Le football congolais traverse une zone de turbulences institutionnelles. Privée de son président par une décision de justice, la Fédération congolaise de football (Fécofoot) a choisi la voie de la continuité plutôt que celle de la rupture, en s’appuyant sur ses propres textes pour tenir le cap.
Une session ordinaire sous tension judiciaire
Le Comité exécutif, le Comex dans le langage de la maison, s’est réuni en session ordinaire le samedi 21 mars 2026, au siège de la fédération à Brazzaville. La rencontre s’est tenue dans un climat particulier, marqué par l’absence imposée du premier responsable de l’institution.
C’est Henri Endzanga, premier vice-président de la Fécofoot, qui a présidé les travaux. Une présidence par intérim assumée conformément aux dispositions statutaires, qui prévoient ce type de relais lorsque le titulaire du poste n’est plus en mesure d’exercer.
L’origine de cette situation est un arrêt de la Cour d’appel. La juridiction a placé le président Jean Guy Blaise Mayolas dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions. Le Comex devait donc, sans tarder, organiser la gestion quotidienne d’une fédération soudain privée de sa tête.
Le réflexe statutaire pour éviter le vide
Face à cette vacance, le comité a d’abord pris acte de la décision de justice. Une formulation prudente, qui traduit le souci de ne pas commenter le fond du dossier judiciaire tout en reconnaissant ses effets immédiats sur la marche de l’institution.
Dans la foulée, les membres ont activé les mécanismes de succession prévus par les statuts. L’objectif affiché tient en une formule : assurer la continuité administrative. Autrement dit, empêcher que la suspension du président ne se transforme en paralysie de toute la fédération.
Plusieurs engagements ont été réaffirmés à cette occasion. Le Comex a promis de garantir la gestion courante des affaires de la fédération, condition première pour que le quotidien du football national ne soit pas suspendu au sort d’une procédure.
L’organisation des compétitions nationales figure également au rang des priorités. Le championnat et les autres rendez-vous du calendrier doivent se poursuivre, indépendamment des soubresauts qui agitent les instances dirigeantes de la discipline au sommet.
Préserver le lien avec la FIFA et la CAF
Au-delà des frontières, la Fécofoot tient à rassurer ses partenaires internationaux. Le comité a insisté sur le maintien des relations avec les grandes instances du football mondial et continental, au premier rang desquelles la FIFA et la CAF.
Cette attention n’a rien d’anodin. Pour une fédération nationale, la qualité du dialogue avec ces organisations conditionne la participation aux compétitions, la reconnaissance des dirigeants et, parfois, l’accès à des financements ou à des programmes de développement.
En affichant cette ligne, le Comex cherche à démontrer que la continuité revendiquée n’est pas qu’un mot. Elle se mesure aussi à la capacité de l’institution à rester un interlocuteur crédible et stable pour ses homologues étrangers.
La demande de comité de normalisation écartée
La réunion a aussi tranché un point sensible. Une pétition portée par quinze clubs réclamait l’intervention de la FIFA pour établir un comité de normalisation, dispositif souvent utilisé lorsqu’une fédération est jugée incapable de fonctionner normalement.
Le Comex a écarté cette demande. Son argument est de nature juridique : le collectif des quinze clubs ne disposerait pas de la qualité requise pour formuler une telle requête. La fédération conteste ainsi la légitimité même de la démarche.
Derrière ce refus se joue une bataille de représentativité. Les promoteurs de la pétition estiment, eux, qu’une crise de gouvernance appelle un arbitrage extérieur. La direction de la fédération répond que ses propres organes suffisent à gérer la transition.
Une fédération qui revendique sa stabilité
Au terme de ses travaux, le comité a réaffirmé la permanence institutionnelle de la Fécofoot. Le message est clair : malgré l’absence de son président, la fédération entend se présenter comme une structure debout, capable d’assurer ses missions sans interruption.
Les dirigeants ont enfin rappelé leur attachement à l’éthique, à la transparence et à l’intégrité du football congolais. Des valeurs mises en avant à un moment où la crédibilité de la gouvernance sportive se trouve, précisément, au cœur des débats.
Reste désormais à savoir comment cette continuité revendiquée se traduira sur le terrain. Entre la procédure visant le président suspendu et la contestation portée par une partie des clubs, la Fécofoot devra prouver, dans les semaines à venir, que sa stabilité affichée résiste à l’épreuve des faits.
