Une causerie-débat pour clore octobre rose à Brazzaville
Le mois d’octobre rose s’est achevé, à Brazzaville, sur une rencontre entre femmes engagées en politique. Le 31 octobre, l’Organisation des femmes républicaines (OFR), qui rassemble les femmes du Parti des gardiens de la République (PGR), a réuni ses membres autour des cancers du sein et du col de l’utérus.
Le thème retenu ne laissait guère de place à l’ambiguïté : « Mon intimité féminine, ma santé féminine, ma priorité ». L’objectif affiché était de sensibiliser les militantes à ces deux maladies, abordées lors de la rencontre comme un véritable problème de santé publique.
Un médecin de l’hôpital des armées face aux militantes
Les échanges ont été animés par le Dr Elisabeth Okandza Mavoungou Sola. Médecin généraliste, elle exerce au service de gynéco-obstétrique de l’hôpital central des armées Pierre-Mobengo de Brazzaville.
Son exposé a porté sur les causes et les conséquences des cancers féminins, en particulier ceux du sein et du col de l’utérus. Elle a également abordé le comportement à adopter face à ces maladies.
À l’issue de sa présentation, la praticienne s’est félicitée de l’engouement de l’assistance. Les participantes n’ont pas hésité à poser des questions pour en savoir davantage sur leur propre santé, une curiosité que l’oratrice a tenu à saluer.
Le dépistage précoce au cœur du message
Le message central de l’intervenante tient en un mot : dépistage. « Je les ai encouragées à se faire dépister, parce que 80% des cancers qui sont diagnostiqués à temps peuvent être pris en charge et avoir une guérison certaine », a-t-elle expliqué, avant d’étendre cet appel à tous.
Le Dr Okandza Mavoungou Sola s’est aussi adressée aux parents. Elle les a invités à faire vacciner leurs filles qui ne sont pas encore entrées dans la vie sexuelle active, rappelant qu’il existe un vaccin capable de réduire nettement le risque de développer un cancer du col de l’utérus.
« Ne pas se contenter de la désinformation »
La présidente nationale de l’OFR, Aise Esthée Ombelé, a justifié l’initiative par le calendrier. Selon elle, les femmes du PGR ne pouvaient pas rester en marge d’un mois consacré à la lutte contre les cancers féminins.
« Nous sommes au mois d’octobre, dit octobre rose, donc l’OFR voulait marquer sa présence sur la scène politique en menant des actions en faveur des femmes, notamment cette causerie-débat », a-t-elle déclaré. Une façon d’assumer la double dimension, sanitaire et politique, de la démarche.
Satisfaite du déroulement de la rencontre, la responsable a insisté sur un enjeu précis : la circulation de fausses informations. Le but, a-t-elle expliqué, était que les femmes « ne se contentent pas de ce qu’elles entendent, de la désinformation qui circule dans notre société ».
Briser le silence autour de l’intimité féminine
Aise Esthée Ombelé a salué la compétence, la pédagogie et la simplicité de l’intervenante. À ses yeux, le médecin a su dire tout haut ce que beaucoup de femmes n’osent murmurer qu’à elles-mêmes. « Docteur, vous avez donné des mots là où régnait le silence », a-t-elle lancé.
« Ce n’est ni indécent ni inconvenant. C’est la première forme de respect que nous nous devons », a poursuivi la présidente de l’OFR. Elle a retenu de l’exposé que l’hygiène intime relève de gestes simples.
Elle a aussi souligné une mise en garde du médecin : certaines pratiques nées de rumeurs ou de conseils non vérifiés peuvent irriter, fragiliser, parfois blesser. Un avertissement qui rejoint directement son souci de faire reculer la désinformation.
Après octobre rose, installer une habitude
Pour la présidente de l’OFR, la fin d’octobre rose ne doit pas se résumer à une date dans un calendrier. Elle souhaite au contraire qu’elle devienne le point de départ d’une habitude : se soigner, se faire dépister, se parler et s’entraider.
Le PGR soutient une cellule d’éveil contre les cancers
Présent à la causerie-débat, le président national du PGR, Omen Chanel Bourangon, a replacé l’activité dans un cadre plus large. Elle s’inscrit, a-t-il indiqué, dans les instructions qu’il avait données lors de la mise en place des instances dirigeantes de l’OFR, le 3 octobre.
Dans ce prolongement, il a encouragé l’initiative visant à créer, au sein de l’organisation féminine, une cellule d’éveil contre les cancers de la femme. Une manière d’inscrire la sensibilisation dans la durée, au-delà du seul mois d’octobre.
