La Banque des États de l’Afrique centrale anticipe une croissance de 5,2 % pour l’économie congolaise en 2026. Un chiffre dévoilé à Brazzaville, porté par les hydrocarbures, mais assorti de fragilités que les autorités monétaires ne dissimulent pas.
Une prévision de croissance révélée à Brazzaville
L’économie congolaise devrait accélérer en 2026. La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) projette un taux de croissance de 5,2 %. Cette estimation a été livrée lors de la deuxième session ordinaire du Comité national économique et financier (Cnéf).
La rencontre s’est tenue le 13 juillet à Brazzaville. Elle était présidée par le ministre des Finances, Christian Yoka. Autour de la table, experts et responsables ont passé au crible les grands indicateurs de la conjoncture nationale (adiac-congo.com).
Le pétrole et le gaz en moteurs de la reprise
Le premier trimestre a donné le ton. Selon les experts de la BEAC, l’indice composite des activités économiques a progressé de 10,6 %. Cette dynamique repose principalement sur les secteurs pétrolier et gazier, colonne vertébrale de l’économie congolaise.
Ce raffermissement conforte l’idée d’une économie encore largement adossée aux hydrocarbures. La performance du trimestre nourrit l’optimisme affiché pour l’ensemble de l’exercice 2026, même si la dépendance au pétrole demeure une donnée structurelle du pays.
Une inflation contenue sous le seuil communautaire
Sur le front des prix, le tableau rassure. Le Cnéf relève une inflation maîtrisée à 1,4 % en moyenne annuelle. Ce niveau demeure nettement sous le seuil communautaire de 3 % fixé dans l’espace de la sous-région.
Une inflation contenue préserve le pouvoir d’achat des ménages et la stabilité des prix. Pour les navetteurs et les familles des grandes villes, cet indicateur pèse autant, sinon plus, que les prévisions de croissance globale.
Le crédit bancaire repart, la qualité s’améliore
Le système bancaire montre lui aussi des signes de vigueur. Les crédits bruts distribués ont augmenté de 13,5 %, atteignant 1 869 milliards de francs CFA. Une progression qui traduit un financement plus soutenu de l’activité économique.
Le comité note également une amélioration de la qualité du portefeuille de prêts. Autrement dit, la part des créances fragiles reculerait, signe d’un assainissement graduel du secteur. De quoi renforcer la confiance dans le circuit de financement national.
Le financement de long terme, maillon faible
Derrière ces bons chiffres, une ombre persiste. Le Cnéf pointe la part insuffisante des financements à long terme de l’économie, limitée à 2,4 %. Une faiblesse qui interroge la capacité du pays à financer ses grands projets.
Le comité juge la question suffisamment sérieuse pour recommander une réflexion urgente. Sans ressources longues, les investissements structurants restent difficiles à porter. Ce déséquilibre entre crédits courts et besoins durables constitue un chantier ouvert pour les autorités.
Le Trésor face à une couverture partielle
Le financement de l’État a aussi été examiné. Sur le marché des valeurs du Trésor, le taux de couverture des besoins s’est établi à 69 % entre janvier et avril. Une part importante, mais incomplète, des sollicitations.
Ce taux traduit un appétit réel des investisseurs pour la dette congolaise, sans couvrir la totalité des besoins exprimés. Il illustre la marge de manœuvre, mais aussi les limites, du financement domestique sur la période observée (adiac-congo.com).
Une trajectoire encourageante à consolider
Au total, le Cnéf dresse un bilan globalement favorable. Croissance attendue à 5,2 %, inflation sous contrôle, crédit dynamique : les voyants sont majoritairement au vert. La prévision de la BEAC s’inscrit dans cette dynamique de raffermissement.
Reste à transformer l’essai. La faiblesse des financements longs et la couverture partielle du Trésor rappellent que la solidité affichée demande à être consolidée. L’échéance de 2026 dira si ces prévisions résistent à l’épreuve des faits.
