À Brazzaville, le 2 février 2026, dix-huit formations politiques ont signé une déclaration commune au siège du Parti congolais du travail. Toutes s’engagent à porter la candidature du président sortant, Denis Sassou-Nguesso, lors des scrutins présidentiels des 12 et 15 mars.
Une coalition baptisée Majorité présidentielle
Les signataires ont scellé une alliance dénommée Majorité présidentielle, en abrégé MP. Parmi eux figurent le Parti congolais du travail, le Rassemblement citoyen, le Rassemblement pour la démocratie et le progrès social, ainsi que quinze autres partis rassemblés autour du chef de l’État.
Le texte adopté ce jour-là réaffirme, selon ses termes, « la volonté et la nécessité de l’unité entre les forces soutenant l’action du président Denis Sassou-Nguesso ». La formule donne le ton d’une démarche présentée comme un resserrement des rangs avant l’échéance électorale.
Au-delà de l’affichage, la coalition se veut un cadre structuré. Elle entend coordonner des forces parfois dispersées et parler d’une même voix durant la séquence électorale qui s’ouvre. Cette mise en ordre traduit une volonté manifeste de verrouiller le paysage favorable au président sortant.
Les objectifs affichés de l’alliance
La Majorité présidentielle se fixe plusieurs buts explicites. Le premier, et le plus commenté, vise à réunir les conditions d’une réélection de Denis Sassou-Nguesso dès le premier tour. L’ambition est claire et ne souffre, dans la déclaration, d’aucune nuance particulière.
À cet horizon s’ajoutent d’autres engagements. Les partis veulent définir une stratégie électorale commune et instaurer des conditions de campagne apaisées. L’idée d’un scrutin sans heurts revient comme un fil conducteur du document signé à Brazzaville.
La coalition entend aussi soutenir le programme de gouvernance du président sortant. Elle prévoit enfin de mettre en place des mécanismes de concertation permanents entre ses membres. Cette dernière disposition suggère une volonté d’inscrire l’alliance dans la durée, au-delà de la seule campagne.
Autonomie préservée et porte laissée ouverte
L’un des points sensibles de toute coalition reste la place de chaque composante. Sur ce terrain, la déclaration se montre prudente. Elle précise que chaque parti signataire conserve son autonomie organisationnelle tout en s’engageant à respecter les principes communs énoncés.
Le texte le formule sans ambiguïté. « Chaque signataire conserve son autonomie organisationnelle et fonctionnelle et s’engage à respecter l’esprit et la lettre » de l’accord, peut-on lire. La rédaction cherche ainsi à rassurer des formations attachées à leur identité propre.
La coalition ne se referme pas pour autant sur ses dix-huit membres initiaux. Elle reste, selon la déclaration, ouverte à d’autres forces politiques favorables au président sortant. Cette élasticité laisse entrevoir un élargissement possible à mesure que la campagne avancera.
Pierre Moussa salue une « maturité politique »
La parole publique de l’alliance a été portée par Pierre Moussa, président par intérim de la Majorité présidentielle. Il a présenté la déclaration comme le reflet d’une maturité politique et d’une détermination à assurer la stabilité nationale, la continuité et le progrès du pays.
Son message ne s’est pas limité au registre des principes. Pierre Moussa a appelé les membres de la coalition à traduire leur engagement en actions concrètes. L’avertissement, glissé dans une déclaration d’unité, rappelle que les alliances ne valent que par leur mise en œuvre effective.
Ce que révèle la séquence
Au fond, l’épisode dit beaucoup du moment politique au Congo-Brazzaville. En verrouillant un soutien aussi large autour d’une candidature unique, la majorité cherche à éviter toute dispersion des voix favorables au pouvoir en place avant le double rendez-vous de mars.
La promesse d’une élection « apaisée » mérite d’être lue avec attention. Elle exprime un souhait affiché par les signataires, sans préjuger du déroulement réel d’une campagne dont les contours restent à dessiner. La déclaration fixe un cap, non un résultat.
Reste l’objectif central, assumé sans détour : une victoire dès le premier tour. Toute la mécanique de la Majorité présidentielle semble pensée pour y parvenir. Les semaines à venir diront si cette unité proclamée à Brazzaville résiste à l’épreuve du terrain et des urnes (adiac-congo.com).