Le Congo-Brazzaville perd l’une de ses figures les plus expérimentées. Firmin Ayessa, ministre d’État chargé de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale, s’est éteint le 17 février 2026 à Istanbul, en Turquie. Il avait 74 ans.
Un décès survenu loin du pays
Le ministre se trouvait en Turquie où il recevait des soins médicaux. Ces traitements n’auront pas suffi à le sauver. Il est décédé des suites d’une maladie, laissant derrière lui plusieurs décennies de service rendu à la nation congolaise.
La nouvelle plonge l’appareil d’État dans le deuil. Le président de l’Assemblée nationale, Pierre Ngolo, a salué la mémoire d’un homme d’État qu’il a décrit comme « d’une dimension exceptionnelle », rendant hommage à un parcours public peu commun.
Du journalisme aux couloirs du pouvoir
Avant la politique, il y eut l’écriture et l’information. Firmin Ayessa a d’abord embrassé le métier de journaliste, après des études de lettres à l’Université de Brazzaville, complétées par une formation en communication à l’Université de Bordeaux, en France.
Cette première vie professionnelle a façonné la suite. L’expérience acquise sur le terrain de l’information l’a progressivement conduit vers l’administration publique, où il a investi les secteurs de la communication et de l’information avant d’élargir son champ d’action.
Directeur des programmes à Radio-Congo, il devient ensuite conseiller en communication à l’ambassade du Congo à Paris. Suivront les fonctions de directeur de cabinet du ministre de l’Information, des Postes et Télécommunications, puis de directeur général de l’agence congolaise d’information.
Un engagement ancien au sein du PCT
Son ascension administrative s’est doublée d’un solide ancrage partisan. Membre du Parti congolais du travail depuis 1984, il accède au Comité central en 1990, avant d’entrer au Bureau politique en 2006. Ce militantisme a nourri sa trajectoire dans l’État.
À la présidence de la République, il a occupé plusieurs postes de premier plan : conseiller en communication du chef de l’État, directeur du cabinet civil, puis directeur adjoint de cabinet chargé de la communication. Entre 2002 et 2007, il fut ministre d’État et directeur de cabinet présidentiel.
Des responsabilités gouvernementales jusqu’au bout
Sa carrière ministérielle s’est poursuivie sans interruption notable. En 2017, il est nommé vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale, un portefeuille social sensible qu’il connaissait déjà bien.
En 2021, il devient ministre d’État, tout en conservant ce même domaine de compétences. Jusqu’à sa disparition, il restait ainsi l’un des visages familiers de l’action gouvernementale congolaise, à la croisée de l’administration et du social.
Un parcours parlementaire et un ancrage local
L’engagement politique au sein du PCT lui a également ouvert les portes du Parlement. À partir de 2002, Firmin Ayessa siège à l’Assemblée nationale, où il sera réélu député à plusieurs reprises au fil des scrutins.
Originaire d’Ondza Makoua, il conservait un lien avec son territoire d’origine, qui l’a porté à plusieurs mandats. Avec sa disparition, la République perd un responsable dont la longévité aura marqué la vie publique nationale pendant des décennies.
