Brazzaville a observé une parenthèse solennelle le 11 avril. Le Parti congolais du travail (PCT) y a réuni ses cadres pour saluer la mémoire de Jean Jacques Mouanda, préfet du département des Plateaux et membre du Comité central de la formation au pouvoir.
L’ancien commis de l’État s’est éteint le 5 avril à Djambala, à l’âge de 69 ans. La nouvelle a traversé les rangs du parti, où l’homme comptait parmi les figures rompues à la fois aux responsabilités administratives et aux engagements de terrain.
Une cérémonie marquée par la présence du chef de l’État
Le recueillement organisé dans la capitale a pris une dimension particulière. Le président Denis Sassou N’Guesso a tenu à y assister, signe du poids accordé par le sommet de l’appareil au parcours du défunt.
Autour de lui, responsables et militants se sont succédé pour évoquer un compagnon de route. L’hommage, sobre, a rappelé la place tenue par Mouanda dans l’organigramme du PCT et dans la conduite des affaires départementales qui lui avaient été confiées.
La présence du premier personnage de l’État à une telle cérémonie n’est jamais anodine. Elle traduit une reconnaissance institutionnelle adressée à un cadre dont la trajectoire a épousé, des décennies durant, celle de sa formation politique.
D’une enfance à Dolisie aux bancs de Lyon
Né le 4 novembre 1957 à Dolisie, Jean Jacques Mouanda avait prolongé sa formation au-delà des frontières congolaises. Il avait rejoint la France et l’Université Jean-Moulin Lyon 3 pour y compléter son cursus.
Là, il avait décroché des certifications en études francophones ainsi qu’en décentralisation. Ce dernier domaine, technique et exigeant, allait nourrir une part de son action future au service des territoires.
Ce bagage académique, peu commun pour les responsables de sa génération, a sans doute pesé dans les fonctions de gestion locale qu’il assumera plus tard. Il offrait une grille de lecture précise des enjeux de l’administration de proximité.
Un itinéraire jalonné de mandats locaux et nationaux
Le parcours de Mouanda dessine une carrière dense au sein des institutions. Il a présidé le conseil départemental du Niari entre 2008 et 2017, ancrant son engagement dans la gestion concrète d’une circonscription.
Élu député de Kimongo de 2017 à 2022, il a ensuite porté la voix de ses administrés à l’échelle nationale. Ce passage par l’hémicycle a complété une expérience déjà solide des rouages locaux et partisans.
Avant sa nomination à la tête des Plateaux, il avait dirigé la préfecture de la Likouala. D’un département à l’autre, il a ainsi exercé l’autorité de l’État sur des territoires aux réalités contrastées, du nord forestier au plateau central.
Le souvenir d’un acteur du développement local
Les témoignages recueillis lors de l’hommage dessinent le portrait d’un homme attaché à sa région et à ses habitants. Michel Mahinga, responsable du PCT, l’a décrit comme « un acteur de la cohésion sociale et du développement local ».
Au-delà de ses fonctions officielles, Mouanda s’était investi dans le tissu associatif. Il avait fondé l’Association Bana Dol, une initiative tournée vers les liens communautaires et l’accompagnement des siens.
Son engagement avait été salué par plusieurs distinctions. L’État lui avait remis l’Ordre du mérite en 1999, puis l’Ordre de la paix en 2009, deux reconnaissances qui jalonnent une vie de service public.
Un dernier retour vers la ville natale
Après la cérémonie de Brazzaville, l’ultime étape s’est déroulée loin des plateaux qu’il administrait. Ses funérailles se sont tenues le 13 avril à Dolisie, la ville qui l’avait vu naître près de sept décennies plus tôt.
Ce retour vers les origines boucle un itinéraire commencé dans le Niari et achevé entre Djambala et la capitale. Entre ces deux points, une carrière entière au croisement de la politique, de l’administration et de l’action de terrain.
Pour le PCT, la disparition de ce cadre laisse un vide dans la conduite départementale des Plateaux. Pour ses proches et ses compagnons, elle ferme le chapitre d’un parcours que beaucoup, à Brazzaville comme à Dolisie, ont choisi de saluer.