Brazzaville : la Fécofoot rouvre le dossier de la Coupe du Congo
Le football congolais cherche un second souffle. Après une saison amputée par la fermeture des stades, la Fédération congolaise de football (Fécofoot) tente de sauver ce qui peut encore l’être. Une compétition unique concentre désormais toutes les attentes.
Le 18 juin, à Brazzaville, l’instance a réuni les dirigeants de clubs autour d’une même table. Objectif affiché : mesurer l’appétit des formations pour une relance rapide. La rencontre faisait suite à la réouverture officielle des terrains décidée par le ministère des Sports.
Une saison 2025-2026 réduite à une seule épreuve
Le calendrier ne laisse plus beaucoup de marge. De l’aveu même de la Fécofoot, la Coupe du Congo demeure la seule compétition de la saison 2025-2026 encore réalisable. Le reste du programme a été emporté par les semaines d’inactivité des enceintes sportives.
Cette épreuve n’est pas une nouveauté improvisée. Instituée par décret présidentiel, elle s’inscrit dans le patrimoine du football national. Pourtant, elle n’a plus connu de phase finale depuis 2024. Sa relance prendrait donc la valeur d’un véritable redémarrage.
La réunion du 18 juin ressemblait à une prise de température. La Fécofoot n’a pas imposé un format ficelé. Elle a d’abord écouté, recueillant les avis des clubs sur l’organisation probable de la compétition avant d’arrêter la moindre décision.
Des clubs partants, mais sous conditions
Du côté des dirigeants, la disponibilité ne fait guère de doute. Tous ont exprimé leur volonté de participer à l’épreuve. Le principe d’une reprise semble acquis. Reste la question, plus sensible, des moyens à mobiliser pour aligner les équipes.
Car cet accord de principe s’accompagne d’exigences précises. Les clubs réclament une subvention de cinq millions de FCFA chacun. Ils demandent aussi une prise en charge complète de leur participation, sans laisser de zone d’ombre sur le partage des dépenses.
Ce volet logistique pèse lourd dans les discussions. Les formations souhaitent voir couverts le transport des équipes et l’assurance compétition. Autant de postes qui, faute de financement clair, peuvent rapidement transformer une bonne intention en casse-tête organisationnel.
Ces revendications traduisent une réalité connue du sport congolais. Sans appui financier solide, les déplacements et la couverture des joueurs deviennent des obstacles concrets. Les dirigeants placent donc la barre des garanties avant tout engagement définitif.
La balle dans le camp du ministère des Sports
Face à ces demandes, la Fécofoot n’a pas tranché seule. L’instance a pris acte des conditions posées par les clubs. Elle a ensuite promis de transmettre l’ensemble du dossier au ministère des Sports, qui détient une partie des clés financières.
Cette mécanique replace les pouvoirs publics au centre du jeu. La fédération joue un rôle de courroie de transmission entre des clubs en attente de garanties et un ministère sollicité pour les financer. La suite dépendra largement de cette réponse institutionnelle.
Le ministère est d’autant plus impliqué qu’il a déjà agi en amont. C’est bien lui qui a ordonné la réouverture officielle des stades. Sans cette décision, aucune discussion sur une relance n’aurait été envisageable dans l’immédiat.
Le temps, allié inattendu de la relance
Reste un paramètre souvent défavorable, mais ici plutôt rassurant : le calendrier. Le temps disponible avant le coup d’envoi offre une marge utile. Il doit permettre à la Fécofoot de revoir sereinement le format de la compétition.
Cette latitude n’est pas anodine. Repenser l’organisation suppose d’ajuster le nombre d’équipes, les phases et les modalités de qualification. Une précipitation aurait fragilisé une épreuve déjà privée de phase finale depuis deux ans.
L’enjeu dépasse la seule logistique. Pour des supporters sevrés de compétition, la Coupe du Congo représenterait un retour attendu du football à domicile. Les stades rouverts attendent désormais d’être à nouveau remplis par les rencontres officielles.
Un calendrier encore suspendu aux financements
Au sortir de cette première rencontre, rien n’est définitivement acté. Le principe d’une relance progresse, porté par la bonne volonté des clubs et l’écoute de la fédération. Mais aucune date ferme n’a été annoncée à l’issue des échanges.
L’équation est désormais clairement posée. D’un côté, des clubs prêts à jouer, à condition d’être épaulés. De l’autre, une fédération qui relaie, et un ministère appelé à se prononcer. Le sort de la Coupe du Congo se jouera dans cet arbitrage.
