À Brazzaville, construire demande désormais plus d’argent, mais aussi plus de patience. Depuis quelques jours, constructeurs et particuliers engagés dans des travaux de bâtiment peinent à s’approvisionner en ciment, dont le prix grimpe, selon une dépêche de l’ACI signée Prissy Aranda Locko et datée du 22 octobre.
Ciment à Brazzaville : de 4 000 à 5 000 FCFA le sac
La hausse s’est faite par paliers. Le sac, vendu jusque-là 4 000 FCFA, est d’abord passé à 4 500 FCFA, avant d’atteindre 5 000 FCFA, d’après les constatations rapportées par l’agence.
Sur le terrain, un acheteur confirme ce constat. « Nous constatons que le prix a augmenté. Avant, le sac coûtait entre 4.000 et 4.500 FCfa, mais aujourd’hui, il faut débourser 5.000 FCfa pour l’avoir », a témoigné un particulier engagé dans la construction de son habitation.
Le changement se lit d’abord sur la facture. Le même sac, ce matériau que l’agence qualifie d’indispensable à la réalisation des travaux, ne s’obtient plus au tarif pratiqué auparavant.
Stocks insuffisants : la chasse au ciment dans les quartiers
Le prix n’est pas la seule difficulté. Dans plusieurs points de vente, les stocks disponibles ne suffisent plus à répondre à la demande, relève l’ACI. Certains acheteurs sont ainsi contraints de multiplier les déplacements pour trouver le sac recherché.
Dans certains quartiers, le ciment est devenu difficile à dénicher. Les acheteurs disent devoir se rendre jusqu’à la gare, au centre-ville, où les possibilités d’approvisionnement seraient plus importantes. Le conditionnel reste de mise : la dépêche rapporte leur perception, sans chiffrer les stocks disponibles.
Chantiers ralentis, calendriers bousculés
Cette situation freine l’avancement de plusieurs chantiers de la capitale. Faute de ciment disponible en quantité suffisante, certains constructeurs doivent revoir leur calendrier de travaux, rapporte l’agence.
Un constructeur, qui a requis l’anonymat, décrit l’enchaînement sans détour : « Quand le ciment manque, le chantier s’arrête. Nous sommes obligés d’attendre ou de chercher ailleurs, ce qui nous fait perdre du temps et augmente aussi les dépenses. »
Son témoignage dessine une double peine. Attendre, c’est laisser le chantier à l’arrêt. Chercher ailleurs, c’est consacrer du temps et de l’argent à la quête du ciment. Dans les deux cas, l’ouvrage avance moins vite que prévu.
Petits entrepreneurs du bâtiment : des budgets à réajuster
Les petits entrepreneurs du bâtiment encaissent eux aussi le contrecoup. La hausse du prix du ciment les oblige à réajuster leurs budgets, souligne l’ACI.
Le ciment ne pèse pas seul dans leurs comptes. Les autres matériaux de construction représentent déjà une part importante des dépenses, et le renchérissement du sac vient s’ajouter à ces charges existantes.
Budget des ménages : des chantiers qui risquent de s’étirer
Pour les particuliers qui ont déjà engagé des travaux, l’augmentation constitue une charge supplémentaire. Elle est susceptible de prolonger la durée de certains chantiers, relève l’agence.
À cette charge s’ajoute, pour ceux qui ne trouvent pas de ciment près de chez eux, le temps passé à chercher un point de vente encore approvisionné, parfois jusqu’au centre-ville.
Les zones d’ombre de la hausse du ciment
La dépêche reste muette sur l’origine de la hausse comme sur celle des difficultés d’approvisionnement. Elle ne rapporte aucune explication de fournisseurs, de distributeurs ou des autorités, et ne précise pas les quartiers les plus touchés.
Aucune durée n’est avancée non plus. Rien n’indique, à ce stade, combien de temps le sac restera à 5 000 FCFA ni à quel moment les points de vente des quartiers pourraient être de nouveau correctement approvisionnés.
Les attentes des acheteurs brazzavillois
Face à cette situation, les acheteurs formulent deux attentes, selon l’agence : une amélioration de l’approvisionnement en ciment dans les différents quartiers de Brazzaville, et une stabilisation de son prix.
La première répondrait directement à la difficulté de ceux qui doivent aujourd’hui pousser jusqu’à la gare pour s’approvisionner. La seconde soulagerait les budgets, déjà mis à l’épreuve, des particuliers comme des petits entrepreneurs.
En attendant, constructeurs, petits entrepreneurs et particuliers composent avec la situation, entre patience, recherche de stocks et ajustement de leurs dépenses.
