Un guichet biométrique au cœur de Kintélé
Depuis le 13 avril, la société Nathan Services SARL enrôle les automobilistes et motocyclistes de Kintélé. Objectif affiché : établir permis de conduire et cartes grises grâce à un dispositif biométrique installé au plus près des usagers.
Le centre a pris ses quartiers dans l’enceinte du stade de la Concorde, plus exactement dans les locaux de la mairie de la commune. Un emplacement choisi pour rapprocher l’administration des conducteurs et alléger des démarches longtemps jugées laborieuses.
Le lancement officiel a été conduit par Sonia Christelle Gboho, directrice générale adjointe de Nathan Services. Sa présence a donné le ton d’une opération que l’entreprise présente comme une étape vers la modernisation des titres routiers congolais.
Comment se déroule l’enrôlement
La mécanique reste volontairement simple en cette phase de démarrage. Les conducteurs se présentent avec leurs dossiers, le centre les reçoit, puis transmet les éléments pour fabrication. La production proprement dite intervient ensuite, en aval du guichet de Kintélé.
« Des personnes viennent avec leurs dossiers complets et nous les recevons avant l’acheminement pour l’établissement du permis de conduire », a expliqué Sonia Christelle Gboho. La responsable précise le périmètre exact des prestations assurées sur place.
« Nous produisons essentiellement les cartes grises et les permis de conduire. Dans un premier temps, nous ferons uniquement les enrôlements », a-t-elle ajouté. La capture des données précède donc la délivrance des documents, selon une logique progressive.
Trois mois pour tester avant l’extension
L’opération s’inscrit dans une phase pilote de trois mois. Cette période doit permettre d’éprouver l’organisation, de mesurer l’affluence et d’ajuster les procédures avant tout déploiement vers d’autres localités du pays.
Ce calendrier resserré traduit une approche prudente. Plutôt que de couvrir d’emblée l’ensemble du territoire, Nathan Services choisit de valider son modèle sur un site unique. Kintélé devient ainsi un laboratoire grandeur nature.
L’enjeu dépasse la seule commodité. En centralisant l’enrôlement et la production de titres sécurisés, le dispositif cherche à fiabiliser des documents essentiels à la circulation et au contrôle routier au Congo-Brazzaville.
Les taxis-motos parmi les premiers concernés
Sur le terrain, l’accueil a séduit une partie des usagers, à commencer par les conducteurs de taxi-moto. Très présents dans la mobilité urbaine, ils figurent parmi les premiers à pousser la porte du nouveau centre.
L’un d’eux, fraîchement enrôlé, n’a pas caché sa satisfaction. Il loue à la fois la qualité de la réception et la rapidité d’un service qu’il découvrait pour la première fois si près de chez lui.
« J’apprécie l’initiative, j’ai été bien reçu. J’exprime ma joie de savoir qu’à Kintélé il y a désormais une antenne d’établissement des permis de conduire », a-t-il confié. Son témoignage illustre une attente forte de proximité.
« J’invite mes confrères motards à faire comme moi. C’est à un prix abordable, j’ai payé 50 000 FCFA à la caisse », a-t-il poursuivi. Le tarif évoqué devient, pour lui, un argument de plus en faveur de la régularisation.
Une société agréée et un cadre technique exigeant
Nathan Services SARL n’est pas un acteur improvisé. La société est agréée depuis le 22 avril 2024, un préalable réglementaire qui conditionne sa capacité à intervenir sur des documents officiels aussi sensibles.
L’entreprise affirme conduire sa mission dans le strict respect des exigences techniques et biométriques fixées par les autorités compétentes. Cette conformité constitue le socle de crédibilité d’un système reposant sur l’identification fiable des conducteurs.
Reste à observer la suite. Si la phase pilote tient ses promesses en matière d’accueil, de délais et de sécurité des titres, l’extension à d’autres communes pourrait transformer durablement le rapport des Congolais à leurs démarches routières.
Pour l’heure, Kintélé concentre l’attention. Le centre installé au stade de la Concorde sert de vitrine à une réforme administrative que beaucoup d’usagers, motards en tête, espèrent voir essaimer rapidement au-delà de la commune.
