleuries, afin de respecter la volonté du défunt.
Hommages et témoignages
Le directeur général de la Police nationale, le général Jean-François Ndoudi, a salué « un collaborateur exemplaire, dont la rigueur est un modèle pour la jeune génération d’agents ».
Sur les réseaux sociaux, le mot-clic #Nkeletela2025 rassemble déjà des centaines de messages : motards, infirmiers, étudiants et anonymes y partagent photos et anecdotes rappelant son engagement.
Le syndicat des conducteurs de taxis-bus envisage de baptiser une prochaine campagne de sécurité routière du nom du Sergent-Chef, « afin de perpétuer l’esprit de prévention qui l’animait ».
Pour les proches, la meilleure manière d’honorer sa mémoire sera de poursuivre son combat pour des routes plus sûres ; « qu’à chaque feu rouge respecté, on se souvienne de sa voix ferme mais juste », conclut un ancien collègue, les yeux embués.
